RÉSULTATS
Les auteurs américains n’ont pas consacré d'étude spéciale à l’absence épileptique, comme nous le ferons plus loin. Leurs travaux concernent l’expression électrique des manifestations épileptiques en général, sans rien réserver de particulier à l’absence. Voici ce que nous relevons dans leurs travaux concernant l’ab-
sence,
a) Signes électriques des absences épileptiques (1) :
Sous le nom de petit mal psycho-moteur, ils décrivent une absence avec actes automatiques minimes : elle se traduit électriquement pour eux par un rythme de 3 H à la seconde, dans lequel chaque pulsation corticale se compose d'une onde lente et d'une pointe rapide (wave and spik) (fig. 6).
Ils ont eu aussi le mérite de montrer l’existence de ce rythme anormal électrique en dehors des manifestations cliniques. Ils appellent manifestation éleetrique « infra clinique ». Cette découverte est importante, car les manifestations infra-cliniques constituent le seul symptôme objectif, pouvant témoigner de l'existence de cet état latent sur lequel prennent naïssance les absences que constate la clinique. C’est pour cette raison que l’un des buts essentiels de l'E.ÆE.G. est de recueillir les signes électriques de ces crises infracliniques. Les auteurs américains ont montré que nous ne pouvons arriver à ce résultat que grâce aux enregistrements prolongés et continus.
b) Localisation du foyer épileptogène :
Ce véritable électro-diagnostie des absences épileptiques aceroit ‘encore sa valeur, d’après les auteurs américains, par la possibilité qu’il fournit de localiser le point de départ des potentiels électriques anor-
(1) Criszs, Criggs, LENNOX : Cerebral dysrythmias of epilepsy arch. of neuro and psycho, vol. 39, février 1938.
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maux ; Ce qui équivaut à préciser sur l'écorce cérébrale le siège du foyer épileptogène.
Jasper et Hawke (1) précisent la technique de localisation, en fixant 4 paires d’électrodes sur la tête du malade ; et grâce à une méthode spéciale de triangulation, ils pensent arriver à déterminer avec une erreur de quelques millimètres seulement le siège du foyer épileptogène.
Voici d’après ces auteurs les principaux critériums de localisation :
1) Le rythme anormal apparaît au niveau du foyer avant de se propager sur le reste de l'écorce.
2) Ce foyer émet des potentiels anormaux infracliniques, pendant que les autres territoires corticaux peuvent conserver leur rythme habituel.
3) Si l'on repère dans le temps les différents éléments du rythme pathologique, on cônstate qu'il existe un décalage, toujours le même entre deux tracés simultanés, recueillis à des endroits différents ; le tracé éloigné du foyer est en retard sur le plus rapproché.
4) Les ondes à type pathologique recueillies sur des endroits différents peuvent être de sens opposé : À une variation de potentiel positive par exemple sur un tracé obtenue sur la dérivation précentrale, correspond une variation simultanée négative sur la dérivation située quelques centimètres plus en arrière.
(1) Jasper et HAWKE : Electro encephalography. IV. Localisation of seizure waves in epilepsy. Arch. of neuro and psych., vol. 39, n° 5, mai 1938.
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Dans ce cas, le foyer serait entre les deux points explorés.
Avec cette technique, Jasper et Hawke ont étudié 18 malades présentant des absences.
Voici les localisations obtenues :
— Foyer fronto-précentral : 5.
— Foyer occipito-pariétal : 8.
— Foyer non déterminé : 5.
Nous voyons que, d’après ce tableau, le pourcentage des cas où la localisation n’a pas été faite est relativement élevé. Les auteurs pensent que ce nombre aurait pu être réduit, si les malades avaient été étudiés pendant une période de temps plus longue. Nous constatons que de ce point de vue encore l’enregistrement prolongé constitue une condition indispensable pour un bon électrodiagnostic des absences épilepfques.