‹ Étude électroencéphalographique de l'absence épileptiqueChapitre 38 sur 47 · ARLES · texte numérisé non relu

ARLES

Les complexes pointe-ondes, généralisés, réguliers, et d'une durée de plusieurs secondes, sont presque pathognomoniques de l'absence; c’est dire leur valeur diagnostique.

B) Absences avec actes automatiques.

Nous venons de voir le tracé obtenu au cours d’un absence typique. Nous savons que beaucoup d’absences ne sont pas pures ; certaines s’accompagnent d'actes automatiques.

Si ces actes sont importants, l'enregistrement de la crise est impossible, au même titre que celui de la crise de grand mal. Dans ces cas, en effet, des conditions indispensables d'examen ne sont pas respectées : le malade qui est contracturé ou qui s’agite n’est plus en état de relâchement musculaire. Les appareils ne sont pas construits pour enregistrer des perturbations aussi importantes ; les aiguilles des inscripteurs à encre se bloquent, et l'enregistrement devient impossible. Même s’il était possible, les artefacts apportés par les contractures ou les mouvements rendraient s son interprétation difficile.

Seuls les actes automatiques peu importants, dans la mesure d’ailleurs où ils sont peu importants, permettent l'enregistrement de l’absence qu'ils accompagnent. Plusieurs tracés de ce genre ont été pris au Laboratoire de Pathologie générale.

Voici le cas du jeune V.., de 20 ans. Ce jeune hom-

e présente des absences depuis l’âge de 8 ans au. Fer de 2 à 3 par jour. Parfois il en a 5 ou 6. I n’a

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jamais eu de crises de grand mal. Ses absences sont presque toutes du type suivant : brusquement, sans signes prémonitoires, il perd connaissance. S'il est occupé à parler, il s'arrête ; s’il marche, il continue à marcher ; s’il mange, il continue à manger ; s’il travaille, il poursuit ce qu'il faisait, mais ses actes deviennent maladroiïts et inadaptés. Jamais il ne tombe, il n’urine pas, n’écume pas. Il ne garde aucun souvenir de ce qui se passe pendant la durée de son absence. Au moment de l’absence, il présente une légère déviation conjuguée de la tête et des yeux ; on avait même tendance à douter de l’organicité de cette crise oculo-gvyre.

Sur la fig. 9, nous reproduisons une de ces absences. Elle est enregistrée sur 3 dérivations prises sur la moitié droite de la tête : prérolandique, rolandique et occipitale. L'absence s'inscrit sur les 5 dérivations. Elle est de courte durée : 7 secondes.

Le tracé de la fig. 9 est identique à celui de Ja fig. 7 : même saut brusque de lamplitude, mêmes complexes pointe-ondes, même rythme de 3 à la seconde. Le tracé 9 est seulement plus court : 9 pointe-ondes au lieu de 26 sur l’autre.

Là encore, sur un fond d'ensemble commun, nous trouvons des différences secondaires. Notons qu’elles ne sont pas dues aux actes automatiques. Ces différences sont individuelles. En effet, chaque sujet présente dans l’ensemble un type d'absence électrique qui lui est propre et qui diffère un peu du type présenté par un autre malade. Cette grande ressemblance

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des absences chez un même sujet est particuliérement nette au cours d’ur méme tracé, le sujet se trouvant dans des conditions identiques pour chaque absence

Sur la fig. 9, deux tracés sont typiques : le prérolandique et le rolandique. Les pointe-ondes y sont tous facilement reconnaissables. A part les deux premiers et le dernier qui n’ont aue 100 uv, ils atteignent tous l’amplitude de 320 à 359 uv.

Là encore, nous trouvons des pointes longues sur les premiers éléments du tracé. Puis celles-ci diminuent rapidement de longueur pour ne plus constituer que de petits accidents de moins en moins marqués sur la partie ascendante de l’onde près du sommet des 6°, 7° et 8° complexes. Sur le %, londe a complètement absorbé la pointe qui ne paraît plus.

Sur la dérivation occipitale, les pointe-ondes sont

beaucoup moins nets. Il faut examiner d’assez pres

chaque élément pour retrouver la pointe et l’onde qui ne sont pas évidents comme sur les deux dérivations précédentes. Sur la partie terminale de plusieurs ondes, nous notons une petite altération d’un dixième de seconde qui ressemble à un 4. Enfin l’amplitude est

moins élevée : 100 à 159 uv seulement,

Nous voyons donc que malgré ces différences de

détail, cette absence électrique ressemble à la précédente dans ses grandes lignes. Il est inutile de multiplier les exemples ; les absences électriques se ressemblent toutes.

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v) Absences mnésiques :

Nous avons vu plusieurs malades présentant des absences mnésiques, pendant lesquelles ils ne perder:{ pas la conscience.

Mme et le docteur H. Fischgold ont mis au point une technique d'exploration psychologique de la crise électrique survenant au cours de ces absences. Les travaux ont été réalisés surtout par M. Rémond et Mlle Cloche.

Voyons le cas de la jeuné S.…, 6 ans. Pendant son absence, cette enfant se sent inhibée, elle est incapable de tout acte volontaire ; elle assiste à sa crise dont elle souhaite la fin, sans rien pouvoir contre elle.

Au cours d’une enregistrement d’un quart d'heure chez cette petite malade, quatre manifestations électriques du type absence se sont inscrites sur le tracé. A chaque fois, averti par un signal du début de la crise électrique, on demandait à l’enfant de lever l’index gauche. Elle ne le faisait pas. Une fois la crise passée, enfant déclare qu’elle a bien entendu l’ordre donné, qu’elle a voulu l’exécuter, mais elle n’a pas pu. Ji s’agit donc bien d’une absence mnésique. Signalons que le même ordre donné ea dehors d’une absence est exécuté immédiatement.

Sur la fig. 10, nous reproduisons une de ces absences mnésiques. Sur les quatre dérivations, nous reconnaissons d'emblée les pointe-ondes. L'aspect d’ensemble n’est pas aussi net que celui des fig. 7 et 9. Les pointes surtout sont peu marquées et ne sont pas visibles sur tous les complexes. Dans cette manifestation

électrique qui a duré 4 secondes, les éléments des deux premières secondes atteignent 400 uv : ceux des deux dernières n’ont que 200 uv.

Cependant le rythme de 3 à la seconde est conservé partout, même sur les éléments atypiques. Nous notons qu'il ÿ à concordance de phases sur les 4 dérivations. :

Quoi qu’il en soit de ces différences secondaires, cette manifestation électrique est nettement du type pointe-onde. Nous y reconnaissons sans peine un« absence électrique.

Nous en concluons que l'absence mnésique a Îla même expression électrique dans son ensemble qué Pabsence typique.

2) Absences « sub-cliniques ». — Détermination du seuil de réaction des « états crépusculaires ».

L'E.E.G. a permis d'étudier de plus près les absences épileptiques. Grâce à lui, Mme et le docteur Fischgold ont pu préciser l’existence d'états intermédiaires entre la pleine conscience et la perte de connaissance qui constitue l'absence. .Ces états échappent totalement à l'observation du malade et à l'entourage.

Le cas du jeune N.. est particulièrement net à ce sujet. Ce jeune homme de 14 ans présente de temps en temps des crises de grand mal. Cinq tracés ont été pris chez lui. Sur chaque tracé, à plusieurs reprises, des manifestations électriques du type absence se sont inscrites. Nous en reproduisons une sur Ja fol

Nous reconnaissons le saut d'amplitude à 400 uv,

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