‹ Étude écologique de Locusta migratoria migratorioides Rch. et FrmChapitre 72 sur 146 · Sur l'éventualité de l’éclosion d'œufs F1 en juillet · texte numérisé non relu

Sur l'éventualité de l’éclosion d'œufs F1 en juillet

L'hypothèse de la conservation pendant toute la saison sèche d’une partie des œufs pondus à la décrue par les aïlés F est suggérée par la coïncidence suivante :

d’une part, une disproportion existe entre le petit nombre de larves ou adultes F, et la quantité d'œufs relativement élevée qui fut déposée par F dans certaines stations ; :

d'autre part, un grand nombre d'œufs sont éclos en juillet alors que les ailés F, (supposés jusque là comme leurs parents) étaient présque introuva bles à l’époque de la ponte.

L'hypothèse se résumerait donc ainsi: une faible proportion des œufs déposés par F aurait éclos en mars-avril, donnant la génération F, tandis que la majeure partie des éclosions se serait produite seulement en juillet, à la faveur des pluies. La génération de juillet aurait alors dans ce cas une origine mixte :

Seule, l'étude expérimentale des possibilités de survie des œufs dans les conditions naturelles, permettra de dire si l'hypothèse peut être retenue ; aussi, sahs prétendre apporter une conclusion prématurée, je me bornerai à exposer les arguments apportés par la simple observation.

Les faits qui militent en faveur de l'hypothèse sont les suivants :

— les ailés F; n’ont été vus qu’en de rares occasions dans les vastes espaces incendiés (ils ne s’éloignent guère des îlots non brûlés) ; or, en juillet-août, des larves F;"étaient présentes à peu près partout dans ces espaces :; ces larves pouvaient donc provenir d'œufs F; non éclos en mars-avril.

— én bordure du marigot de Sarédina, près de la mare Hayré, un sito à oothèques F, a été repéré en févriér ; aucune larve n’a été trouvée en marsavril-mai ; des ailés F, se sont installés en fin mai, le site n'ayant pas été atteint par le feu ; én juillet-août, les densités de larves puis d’ailés ont été plus élevées dans ce site qu’en tout autre lieu. On est donc tenté de croire que la coexistence d'œufs déposés par F puis F,, dans ce même site est à l’origine des accumulations constatées au moment des pluies,

D’autres considérations montrent que les larves issues des œufs déposés par F ne peuvent représenter qu’une faible partie de l’effectif des larves de juillet.

— Les densités de larves relativement fortes, observées dans tous les îlots épargnés par le feu provenaient essentiellement de l’éclosion des œufs déposés par Fj : les grands espaces incendiés hébergeaient une population de larvés 10 à 100 fois moins dense que les îlots non brûlés ; si l’on admettait que les fortes densités caractérisant ces îlots avaient pour origine les œufs déposés par les ailés F à la décrue, avant les feux de brousse, il faudrait admettre aussi — soit que les pontes des ailés F ont été très nombreuses dans les parties respectées ultérieurement par le feu et peu abondantes dans tout le reste de la plaine (en dehors du cas particulier de la station voisine dé la mare Häyré, aucune observation ne plaide en faveur de cette éventualité) — soit que les feux de brousse ont détruit la plupart des oothèques présentes dans les espaces qu’ils ravagèrent (il a été montré plus haut, p. 116 que cette éventualité ne pouvait être retenue en 1950).

— Les faibles densités d’ailés F, caractérisant les îlots non brûlés ne sont pas incompatibles avec les densités de larves F, relativement élevées constatées dans ces mêmes îlots ; la fécondité de l'espèce et l'existence de conditions favorables à l’incubation et au développement larvaire permettent aisément d'expliquer l’apparition en F, d'effectifs une centaine de fois supérieurs à ceux de F,.

B. — LARVES 1. — Morphologie, développément.

Parmiles 429 larves F, capturées dans la nature en août et début septembre, une trentaine appartenait au stade III mais aucune femelle du stade III bis n’a été rencontrée. Le trop faible nombre de larves capturées ne permet pas

d'affirmer qu'aucune femelle ne soit passée par 6 stades, il nous autorise cépendant à conclure que la proportion des femelles à 6 stades de la génération F, est très inférieure à celle de la génération Ki. ,

Les populations de larves F, se caractérisent par la présence d'une proportion importante d'individus verts. Les récoltes effectuées du 1 au 6 août près de la mare Hayré se répartissent comme suit entre les différents stades et couleurs :

6) + Stade Verts Gris Totaux Verts % Vertes Grises Totaux Vertes % II AE VAN 1 1 RTE 1 4, 5 PAUACAT 4 4 8 OMS IV 8 19 27 30 % 31 14 45 69 % VE 9 8 iér/ 53 % 7 0 7 100 % Totaux 18 32 50 36 % 42 19 61 69 %

Du stade III au stade V, on remarque un accroissement de la proportion des individus verts, ceci chez les mâles comme chez les femelles. Cependant l'accroissement du pourcentage de verts d’un stade au suivant (pour un même sexe) n’est pas significatif à P — 0,05.

La comparaison de la proportion de verts chez les mâles et chez les femelles du stade IV montré au contraire une différence hautement significative (probabilité d'identité inférieure à 0,005). Les individus verts sont donc bien plus nombreux chez les femelles que chez les mâles. |

10 lärves sur 429 étaient de couleur noire.

2 __ Distribution des larves, caractéristiques de leurs stations.

a) LARVES ISSUES DES ÉCLOSIONS DE JUIN.

Très peu de renseignements ont été recueillis sur les larves écloses en juin, car elles étaient rares ; elles furent découvertes très tardivement dans les conditions suivantes :

2 Uné femelle du stade V, le 10 juillet à 1 km. à l'Est de la mare Hayré dans uné végétation à base d’Eragrostis gangelica repoussant après l'incendie (touffes éparses, feuilles de 10 cm. de long.). La larve était située à moins d’un mètre dé la haute végétation dé Vedlveria non brûlé qui occupait une dépression dé 10 m. de diamétre et d’un mètre de profondeur. Cette cuvette offrait des conditions d'humidité propices à l’éclosion rapide des oothèques qu’elle pouvait contenir. Les recherches faites au voisinage dans le but de retrouver d’autres larves sont restées sans succès.

2 Une seconde fernelle du stadé V a été trouvéé le 15 juillet dans un espace d'Eragroslis gangelica non brûlé et très sec, auprès de la maré Bamba du Petit Kokona,

— Enfin, le 24 juillet, également dans une plage à Eragroslis non incendiée, un mâle stade V a été capturé.

120 G. REMAUDIÈRE

b) LARVES ÉCLOSES EN JUILLET.

Les premières populations ont été découvertes le 1er août. Elles Comportaient déjà une majorité d'individus au stade IV (fig. 38).

a) Situalion début août.

(1) Mare Hayré. — La distribution de la végétation est schématisée (fig. 37) ; les différents aspects sont liés étroitement au relief : la mare et la cuvette voisine

NOMBRE DE LARVES POUR 100 m2 bone sit a 5 10 1031581221

Vas

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