Végétation
a) GÉNÉRALITÉS.
La flore des toguérés permet de reconnaître les secteurs phytogéographiques dans lesquels peuvent être classées les différentes parties de la zone d'inondation
du Niger.
Au Sud d’une ligne suivant approximativement la bordure Nord-Ouest: de la zone d'inondation depuis la latitude de Diabozo (fig. 3) jusqu’à celle de Toguéré Koumbé et s’infléchissant vers l'Est pour passer près des toguérés
. de Tomara, d’Ouro N’Dia et de Dogo, les Acacia du type scorpioides et slenocarpa sont peu répandus et les toguérés sont occupés par Adansonia digilala, Borassus aethiopium .. ; au Nord de cette ligne, les Acacia forment, de place en place, des peuplements parfois très importants comme c’est le cas au lieudit Gourinta (sur le toguéré de Sarédina) et à Laougna, et le Borassus fait place à Hyphaene thebaica tandis que le Baobab se raréfie. Certaines espèces sont à première vue aussi répandues au Nord et au Sud de cette ligne : Bauhinia reticulata et Tamarindus indica qui sont encore communes à Youvarou. La région de Dogo se situe donc à peu près à la frontière des domaines phytogéographiques sahélien et soudanien et plus précisément à la limite de leurs secteurs res- “pectifs : soudano-sahélien et sahélo-soudanien (d’après la nomenclature adoptée : par TROCHAIN) (61).
Dans les plaines inondables, l’absence de phanérophyte donne au paysage une physionomie fort différente de celle qui caractérise le secteur correspondant. Comme les parties non atteintes par les crues, les plaines inondables sont soumises périodiquement à des incendies. Ceux-ci n’ont laissé subsister que les plantes dont le développement et la multiplication ne sont pas compromis par le feu et sont même souvent stimulés par lui. Les pyrophytes (KUHNHOLTz- LorDaT) (29) sont partout les éléments dominants de la végétation. Ils appartiennent tous au groupe des pyrophytes à réactions végétatives (29, p.45) et à bourgeonnement souterrain. Les Graminées telles que Vediveria nigritana et Eragrostis gangetica donnent des rejets à partir des touffes brûlées tandis que les Amaryllidacées, Nymphæacées... qui sont typiquement des géophytes se trouvent pratiquement à l’abri du feu, leurs bulbes et rhizomes étant assez
profondément enterrés.
b) FACTEURS DÉTERMINANT LA RÉPARTITION, DES ESPÈCES (a).
Le relief est le facteur primordial conditionnant la distribution des végétaux à l’intérieur de la zone d’inondation. À chaque niveau correspond une durée de submersion particulière, et, au moment du maximum de la crue, une profondeur d’eau déterminée. Tandis que certaines espèces sont nettement confinées à un étage particulier de la plaine (Sacciolepis inlerrupla, Crinum nalans, Brachiaria fulva, Cienium elegans, Cymbopogon proximus, Panicum ‘congoense, Polygonum lanigerum, Aeschynomene indica), d’autres ont une distribution beaucoup plus large et sont communes à plusieurs viveaux de la plaine (Vetiveria nigritana, Oryza barthii, Cyperus procerus). Ces deux catégories peuvent être complétées par une troisième comprenant toutes les espèces largement répandues dans un étage ou même caractéristiques de celui-ci, mais
(a) Les plantes recueillies au cours de la mission ont été identifiées par M. R. PORTÈRES, Professeur au Muséum National d'Histoire Naturellé de Paris. On trouvera p. 235 les noms peuls de la plupart des plantes citées ici.
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, présentes çà et là dans les autres étages (Echinochloa slagnina, it gangetica, Cynodon dactylon, Rhynchospora corymbosa).
Dans les parties non atteintes par l’inondation (toguérés, Farimaké), la nature du sol et le relief interviennent comme éléments déterminants des associations végétales, la flore des bas-fonds argileux différant foncièrement de celle des hauteurs sableuses.
c) PRINCIPAUX TYPES DE PEUPLEMENTS.
Des relevés floristiques ont été effectués en de nombreux points de la région précédemment délimitée (cf. p. 21), cependant les parties situées dans un rayon de 10 km. de Dogo ont été l’objet d'observations plus assidues. De plus, la bordure du Farimaké, à l'Ouest de Tomara et au Nord de Dégué, a été prospectée deux mois un après les dernières pluies.
æ) Plaines inondables.
On peut répartir schématiquement en quatre étages distincts la végétation de ces plaines :
— l'étage à Echinochloa stagnina : la Bourgoutière de CHEVALIER (4) (5) TROCHAIN (61), établie dans les plaines basses.
— l'étage à Eragrostis gangelica, installé sur les plaines situées à un niveau immédiatement supérieur.
—- l'étage à Vediveria nigrilana, occupant des parties plus élevées.
