Mensurations. et indices
L'existence de différences significatives ou hautement significatives, fréquemment constatée entre les divers lots d’une même génération, rend difficile la comparaison des générations entre elles (cf. pp. 93, 127, 171). Pour la génération F,, il est nécessaire de considérer séparément les ailés trouvés en août (lots 2 à 6a) et les ailés de septembre-octobre (lots 6c à 9), ceux-ci différant considérablement de ceux-là (cf. p. 134).
Le tableau (p. 192) rassemble, pour la région de Dogo, les valeurs extrêmes présentées par les moyennes des lots des différentes générations :
pas être considérée comme rigoureusement vérifiée ; en effet, des insectes provenant d’autres
régions à éycle différent ont pu se joindre dans une proportion non négligeable aux ailés F;, de la même manière que des ailés F, provenant de la bordure sahélienne de la zone d'inondation ont dû se joindre, dans les plaines voisines de Dogo, en février 1951, aux ailés F; originaires des
togüuérés locaux.
G. REMAUDIÈRE
F,2 lots; F,, lots 1à3;kF, août, lots 2 à 6a; F, sept-oct., lots 6c à 9 ; Flo
FI
F2 F3 août sept.-oct.
Re RO CR. HOUSE à GR. NE 2
C 6,07 - 6,14 5,58 - 5 96 5,91 - 6,15 6,16 - 6.41 5,95 - 6,11 g E/F 1,795- 1,798 1,756- 1,778 1,813- 1,825 1,781- 1,807 1,795- 1,800 F/C 8,610- 3,621 3,606- 3,687 3,650- 3,709 3,607- 3,652 3,592- 3,630 P/C 1,352- 1,355 1,352- 1,364 1,358- 1,399 1,323- 1,347 1,305- 1,331 E9ÆES 1,275- 1,280 1,369-(1,41) 1,283- 1,303 IAE S0S MOST RTS ET C Q/C $ 1,312- 1,319 1,377-(1,45) 1,318- 1,340 1,309- 1,865 1,258- 1,339
m : moyenne la plus faible ; M: moyenne la plus élevée.
La génération F; qui effectua son développement pendant la période la plus sèche de l’année est celle qui présente les plus remarquables particularités : les mâles F, sont de plus petite taille (E et C) que ceux des autres générations, ils présentent aussi les plus faibles valeurs de E/F. Le dimorphisme sexuel des ailés F, est très accusé.
Dans la génération F,, les ailés capturés en août sont caractérisés par la valeur relativement élevée de l'indice E/F, dans les deux sexes, tandis que les lots ultérieurs ont E/F faible ; les ailés F, de septembre-octobre et ceux dela génération F; ont pour caractère commun de présenter les valeurs de P/C les plus basses (par rapport aux autres générations), chez les mâles ainsi que chez ‘ les femelles.
Les ailés F, de septembre-octobre ont, par contre, les valeurs de E o d'et COQ les plus élevées, tandis que les valeurs de ces mêmes caractères sont faibles ou très faibles dans les lots K,.
Par la plupart de leurs caractères, les ailés F se rapprochent des ailés F, (E, G, E/F faibles), ils s’en écartent cependant par la plus forte valeur de leur P/C, surtout chez les mâles.
À l'exception de F/C (3 et Q), tous les caractères envisagés ont présenté des écarts non négligeables entre certaines générations ; les variations constatées doivent être attribuées essentiellement aux conditions de milieu particulières dans lesquelles évolua chaque génération. Ainsi, la faible taille des ailés apparus en saison sèche (F;) s'oppose à la grande taille des ailés apparus pendant les pluies (F,) tandis que les ailés F, qui ont évolué peu après les dernières pluies, présentent des caractères intermédiaires. Les différences constatées dans les
indices E/F et P/C paraissent sans relation avec les écarts de densité relevés entre les populations des diverses générations (cf. p. 173), car à aucun moment dans la région dé Dogo, les densités n’ont atteint, en 1950, les valeurs critiques au-delà desquelles apparaissent généralement les modifications de l’activité et du comportement des individus, modifications qui sont les RP symptômes de la grégarigenèse.
Contrairement à E/F et P/C, le rapport F/C ne paraît pas influencé par les conditions de milieu ; les valeurs qu’il présente dans les lots des différentes générations se recouvrent en effet largement. Cette constatation met en relief tout l’intérêt de cet indice récemment proposé par Dirsx (8) pour distinguer les insectes solitariformes et grégariformes. Les indices classiques, tels que E/F et P/C qui ont une assez large amplitude de variation du solitariforme au grégariforme ont l'inconvénient de présenter aussi des variations sous l'influence des facteurs physiques ; ces dernières semblent être de faible amplitude (E/F peut passer de 1,78 à 1,86 ; amplitude — 0,08) comparativement à la première (E/F solitariforme : 1,80 ; grégariforme : 2, à 2,10 par exemple ; amplitude — 0,20 à 0,30) ; les effets de ces deux catégories de facteurs pouvant, selon les cas, s'exercer dans le même sens ou en sens contraire, la considération des indices E/F ou P/C perd une grande partie de son intérêt (au lieu de E/F — 2,00 on pourra avoir E/F = 1,92 ou E/F = 2,08 pour des populations ayant théoriquement même grégariosité (ga) mais ayant évolué sous des conditions climatiques différentes).