‹ Étude Électro-physiologique du mode d'action de la Diathermie Sa vérification dans la Diathermie abdominaleChapitre 20 sur 29 · D GR · texte numérisé non relu

D GR

dispositif émet en général des vibrations beaucoup trop rapides pour que notre oreille puisse les perce. voir mais si au voisinage de semblables émetteurs on plonge le bras dans l’eau, il arrive que pour certaines fréquences, le sujet ressente une douleur aiguë intolérable. Cette sensation est évidemment due à l’excitation des terminaisons sensitives par l'intermédiaire d’un ébranlement de la masse musculaire ou passe les terminaisons, ébranlement dont la rapidité correspond justement à leurs zones excitables.

Une grosse objection à cette théorie serait fournie si le courant de haute fréquence à sens unique (ou redressé) produisait les effets différents du courant de haute fréquence alternatif, Or c’est ce qui a été affirmé à la suite d'expérience effectuées par le Professeur Cluzet de Lyon, en présentant au Congrès de 1922 le dispositif expérimental qu'il avait employé. C’est pourquoi il est nécessaire d’insister un peu sur ces expériences qu'à notre grande surprise nous avons vu admettre sans protestations.

La conclusion à laquelle arrivait le Professeur Cluzet, était que le courant de haute fréquence redressé provoquait des contractions musculaires pour des intensités très faibles tout comme un courant galvanique,mais qu'il présentait sur ce dernier l'avantage de ne pas provoquer de polarisation musculaire. Il en proposait donc l'emploi dans l’électro-

diagnostic.

LOL

Notre attention primitive avait été de vérifier le dispositif expérimental du Professeur Cluzet, puis d'ajouter au dispositif qu’il avait employé, un dispositif de sortie capable d'éliminer tout courant qui ne serait pas rigoureusement de haute fréquence. On sait en effet que tout courant alternatif redressé peut au travers de circuits présentant des sels et des capacités suffisantes se « filtrer » et fournir à la sortie un courant soit continu, soit plus ou moins ondulé (faradisation) qui est capable de fausser totalement les résultats obtenus.

Pour des raisons d’appareillage, nous avons renoncé à cette expérimentation, mais la connaissance des caractéristiques particulières des dispositifs employés qui nous fut oblisamment communiquée par la Maison Gaifle, nous a permis d’être convaincu que nous avions vu juste en supposant que l’expérimentation du Professeur Cluzet avait été faussée par manque de précaution et que lors de ses essais il n'avait qu'à laisser passer le « faradique » avec du continu.

Nous devons signaler d’ailleurs que ces temps derniers le Professeur Cluzet a repris ses expériences par des procédés mieux adaptés et que les résultats qu'il a obtenu semblent bien en contradiction plus ou moins marquée avec ceux qu’il avait annoncé primitivement. C’est ainsi que les intensités tolérables sont considérablement plus élevées dans ses dernières expériences et fort éloignées de celles faradiques. Les renseignements à ce sujet sont

d'ailleurs assez vagues dans sa communication, (Société de biologie n° 8 mars 1931).

Les résultats de ces dernières expériences sont beaucoup plus en correspondance avec celui des nôtres, Cependant nous n’avons pas vu préciser certains points qui nous ont frappés et sur lesquels nous attirons l'attention.

Il nous a semblé que pour une fréquence suffisœrnment rapide(deux millions par seconde environ) et des ondes parfaitement entretenues les phénomènes d’intolérance que nous avons rencontrés étaient uniquement d'ordre sensitif et, étant donné la polarité constante du courant nous les avons attribués à des phénomènes électrolytiques intenses. La sensation est d’ailleurs très semblable à celle du courant continu.

De plus on remarque au niveau des électrodes des réactions de causticité dues vraisemblablement à lPélectrolyse.

Des expériences complémentaires seraient nécessaires pour trancher définitivement cette question. ; Nous avons dans ces conditions préféré étudier l'apparition des phénomènes sensitivo-moteurs qui ne pouvait manquer de se produire à un certain moment puisque l’on passait progressivement d'un courant sans action de cet ordre à un courant en ayant une, par abaissement de fréquence.

‘Il s’agissait là d’une expérience cruciale destinée à bien préciser l’origine des propriétés particulières

des courants de haute fréquence.

NE

Bien que difficile à réaliser cette expérimentation nous a montré que les phénomènes sensitivo” moteurs faisaient leur apparition pour une fréquence constance dépendant pour un muscle ou un nerf considéré de l'intensité utilisée. Mais, point important, confirmant nos hypothèses précédentes il y a une fréquence au-dessus de laquelle on ne peut plus obtenir de phénomènes sensitivo-moteurs quelle que soit l'intensité utilisée.

Les résultats nous ont encore montré qu'il y avait un rapport certain entre les chiffres limites de fréquence (évalués en temps de période) et les valeurs de la chronaxie du muscle ou du nerf considéré.

Tous ces résultats nous ont conduit à poursuivre nos recherches en un travail spécial il nous suffira ici de rappeler que l’inaction des courants de haute fréquence est bien dépendante de la fréquence et d’elle seule (1).

