C. — LA GRAVITÉ DES PULLULATIONS DE
Il convient de souligner la gravité des pullulations survenues en 1951, non seulement en raison du nombre très élevé des bandes primitives, mais surtout par la distribution de ces bandes sur unè surface considérable.
Toutes les pullulations antérieures enregistrées par le service de surveillance de l’aire grégarigène étaient localisées à un ou deux foyers principaux. En 19,51, ce service dut faire face, au contraire, à une pullulation généralisée sur tout le territoire de la zone d'inondation situé en amont du lac Débo.
Si les bandes primitives de 1951 n’avaient pu être détruites, les principales conditions requises pour le développement d’une invasion se trouvaient réalisées (multiplicité des foyers et importance des surfaces effectivement infestées).
La probabilité d’une invasion consécutivement aux pullulations de 1941, 1942, 1947 et 1949 était infiniment plus faible.
Nos connaissances fragmentaires sur la formation de l’invasion de 1928 (cf. pp. 201-208) permettent de penser que les bandes primitives de 1928 étaient moins nombreuses et moins importantes que celles de 1951.
En conséquence, notre étude sur l’évolution du Criquet migrateur en 1950 doit être considérée comme l’étude des générations qui, en l’absence de toute intervention, auraient précédé l’apparition d’une véritable invasion.