‹ Étude Électro-physiologique du mode d'action de la Diathermie Sa vérification dans la Diathermie abdominaleChapitre 19 sur 29 · ÉTUDE PHYSIOLOGIQUE ET CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE PHYSIOLOGIQUE ET CLINIQUE

Mode d’action physiologique.

Deux grandes propriétés frappent dans l’action de la diathermie.

La première qui constituent le fait le plus saisissant celui qui a le plus étonné dans l'étude des courants de haute fréquence à leur apparition fut incontestablement que, loin de tuer, ces courants n’exerçaient aucune action, ni sensitive, ni motrice des autres courants et que des intensités énormes pouvaient traverser l'organisme sous des tensions très élevées aussi, sans qu’on notât autre chose qu’une élévation de température. Cette élévation de température constituait le second point remarquable et l’échauffement des tissus qui se trouvaient transformés ainsi en un véritable radiateur électrique fut à l'origine du nom de la diathermie donné par Nagelschmidt.

Ces deux actions sont maintenant si connues

qu'elles paraissent toutes naturelles cependant les explications qu'on en donnent sont souvent fort différentes et on a semblé souvent vouloir expliquer ses propriétés par le fait que les courants de haute fréquence obéiraient à des lois qui leur seraient particulières. Nous avons déjà dit et insisté sur le fait qu'il n’ea est rien. Deux grandes explications ont eté admises par de nombreux auteurs quelquefois même simultanément.

1° Le courant de haute fréquence serait insensible parce que la rapidité de ses alternances permettrait à une demi-période de détruire l’action de la précédente avant que celle-ci ait eu le temps de se manifester. C’est la théorie en faveur de l’action par unique ébranlement cellulaire.

20 Le système neuro-végétatif ne serait pas adapté à la fréquence rapide et serait incapable d’y répondre quelque soit le sens du courant. C’est l’hypothèse qui a été donnée à la découverte des propriétés deces courants que nous ferons nôtre en niant toute valeur à la première.

Celle-ci suppose que le courant alternatif n'aurait pas plus d'action physiologique que d’action électrolytique. Il faut cependant remarquer que l’électrolyse se produit instantanément à chaque demiphase aussi rapide que soit la fréquence et ce n’est pas une raison parce que la quantité électrolysée est infime et par conséquent invisible pour qu’elle n'existe pas. Si donc, l’action physiologique devait se produire elle aurait le temps de se manifester

Sea Le

d'autant plus que l'excitation d’un nerf ou d’un muscle se produit quel que soit le pôle qui transmet l'excitation à ce nerf, L'énergie minima exigée pour obtenir le seuil étant seul différent. Pour une intensité suffisante du courant diathermique, on devrait donc avoir une excitation avec phénomène sensitif.

D'ailleurs c’est en étudiant la réaction des muscles aux excitations de plus en plus rapides que le Professeur D’Arsonval en vint à découvrir les propriétés du courant de haute fréquence. Il avait pour le début de cette étude fait appel à des commutateurs mécaniques dont la variation de vitesse lui avait permis d’explorer facilement la gamme comprise entre 1 et 10.000 vibrations par seconde. Le courant utilisé alors était pour plus de simplicité, un cou rant continu interrompu dont la valeur initialement réglée restait invariable pendant qu’on explorait l'influence des variations de fréquence. Dans ces conditions l'intensité de l’excitation par le courant, augmente rapidement avec la fréquence pour passer par un maximum lorsqu'on atteint 2000 interruptions par seconde environ. Au delà de ce nombre, la réponse physiologique décroit assez rapidement et aux environs de 10.000 interruptions par seconde l’action devenait presque nulle. Comme les appareils ne permettaient pas d'obtenir des interruptions plus rapides, c’est pour vérifier ce qui se passait au delà, que le Professeur D’Arsonval avait eu l’idée d’employer des dispositifs que venait d'indiquer Hertz

LA 20 DA comme produisant les oscillations de haute fréquence.

L’explication de ce phénomène est fourni d’ailleurs par la comparaison avec nos différents sens. On constate en effet que pour chacun d’eux la rapidité du mouvement vibratoire auxquels ils sont sensibles, sont compris entre les limites très étroites en dehors desquels ils ne sont pas capables de décéler quoi que ce soit. C’est ainsi que le nerf optique ne commence à percevoir que les vibrations ayant au moins 497.000.000.000.000 (billions) par seconde (rouge sombre) et qu’il cesse de les voir dès qu’elles atteignent à peine le double soit 728 billions par seconde (violet).

Le nerf auditif dont d’ailleurs la sensibilité varie avec l’âge du sujet, se trouve limité entre 30 et 60.000 vibrations par seconde (il est d’ailleurs rare qu une oreille moyenne couvre toute cette gamme).

De même la réceptivité à l’excitation du nerf et des muscles se trouve compris entre des limites très étroites hors desquelles ils sont incapables de réagir. Une expérience est à cet égard tout à fait démonstrative mettant en vue les limites étroites entre lesquelles nos sens cantonnent la perception du monde extérieur est la suivante :

On sait qu'au moyen des quartz vibrants on a pu émettre au sein d’une masse liquide des ondes vibratoires rapides qui recueillies par des appareils analogues à ceux servant à l'émission, constituaient un

moyen de transmission par ondes sous-marines, Ce

Page 1