Lorsqu'on consulte les études qui ont été faites depuis que le professeur D’Arsonval a Hop l’usage thérapeutique des courants de haute fré-” quence, on constate qu'on admet sans discussion et comme un fait d'acquisition que le courant de haute fréquence a une action vaso-dilatatrice par

action directe des terminaisons nerveuses com-

1. Amiot, Bize et Coudert, Contribution à l'étude d’une nouvelle méthode d’électrologie par l'emploi des courants alternatifs à fréquences variables. Société Française d'Eiec:ro-radiologie, mars 1931. =

de OT

mandant la motricité des vaisseaux (Cf. Dausset).

Or, si l’on veut bien réfléchir que le courant de haute fréquence crée instantanément dans l’organisme qu'il traverse, une quantité de chaleur considérable, on est en train de se demander si la vasodilatation — phénomène indiscutable — est primitive au passage du courant ou n’est pas simplement la réaction banale de l'organisme pour lutter contre une hyperthermie qui menace la vie normale des cellules intéressées.

La réponse à la question a son importance car si la vaso-dilatation est causée uniquement par la chaleur, n'importe quelle source de chaleur pénétrante et en particulier les rayons infra-rouges conduirait au même résultat thérapeutique, alors que dans le second cas, l’action étant due au courant lui-même celui-ci serait irremplaçable. Le fait a été cliniquement indiqué par des médecins qui ayant obtenu avec un appareillage simple de thermo-pénétration des résultats forts encourageants (notamment dans les adhérences, les accidents annexiels), semblent vouloir préférer cette thérapeutique simple à celle plus compliquée de la diathermie.

| L’expérimentation, dans ce cas, est très difficile car, pour bien faire, il faudrait pouvoir dissocier le passage du courant de son action calorifique. Bien entendu aussi souhaitable que cela soit, c’est totalement impossible. Absorber la chaleur au fur et à mesure de sa production pour maintenir l'organe à la température constante n’est qu’un pis aller ris-

er lire.

quant de fausser iles expériences car on ne peut jamais que refroidir des surfaces alors que la chaleur naît dans l'intimité même des tissus. On se trouve donc obligés de multiplier les expériences et un faisceau de résultats concordants doit seul permettre de conclure. La plus simple des expériences consista à faire passer le courant pendant un temps suffisamment court pour que la quantité de chaleur dégagée soit suffisamment faible et négligeable dans ses effets secondaires. Il est possible de le faire avec des appareils à lampe (les appareils à éclateurs ne permettent pas l'établissement brutal sans secousse du courant) (1).

On constate alors que la vaso-dilatation qui devrait être instantanée à la fermeture du courant, si elle était primitive et due à celui-ci et cesser avec lui n'apparaît pas ou n'apparaît que secondairement quand on prolonge l'expérience quelques instants (expérience de D’Arsonval sur l'oreille d’un lapin).

Il faut penser qu’il y a de fortes chances pour que la vaso-dilatation ne soit qu’un phénomène secondaire, réflexe, de l'organisme pour lutter contre l’'hyperthermie. Cette opinion nous semble confir-

mée par toutes les constatations faites au cours des

1. Les expériences sur les fréquences limites que nous avons signalé précédemment expliquent bien ce résultat : Les appareils à éclateurs fournissent de nombreux harmoniques parmi lesquels se trouvent des longueurs d'onde supérieures à 1500 n., capables pour de fortes intensités de donner des phénomènes sensitivo-moteurs,

Re

applications cliniques : nécessité d'établir lentement l'élévation de température sous peine de voir l’intolérance thermique apparaître brusquement ; endurance progressive au furet à mesure de l'apparition des réactions de lutte contre l’hyperthermie.

Au chapitre du parallèle entre les appareils à lampe et à éclateurs nous indiquerons les raisons électrophysiologiques découlant des expériences que nous avons faites, qui nous font penser quil existe plutôt une action vaso-constrictive avec les appareils à éclateur (explication de l'intolérance aux intensités élevées).

Par contre l’action analgésique nous a paru primitive et due au courant lui-même, Mais encore ici il convient de considérer séparément les appareils à lampes et à éclateurs dont l’action est plus marquée tout au moins chez les sujets normaux, Pour nous, ainsi que nous le disons dans l’étude parallèle des deux types d'appareils, l’action dans les appareils à lampes est surtout due à l’action calorifique calmante en elle-même alors que cette action est renforcée dans les appareils à éclateurs par l’action vasoconstrictive. Mais ici encore la dissociation de ce qui revient à chacun est pratiquement impossible.

Expérimentalement, il est facile de constater la diminution d’excitabilité des nerfs soumis à la diathermie et cela même avec des intensités relativement basses en égard à celle que pourrait tolérer la région expérimentée. D'autre part, chaque jour dans

l'expérience clinique on note l'action remarquable-

J. Amiot 5

ment sédative de la diathermie qu’aucun autre agent thérapeutique ne semble posséder à un tel point. Pour nous c’est dans les cas de coliques spasmodique, le plus souvent d'origine gazeuse que la diathermie nous a paru souveraine et nous nous permettrons de citer un cas d'une personne qui, étant de notre famille, a pu être suivie de près par nous et qui démontre la puissance d'action thérapeutique de la diathermie dans ce cas (observ. I, Mme R. B...). Il s'agissait d’une femme présentant des troubles syncopaux d’origine gastro-hépatique cédant instantanément aux applications de diathermie.

