Feux de brousse
Dans le Farimaké, les feux de brousse ont été allumés fin octobre et début novembre dès que la végétation a atteint un degré de dessiccation suffisant ; à ce moment, les Locusta étaient à l’état de larves, ils furent détruits dans toutes les parties où ils ne trouvèrent pas un abri naturel (crevasse du sol, discontinuité du tapis végétal..….). Sur les toguérés de la région de Dogo, les premiers incendies ont été plus tardifs (fin novembre) et sont survenus à une époque où la plupart des Locusta étaient ailés. Le retard des feux de brousse de la région de Dogo n’est pas la conséquence d’un flétrissement plus lent de la végétation ; les pelouses à Schoenefeldia gracilis et à Chloris prieurii étaient sèches dès la mi-octobre ; il eût été aisé de faire brûler celles-ci à la fin octobre et d’anéantir économiquement plusieurs centaines de milliers de larves sur le seul toguéré de Sarédina.
G. — MATURATION SEXUELLE DES AILÉS F3 ET GÉNÉRATION F3 pis
Toutes les femelles F, disséquées (près de 400) avant le 27 novembre étaient immatures (ovaires au stade I), à l'exception de deux capturées à Fétodjié le 23 novembre : l’une avait pondu récemment (ovaire jaune, petit, corpus luteus présents), l’autre avait les ovaires au stade III. Ces individus ne pouvaient être considérés comme des survivants de la génération précédente, car ils étaient manifestement jeunes (le second n’avait d’ailleurs pas pondu antérieurement). L'existence indiscutable de quelques femelles F; matures à la fin de novembre nous oblige à considérer l’éventualité d’une génération partielle Fa, que nous définirons comme la seconde génération ayant évolué hors des parties inondables. Etant pondus au moment de la cote maximum de la crue, les œufs F:55 ne peuvent être déposés, en effet, qu’en dehors des parties inondables.
Comme la pluviométrie est rigoureusement nulle de novembre à avril, les chances d’un développement normal de la génération F3 pis avant la saison des pluies sont infimes. Seules des circonstances exceptionnelles et purement locales (oothèque pondue au fond d’un trou humide par exemple) pourront permettre l’éclosion de quelques larves. Etant données les basses températures des mois de décembre et janvier, le développement embryonnaire et postembryonnaire sera lent, les œufs déposés fin novembre ne pourront donner des adultes que vers la fin janvier.
Il convient de rappeler ici que, le 2 février 1950, parmi les vieux ailés F deux jeunes femelles immatures ont été trouvées (cf. p. 70). L’appartenance de ces deux individus à la génération F, };, n’est pas invraisemblable.
De toute façon, la génération F, ;;, doit être considérée comme tout à fait exceptionnelle ; elle ne peut intéresser qu’un nombre extrêmement faible d’indi vidus.
VII. — CONCLUSIONS SUR LE CYCLE DU CRIQUET MIGRATEUR DANS LA RÉGION SUD-OUEST DU LAC DÉBO
A. — IMPORTANCE NUMÉRIQUE RELATIVE DES DIVERSES GÉNÉRATIONS OBSERVÉES À DOGO EN 1950