SUR L’ORIGINALITÉ DE LA RÉGION SUD-OUEST DU LAC DÉBO
Les particularités du relief, de l’hydrographie, du climat et de la végétation de la région de Dogo ont déjà été signalées, mais chacun de ces éléments exerçant des répercussions sur la plupart des autres, il convient d’envisager leur résultante. Dans cette tentative de synthèsé, il est intéressant de comparer la région de Dogo à celle de Tilembéya (bien connue par les travaux de LEAN, ZoLorTarEvsky, et où j'ai séjourné pendant quelques semaines au cours de la mission, en décembre et mars).
La partie de la zone d'inondation située au Sud du 15° parallèle se caractérise par la très faible étendue des terrains non inondables ; tous sont occupés par des villages ou par une végétation arbustive dense Los 11), laissant très peu d’espaces libres pour les plantes herbacées. La région de Dogo offre au con- traire de vastes toguérés où s’étendent, sur plusieurs centaines d’hectares, des pelouses de Graminées.
La durée de la période de submersion des plaines est de 4 mois (aoûtnovembre) dans la région de Tilembéya contre 6 mois (septembre à février, à Dogo. Non seulement l’asséchement des plaines et le flétrissement de la végétation sont plus tardifs à Dogo qu’à Tilembéya, mais ils s’y produisent avec beaucoup plus de lenteur (à Tilembéya, les plaines sont drainées par un réseau beaucoup plus riche de marigots profonds). Il en résulte un grand décalage de l’époque des feux de brousse dans ces deux régions, Comme les pluies importantes se produisent à peine plus tôt à Tilembéya qu’à Dogo, la période durant laquelle le sol demeure dénudé est deux fois plus longue dans la première localité (fin février à fin juin, soit 2? mois) que dans la seconde (mi-mai à mi-juillet, soit 4 mois).
Il est intéressant de noter également que le peu de temps qui s’écoule entre les premières pluies importantes et l’arrivée de la crue ne pèrmet pas dans la région de Tilembéya le développement de certaines plantes à croissance lente que l’on trouve à Dogo. Enfin, la composition de la végétation de la zone inondable diffère fondamentalement dans les deux régions, du fait de l’existence à Dogo de vastes plaines intermédiaires entre la bourgoutière d’une part et les toguérés d’autre part. L’humidité relative restant supérieure à HUM vue juillet à octobre à Dogo, de juillet à décembre à Tilembéya, la flore de cette dernière localité présente des éléments soudaniens qui n existent pas à Dogo.
L'originalité fondamentale de la région de Dogo peut se résumer ainsi :
—— étalement des étages de végétation intermédiaires entre la plaine à Echinochloa stagnina et les toguérés.
— arrivée tardive de la crue dans les plaines, faisant suite et prolongeant l'effet des pluies sur la pousse des plantes.
— asséchement lent et tardif des plaines à la décrue.
— brièveté de la période durant laquelle le sol est dépourvu de végétation herbacée.