Nous avons souvent pensé en entendant les malades se plaindre de douleurs et de troubles que leur causaient les gaz qu'ils avaient tant de mal à rendre après les interventions chirurgicales, aux services que les chirurgiens pourraient tirer pour l’amélioration des suites opératoires d’une thérapeutique physiothérapique, somme toute très simple et certainement inoffensive même au lendemain d’une intervention.

Cette action anti-spasmodique nous semble l’action la plus intéressante et celle en quelque sorte qui doit décider de l'application de la diathermie.

Quand on la recherche systématiquement on la trouve presque toujours : elle se combine d’ailleurs ainsi que nous l’avons dit, admirablement à l’action calorifique.

C'est d’ailleurs l'avis exprimé par le Dr A. Ne-

Re NV

mours qui a une pratique incontestée de la diathermie et qui trouve que son action est due :

19 À l’action du courant en tant que sédatif ; = 20 A l’action calmante de la chaleur (1).

Avant de clore cette étude il est intéressant de se demander quel est le mécanisme de cette action analgésique et antispasmodique du courant.

Si l’on suppose que la contraction musculaire est en rapport avec le courant électrique du nerf qui le commande et plus particulièrement avec les variations, on est en droit de penser que la superposition d’un courant de haute fréquence dont la valeur absolue ést très grande relativement au courant électrotonique,est capable de modifier très nettement la circulation de ce dernier, la propagation des courants de haute fréquence dans le corps humain se faisant nous l’avons signalé, par la solution sanguine, il est évident que le courant suit de préférence les grands troncs circulatoires que représentent une section liquide importante et qu'ainsi ils suivent et diffusent dans les nerfs dont le trajet est le plus souvent parallèle au tronc circulatoire.

D’autres actions importantes sont produites par " les courants de haute fréquence mais alors que celles que nous venons de voir ont une individualité

propre, les autres paraissent secondaires aux actions

1. A. Nemours, Traitement des affections douloureuses abdominales par la diathermie. Communication à La Société de Médecine de Paris, octobre 1928, rapporté dans le Journal de Médecine de Paris, no du 18 avril 1929).

Dr

capitales que nous venons de voir. C’est ainsi que le relâchement des fibres lisses, la sudation, les modifications de la tension sanguine artérielle se produisent avec un décalage plus ou moins considérable sur l'établissement du courant, décalage qui est d’ailleurs variable avec le sujet. Les modifications sanguines elles-mêmes ne sont que des modifications secondaires aux variations de la vitalité des tissus et de nombreux examens de sang, pratiqués sur des sujets soumis à la diathermie ont montré que le courant de haute fréquence n'avait aucune action propre sur la composition sanguine.

De même l'action stérilisante signalée dans les applications poussées à la limite de la tolérance thermique (surtout dans les voies urinaires) paraît moins en rapport avec la chaleur tuant le microbe directement qu'avec une stimulation de tous les globules blancs bactérifages ainsi que semble bien le montrer les nombreux examens microscopiques auxquels on a procédé après de semblables applications cliniques ayant produit finalement des résultats thérapeutiques définitifs (Roucayrol).

Plus tardivement, apparaissent des phénomènes résultant de l’action prolongée d'augmentation circulatoire, c’est le groupe des actions sur la nutrition générale, sur la vie et la fonction cellulaire, action sur les échanges respiratoires thermo genèse animale et sécrétion urinaire (d’Arsonval). C'est à ce groupe qu’il faut rattacher une action en apparence différente, l’action sur les microbes et les toxines

PU à: NE

(atténuation et même destruction). Il ne nous a pas semblé nécessaire jusqu'ici pour expliquer les différentes actions physiologiques du courant de haute fréquence de faire appel à la « résonnance cellulaire » due aux secousses fournies aux celluies par les trains d'ondes successifs.

Cependant, l'influence sur l'organisme humain que l'on a cru devoir attribuer ces temps derniers dans certains milieux scientifiques à des rayonnements divers plus ou moins bien caractérisés, nous obligent à parler d’un sujet que nous aurions préféré laisser de côté puisque nous n'avions pas eu besoin d'y faire appel pour expliquer simplement l’action des courants que nous étudions et qui risque de nous attirer de violentes ripostes.

Toute réflexion faite, nous avons pensé être incomplet en ne l’abordant pas.

Le champ électrique constitue la propriété la plus permanente de l’électron mais quand celui-ci se déplace il en acquiert d’autres qui moins fondamentaux, sont cependant d’une importance qui nécessite qu’on s’en rende bien compté.

Deux cas sont à considérer selon que l’électron se déplace selon un mouvement uniforme ou d’un mouvement soit accéléré, soit retardé.

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