AVANT-PROPOS
C’est en 1928 que débuta la dernière grande invasion du Criquet migrateur africain L. m. migralorioides Rcx. et FrM. dont les ravages s’étendirent, de génération en génération, au cours des années suivantes, à la plupart des territoires de l’Afrique intertropicale. La carte (fig. 1) retrace l’expansion de l’invasion entre 1928 et 1934, d’après Uvarov (67). |
Les premiers travaux de CoLENo (6), LEAN (82) et ZoLoTAREvsKY (77) permirent en quelques années de localiser les foyers grégarigènes de l'espèce, dans la zone d’inondation du Niger. A la suite de ces recherches, la création d’un « Centre de Surveillance de l’Aiïre grégarigène du Criquet migrateur africain sur le Niger » fut décidée par le Gouvernement Général de l’A. O.F.
‘Cet organisme a pleinement rempli son rôle, puisqu’à cinq reprises il réussit
à enrayer les débuts de pullulation qui se sont produits en 1942, 1943, 1947 et surtout 1949, puis 1951 ; cette dernière alerte fut la plus sérieuse, des milliers de bandes primitives (a) de larves congregans furent ‘détectées et détruites, aucun vol ne s’échappa du territoire de l’Aire grégarigène.
Afin d'éviter le retour d’une invasion qui, comme celle de 1928, ne manquerait pas d’intéresser presque tous les pays de l'Afrique situés au Sud du Sahara, une coopération internationale s’imposait ; en engageant des crédits considérables tant dans l'aménagement du centre de Surveillance que dans la
lutte proprement dite contre les bandes primitives, le Gouvernement Général
de l'A. O. F, assurait non seulement la protection de ses territoires, mais également celle de tous les pays voisins. En 1948, le Comité Intérnational Provisoire de Prévention Acridienne au Soudan Français (C.I.P.P.A.S.) se constitua, réunissant la Grande-Bretagne, la Belgique et la France.
L'objet immédiat du Comité est d’assurer la protection des territoires intéressés, par les moyens suivants : surveillance permanente du Criquet migrateur dans son aire grégarigène et lutte préventive anéantissant, dès leur apparition, toutes les bandes primitives.
Le but fondamental du C.I.P.P.A.S. est d'aboutir, par une transformation appropriée du milieu, à la prévention écologique des invasions. Une parfaite connaissance des conditions offertes par le milieu actuel, des facteurs déterminant les modifications de la densité ou de la distribution des populations dans ce milieu et des éléments favorisant la grégarisation, est la base prélimipaire indispensable à toute tentative de prévention écologique.
(a) Voir définition p. 211.
12 G. REMAUDIÈRE
Le Comité a donc inscrit l’étude de ces questions en tête du programme d'une première série de recherches qu’il se propose de développer.
C'est ainsi que je fus invité, par le Comité International Provisoire de Prévention Acridienne au Soudan Français, à effectuer une mission d’étude écologique d’un an sur le territoire de l’Aiïre grégarigène.
Je tiens à exprimer ma gratitude à M. B. ZoLOTAREVSKY, Sn
F1G. 1. — Progression de l’invasion du Oriquet migrateur africain durant les années 1928-1934, d’après UvAROv (67).
Général du C.I.P.P.A.S. et à M. B. P. Uvarov, Director of the Anti-Locust Research Centre, qui me confièrent cette intéressante mission et guidèrent mes travaux. Ma reconnaissance va à mon Chef de Service, M. A. $. BALACHOWSKY et à M. le Directeur de l’Institut Pasteur de Paris, M. le Professeur J. TRÉ- FOUËL, qui voulurent bien accepter de me détacher pendant une année auprès du C.I.P.P.AS.
J’exprime également ma gratitude à M. R. Pasquier pour tout le soin avec lequel il a bien voulu examiner mon manuscrit et me faire profiter de ses intéressantes remarques et suggestions.
+ J’associe dans mes remerciements toutes les personnes du Service de Surveillance de l’aire grégarigène du Criquet migrateur sur le Niger qui facilitèrent l’accomplissement de ma mission, en particulier M. À. DuxarT, Chef de la zone méridiouale de l’Aiïre grégarigène, et M. D. WiNTREBERT, Chef de la zone sud-orientale, ainsi que toutes celles qui collaborèrent à l’étude du matériel que j'ai rapporté de la mission, en particulier MM. L. CHoparp, V.M. DirsH, CH. FERRIÈRE, H. Orproyp et R. PoRTÈRES.
Je n'oublie pas non plus Hamapy OuEpraGo et SéÉcou Cissé Cire TaztBAL dont j’ai apprécié la collaboration dévouée durant mon séjour à Dogo.
Je remercie enfin M. Gérard LanGLoiïs ct Mile M. CHENNEBAULT qui apportèrent tous leurs soins à l'illustration de ce travail.
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