— l'étage de transition entre les plaines inondables et les parties jamais atteintes par la crue (toguérés, Sahel : bordure du Farimaké).
Il existe généralement, entre l’étage à Echinochloa stagnina et celui à Eragroslis gangelica, une bande de Vediveria nigrilana qui s’insinue entre ceux-ci à la faveur de la topographie des lieux. Echinochloa stagnina occupe en effet une cuvette dont les bords surplombent l’étage à Æragroslis ; il n’est donc pas surprenant de voir s'installer sur ces bords, les éléments caractéristiques d’un étage supérieur (cf. coupe AB fig. 5 et phot,. 2).
La limite entre les étages à Eragrostis et à Veliveria est moins bien définie ; ces deux types de peuplement s’interpénètrent parfois sur de grandes superficies. L'étude des principaux groupements que l’on y rencontre justifiera cependant la séparation qui est faite entre ces deux étages.
L’étage de transition entre les plaines inondables et les parties jamais atteintes par la crue n’a pu être désigné comme les précédents par une espèce particulièrement typique, tant est grande la variété des aspects qu’il présente selon les lieux.
En marge de ces quatre étages, la végétation des mares et des marigots sera examinée.
(1) Etage à Echinochloa slagnina. —- E. slagnina forme à l'Est de Dogo et de Banguita un peuplement d’une homogénéité remarquable sur plusieurs milliers d'hectares (Phot. 2-3). Un petit nombre d'espèces végétales se rencontrent parfois au milieu du Bourgou. Les relevés floristiques donnent :
PE
EE ER OI à »
| Degré d’abondance (a) Type biologique (b) Echinochloa stagnina P. Beau v, (c). AS H Me
Sacciolepis interrupta STAPF. . . . 23 G Vossia cuspidata Grirr. (c). . . . 2-3 H DRM SR PE eme ile 3 ; G
Les parties très profondes de l’étage à Echinochloa stagnina sont dépourvues de végétation au moment de la crue, mais se couvrent, pendant une brève période, de très courtes Cypéracées non déterminées res parties pourraient être considérées comme un sous-étage inférieur).
(2) Etage à Eragrostis gangetica. — Get étage est plus riche en espèces que le précédent ; E. gangelica et Oryza barthit sont cependant les seules susceptibles de former des peuplements homogènes à peu près purs sur d'importantes surfaces (de l’ordre de 1 à 100 hectares). Ces deux Graminées auraient pu être placées dans des étages distincts (l'étage inférieur étant réservé au Riz) car, auprès de chacune d'elles s'établit un groupement de composition particulière.
— Type de groupement à Eragrostlis gangelica
Degré d’abondance Type biologique Eragrostis gangetica SrEUD. . . . . . . . . 5 (4-5) H Vetiveria nieritang STAR, 4 nus, se 3 (2-4) H Panicum congoense FRANCHET . . . . : . . ‘3 (2-4) FH DO ARUNAÉIERO DUS-DTAPE UT ME de an ea re 3-4 H Setaria pallidifusca SraPr et Huss. 3 (2-4) k Th Crrimnalans DARERE FRE 0 Nine 2-3 G Rhynchospora corymbosa Baron ie Li. 3 G Oryza:barthir À CHEVALIER. 22.0 us (2-3) Th Digitaria acuminatissima STAPF. . . : . . . 2-3 Th (Cynodon dactylon L.). 1-2 G — Type de groupement à Oryza barthur.
Oryza barthi À. CHEVALIER . . . HE 4-5 Th Echinochloa pyramidalis Hurcu. et HN e 4 1al Veneeranigruand SaÂPE ON. LE AU 8 (2-4) H Fradsroshs anse STEURDM "Ni. nus it 2 (3) da: Rhynchospora corymbosa Brirrox. . . . . . 3 G Cyperus procerus RoTTs. 3 G Paspalum scrobiculatum L.
NAP: COMME SONLL S TAPER Je EU C1, 2 (2-3) — Digitaria acuminatissima STAPr. 2 Th (Paspalidium gemminatum Srapr.) . . . . . 2 H
(a) L’appréciation de l'abondance est donnée d’après l’échelle suivante : 5, très abondant; 4, abondant ; 8, peu abondant ; 2, rare ; 1, très rare.
(b) Nous suivons ici la classification biologique de RAUNKTAER (51) ; les abréviations utilisées sont les suivantes : Ph, phanérophytes ; Ch, chaméphytes ; H, AR NGE DEPRRENSS G, géophytes ; Th, thérophytes.
(c) LæAx (32, p. 126), dans sa description de la plaine de Bourgou, (nom vulgaire de %. stagnina), cite deux espèces identifiées seulement par leur nom local : « Gamawa » et « Didere » ; il s'agissait certainement de Zchinochloa stagnina et de Vossia ous pidata, ces Graminées étant respectivement désignées en peul sous les noms de « Gamarao » et « Diddéréo ».
