‹ Étude écologique de Locusta migratoria migratorioides Rch. et FrmChapitre 33 sur 146 · Élevage · texte numérisé non relu

Élevage

Les espèces exploitées sont le Zébu, le Mouton et la Chèvre. Il est bien difficile d'évaluer le nombre des animaux qui séjournent dans les plaines de Dogo pendant les basses eaux, car les troupeaux des peuls du canton de l’Ouro N'Dia représentent seulement une faible partie de l’ensemble (qui comprend du bétail provenant des nombreux villages de la région du Macina).

Pour survivre et profiter des ressources naturelles qui leur sont offertes, | les troupeaux effectuent au cours de l’année une longue migration. Lorsque l’eau commence à envahir les plaines de Dogo (fin août, début septembre), la plupart des animaux sont conduits au Farimaké où ils profitent de la végétation herbacée qui s’y est développée pendant les pluies ; ils broutent également les feuilles d’arbustes épineux .(Balaniles, Acacia). Lorsque ces aliments sont épuisés, la migration se poursuit, les troupeaux reviennent dans le Sud de la zone d'inondation où la décrue a déjà libéré les plaines (décembre), puis ils remontent peu à peu vers le Nord. En mars, ils arrivent à la latitude de Dogo et pâturent dans les riches plaines à Echinochloa stagnina : ils ne visitent pas les étages à Eragrostis et à Vetiveria. :

Après le passage des feux de brousse (cf. p. 26) -dans le Bourgou (mi-avril), le bétail demeure dans cet étage bien qu’il soit réduit à consommer les maigres repousses offertes par cette Graminée. À cette époque, l’abondante végétation de l’étage à Eragrostis est encore verte et pourrait fournir aux troupeaux une nourriture supérieure en qualité et en quantité ; elle reste néanmoins inexploitée. Les Zébus ne pénétreront dans les étages à Eragrostis et Vetiveria qu'après le passage du feu lors de l’apparition de nouvelles pousses.

La cause de ce comportement inattendu doit être recherché dans la présence d’un taon : Ochrops agrestis Wiep (Dipt. T'abanidae). Ce Diptère, très rare

dans le Bourgou, pullule dans les plaines à Vetiveria et Eragraslis, lorsque ces

plantes sont hautes et denses. Cet état de la végétation se trouve réalisé pendant deux périodes : la première se situe depuis le retrait des eaux jusqu'aux feux de brousse (février à mai), la seconde entre la fin des pluies et l’inondation cemplète.

Les troupeaux ne peuvent supporter la piqûre de ce Tabanide particulièrement agressif ; une autre espèce, T'abanus laeniola P. be B., présente dans les plaines même après les feux de brousse, est beaucoup moins redoutée du bétail, malgré sa taille plus grande.

Indépendamment du préjudice qu'il cause aux troupeaux en leur interdisant l’accès des plaines à ÆEragrostis et à Veliveria, Ochrops agrestis W1Ep. pourrait bien être le vecteur de certains agents pathogènes car les quelques

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Zébus maintenus sur les toguérés pendant les hautes eaux (pour la production laitière) dépérissent rapidement. L'époque de la migration des troupeaux vers le Farimaké (fin août, début septembre), est aussi en relation avec la présence du Tabanide. Ceux-ci pourraient profiter de la végétation florissante des plaines en cours d'inondation, jusqu’en fin octobre et rejoindre ainsi le Sahel plus tardivement ; les peuls tentent bien de retarder ce départ par des efforts peu fructueux : par exemple, ils rassemblent les animaux auprès des villages, du lever au coucher du soleil et ils émettent continuellement autour d'eux des nuages de fumée dans le but d’éloigner les taons ; c’est seulement, la nuit qu’ils sont conduits dans la plaine et s’alimentent.

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