‹ Étude électroencéphalographique de l'absence épileptiqueChapitre 25 sur 47 · CRITÉRIUMS D’ANORMALITÉ ET CAUSES D'ERREUR · texte numérisé non relu

CRITÉRIUMS D’ANORMALITÉ ET CAUSES D'ERREUR

Avant d'affirmer qu’un E.E.G. est anormal, il est indispensable de bien délimiter la marge de variation de l'E.E.G. normal et de fixer en quoi il diffère de PE.E.G. recueilli chez l’homme malade.

1) CRITÉRIUMS D’ANORMALITÉ :

Nous les trouvons décrits dans l’excellente moncgraphie de Jasper. Voici la liste qu’il propose :

a) Il s’agit d'adultes à l’état de veille et les yeux fermés.

b) Le rythme inférieur à 8 H est anormal. Le docteur H. Fischgold a montré ultérieurement que cette proposition est inexacte en ce qui concerne la région frontale.

c) Durée de l'onde isolée : Toute onde + plus longue que 125 s est anormale. Une seule onde lente et de bas voltage peut s’observer chez des sujets normaux. Ce n’est que si l'onde se répète et acquiert un voltage sus-normal que ce critérium acquiert sa véritable signification.

(1) Baupou et Fiscaçcozp : L’E. E. G. humain et son utilisation clinique, p. 25.

d) Forme de l'onde : Nous verrons que les ondes recueillies au cours des absences épileptiques présentent une forme spéciale, vraiment pathognomonique:;

Mais jusqu’à maintenant, elles sont les seules dans ce Cas. 1

e) Régularité de l'amplitude : Des peientiels de grande amplitude qui apparaissent isolés ou jaillissent brusquement, dépassant le niveau habituel du tracé, se voient seulement dans les cas pathologiques.

f) Allure inégale des régions symétriques : Des différences importantes dans la fréquence et l'amplitude des régions symétriques sont anormales.

Disons tout de suite qu’à la lumière de l'expérience, la valeur de ces critériums apparaît inégale :

Le plus important est, sans conteste, la perturbation du rythme : plus la fréquence descend au-dessous de 8 H, plus les ondes de durée supérieure à 125 sont nombreuses, plus le tracé peut être considéré comme pathologique, même si l'amplitude des ondes ne dépasse pas le voltage considéré comme normal.

Le caractère anormal se trouve bien entendu renforcé, si le ralentissement du rythme s'accompagne d’une augmentation nette d'amplitude. C’est le cas Ie plus fréquent. Au contraire, des différences modérées d'amplitude des ondes recueillies sur des régions symétriques sont dénuées de signification, si la fréquence reste la même des deux côtés (1).

(1) M. LiBersoN, SUGER et HERMANN : Revue neuro., t. 71, n° 5, 1939:

HS

Ce n’est qu’au cas où la diminution de la fréquence et l'accroissement de l'amplitude se complètent par une morphologie particulière de pulsations que la courbe électro-encéphalographique devient vraiment pathognomonique pour une affection définie, comme c’est le cas du rythme que nous allons décrire dans les absences épileptiques.

Sur les trois facteurs entrant en ligne de compte : fréquence, amplitude et forme des ondes, c’est donc la première qui joue le rôle le plus important dans le critérium d’anormalité. Mais nous verrons que dans l'absence électrique les deux autres acquièrent une importance égale.

Page 1