‹ Étude écologique de Locusta migratoria migratorioides Rch. et FrmChapitre 135 sur 146 · Densation · texte numérisé non relu

Densation

Les rapports du service de surveillance mentionnent l'existence de très fortes densités d’ailés F (40 à 100 aux 100 pas), au début de la décrue de 1950-51, dans tous les lieux où apparurent ensuite les bandes primitives de larves K..

Il a été montré (pp. 200-201), pour la région de Dogo, que les insectes présents pendant les hautes eaux dans cette partie de la zone d’inondation étaient insuffisamment nombreux pour assurer la formation de bandes aussi importantes que celles qui furent constatées à la génération suivante.

L'apparition de fortes densités d’ailés F à la décrue était donc le résultat d’une augmentation du nombre des individus. ,

La densation des ailés F s’est donc réalisée fondamentalement par addensation (augmentation des densités par l’installation d’insectes allochtones au milieu des populations autochtones) (40), les insectes allochtones étant précisément les ailés F, apparus hors de la zone d’inondation par suite de l’extromultiplication.

D'autres modes de densation sont vraisemblablement intervenus ensuite, ajoutant secondairement leurs effets à ceux de l’addensation, mais nous pensons que sans l’addensation, les densités critiques n’auraient jamais pu être atteintes en un aussi grand nombre de stations (la répartition de celles-ci englobe toute la partie méridionale de la zone d'inondation).

Les lieux où se produit la densation sont susceptibles de devenir foyers grégarigènes.

Dans la région de San, les étapes qui précédèrent l’apparition des bandes de 1951 sont inconnues ; nous ignorons de plus, si, dans cette même région, les parties extérieures à la zone d’inondation du Niger et du Bani doivent être classées dans l’aire d'habitat permanent ou dans l’aire d'habitat temporaire de l’espèce. Les particularités climatiques de l’année 1950 permettent néanmoins de faire les remarques suivantes :

— l'importance des précipitations d’avril (40 mm.) a rendu possible la multiplication précoce des insectes dans la zone d’inondation ; l’intromultiplication se produisit d'avril à juillet ;

— en août, les pluies ont atteint à San la hauteur de 484 mm. La seule

station de la zone d'inondation qui reçut également des précipitations supérieures à 350 mm. est celle de Dogo (avec 412 mm.). Comme à Dogo, ces pluies exceptionnellement abondantes et l'humidité relative particulièrement élevée qui en résulte ont pu stopper l’intromultiplication et favoriser (sinon déterminer) le départ des insectes de la zone d'inondation et leur installation hors des lieux inondables ;

— à la faveur de la pluviométrie abondante (98 mm. en septembre, 58 mm. en octobre), la reproduction des insectes fut possible dans ces lieux jusqu’en fin octobre, c’est-à-dire jusqu’au début du retrait des eaux ; la méconnaissance des limites des aires d’habitat permanent et temporaire ne permet pas de dire s’il s’agit là d’extromultiplication ou au contraire d’un cas particulier d’intromultiplication ; comme dans la région Sud du lac Débo, la densation s’est produite à l’intérieur de la zone d'inondation, dans les lieux les plus précocement libérés à la décrue.

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