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Ces listes sont la synthèse de relevés effectués en plusieurs endroits ; en pratique on ne rencontre guère plus de trois ou quatre espèces coexistant en un même lieu (Phot. 4 à 7, 15, 16, 17, 21). Les deux types de peuplement floristique ainsi définis ont été maintenus dans un seul étage parce qu'ils sont en réalité étroitement juxtaposés sur le terrain : c’est ainsi qu’à 5 km. à l'Est du village de Dogo, on voit pousser côte à côte, les éléments des deux groupements sur un terrain accidenté de monticules et dépressions dont l’étendue n’excède pas quelques mètres carrés et la dénivellation 20 à 50 em. Au Sud de la région surveillée pendant la mission, il existe un véritable étage du Riz sauvage (Sud de Yéré-Yéré, Ouest de Kakagnan, par exemple) constitué par des cuvettes profondes non drainées et jouant le rôle de mares temporaires. Le Cynodon, mentionné dans le groupement à E. gangetica, apparaît çà et la par petits îlots d'à peine un mètre carré. Cette plante doit être considérée comme une enclave de l’étage à Vediveria plutôt que comme un élément du groupement à Eragrostis. Des analyses de sol montreraient peut-être la raison de l’existence de ces plages à Cynodon.
(3) Etage à Vetiveria nigritana. — Le Vetiveria, déjà présent dans les divers faciès de l’étage précédent, devient ici l’espèce dominante (Phot. 8, 20, 27, 28, 32, 35). Il forme de vastes peuplements homogènes à peu de distance des toguérés et occupe notamment les dépressions de faible profondeur qui bordent ceux-ci. D’autres espèces se rencontrent aussi à l’état. pur (Rhynchospora corymbosa, Eragrostis aegyptiaca), mais elles sont généralement localisées à des terrains anciennement cultivés.
L’association Vetiveria — Oryza est un des types de groupement les plus
largement représentés dans les plaines qui séparent les toguérés entre eux et ceux-ci du Farimaké (fig. 16).
Les principales espèces susceptibles d’être rencontrées dans l'étage à Vetiveria sont les suivantes :
Degré d’abondance Type biologique Vetiperia nigriana Srapr.. 11 0. LT, 5-4 H Orrcibarthu Crev CNP ES REEE 3-5 Th Eragrostis aegyptiaca Deus. . . . 2-4 Digitaria debilis Wirpen: ... . . . . 3 Prathrantd fulea STApr ER RAT 3 H Brachiaria mutica Starr. . . 3 Cynodon dactylon L.. . . . . RTS DS 3 Panicum longijubatum Srapr. . . . . . . . 2-4 G Ctenium elegans Kunr.. . . . 1-4 Paspalum serobiculatum L.
Var. COMMErSONLL STAPF.. LEP ee 3 — Acroceras amplectens STAPr. . . . . . . . . 2-4 G Eragrostis gangetica Sreun. . 2-3 H Fimbristilis muliacea Vaux. : + Fimbristilis scabrida Scnumacaer . . . . . 2 | — Cyperus ungtnatus Porr- MEN ONE 2-3 Th Cyperus'Raspan il. RER TERRES G Rhynchospora corymbosa Brirron. . . . . . 3-4 G Eleocharis plantaginea R. Br: . . , : . . : 2 G
Les Cypéracées sont surtout localisées dans les cultures de Gros Mil (Sorghum caudalum STAPr. var. colorans).
(4) Etage de transition entre les plaines inondables et les parties jamais atteintes par la crue. — Les aspects que présente cet étage peuvent se rapporter à deux types : le type herbacé que l’on rencontre en bordure des toguérés et le type arbustif caractéristique de la bordure sahélienne du Farimaké. Le type herbacé est constitué, tantôt par une prairie basse, tantôt par un peuplement dense de hautes Graminées (Phot. 9).
Les espèces pouvant entrer dans la composition de la prairie sont les suivartes :
Degré d’abondance Type biologique
Eragrostis thollonit FraNcHET . . . . . . . da: — Aeschynomene indica L. . ° 3 Th Cynodon dactylon L.. . . .. 3-4 G Braclariaratien Starr. D: 3-4 — Dactyloctenium aegyptium P. Beauv. . . . . 3-4 Th Tpomoea repens LAmx. ARR RELE 3 ES Chloris prieur KunTs.. 3-5 Th Sporobolus spicatus KunTx. . 3-4 H
La savane à hautes Graminées comprend généralement certaines des espèces suivantes :
Degré d’abondance Type biologique
Véhipenanierltane:STAPE.. SE ML UR 3-4 H Andropogon sp. (aff. À. calvescens Srapr.) . . 2 H Cymbopogon proximus Srapr. . . . . . . . 3 H Chlorts gaana Künra. 2 "re, 2, . 3-4 H Hyparrhenia diplandra Srapr. . . . . . . . 3 H: Panicum anabaptistum STEuD.. . . . . . . 2-4 (H ?) Elytrophorus spicatus À. Camus. . . . . + 3 Th Cynodon dactylon L.. . . . . LE 5 G Pasonia hirsuta Guizz. et PERR. . . . . . . 2-3 (Th ?) Iponpedrepens Lim. CU EU EL à 3 - G
En bordure du Farimaké (et des toguérés de Dégué et Laougna), l’eau de crue pénètre plus ou moins profondément selon les années dans la brousse à Acacia stenocarpa et À. scorpioides. Certaines espèces du faciès décrit ci-dessus se rencontrent encore daus ce milieu (Vediveria nigrilana, Cymbopogon prozimus, Andropogon sp.) tandis que d’autres font leur apparition (Phot. 43, 44, 47) :
Degré d’abondance Type biologique Sporobolus helvolus Dur. et ScHINZ.. . . . . 4 H Schoenefeldia gracilis KuNTH.. . . . . . . . 4-5 Th (5) Les mares et les marigots de la plaine d'inondation. — Leur végétation
est fonction de leur profondeur et de l'étage au milieu duquel ils se trouvent;
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Leurs bords, situés généralement à un niveau plus élevé que les plaines voisines, présentent la végétation caractéristique d’un étage supérieur où domine souvent -Veliveria. La flore est d'autant plus riche en espèces que les berges s’abaissent en pente plus douce. Quelques exemples donneront une idée de la variété des mares : AUS — Mare (Naouré) Tioulmordjié, située dans l'étage à Vediveria nigrilana, s’asséchant complètement un mois avant les pluies (en juin). Du centre à la périphérie on rencontre : :
Type biologique Polygonum eau R. Br.
Nymphaea spp.
Jussiaea Sp.
Hygrophila Dhesdlense T. ANDERSON | Rhynchospora corymbosa BriTTrox . PE ER MES PRE ET MEMOIRE Der Ve | el AR DENT Eater MERE ER AR Ch Oran bar ui CREME AVES EN LAEe CV LIER STE RENE EP RER Th Vetiveria nigritana Srart. AN A) POTERIE ARS MEN ER AY Alternanthera sessilis R. Br...
EÉragrostis aegyptaca Dezrre .
NF
che
Polygonum lanigerum occupe la partie la‘plus profonde et se dresse 50 cm. à 1 m. au-dessus de l’eau, donnant l’aspect d’une île flottante au milieu d’une ceinture de Nymphaea.
— Mare Gouro : située dans l’étage à Eragrostis gangelica, peu profonde, s’asséchant complètement deux à trois mois avant les pluies. | Type biologique DEA E SULTAN 5 CARS SON AG LEE RE RER RE ne G Ph CROS DORA ICONE ANNE SAT RER RUE DEEE EEE EU G
Orpea Dar ACER PORN DS re rer CRT MC Re ee ES Th VORPÉRIE RLETUANEL: MONS AMONT TOUS DR LA EES SERRE SE H
— Mare Bamba du Petit Kokona : située dans l’étage à Æragrostis gangética, profondeur moyenne, s’asséchant deux mois avant les pluies (Phot. 4, 26). Type biologique
Echinochloa stagnina P. BEauv.… H
Oryza barthii CnEv. . . ent DD Sa à then Th
Rhynchospora corymbosa Biron. . . . . . . . . . . G Véhicerlasmerntanalie bis TRS M MEME NE MOT H Panieumilongijubanim ORALE Te NN NRA Er G ÉrAeTOS SN eaneelICM SE RUD ee EU ne TON UE MS AC H
— Mare Diari: très profonde, située dans l'étage à Veliveria nigritana, ne s’asséchant jamais complètement. La partie la plus profonde de la mare présente la particularité d’être occupée par une végétation très dense et touffue de Graminées atteignant 2 m. de haut. Parmi celles-ci, Echinochloa pyramidalis est la seule espèce identifiée (aucune autre n’était fructifiée lors de mes passages). La mare Diari est l’unique pot de la plaine qui conserve une végétation verte d’un bout à l’autre de la saison sèche.
Les marigots sont souvent garnis d’une végétation dense, comparable à celle de certaines mares. Les espèces les plus fréquentes sont les suivantes :
Type biologique Echinochloa stagnina P. Brauv.. ee ct Vossia cuspidata GRIFr, f Paspalidium gemminatum Srapr.
Oryza barthu Caev.
Nymphaea spp.
Brachiaria mutica Starr. Polygonum lanigerum R. Br. .
Acroceras amplectens STAPr.. .
Jussiaea sp.