‹ Étude électroencéphalographique de l'absence épileptiqueChapitre 44 sur 47 · DIT ER · texte numérisé non relu

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plus riches en accidents anormaux sont d'ordinaire celles du début de l'examen, qui suivent la fermeture des yeux et la mise au repos du malade. Dès que celui-ci ouvre les yeux, les ondes anormales infra-clini-. ques s’atténuent ou disparaissent.

L'activité mentale et les influences auditives peuvent jouer sur les ondes pathologiques infra-cliniques aussi bien que sur les ondes 4. Chez des malades sensibles, une simple conversation tenue dans une pièce voisine est suffisante pour nettoyer le tracé en éléments anormaux, surtout s'ils sont peu importants, au moins pendant quelques instants.

v) Excitations sensortelles.

Puisque la réaction d’arrêt par ouverture et fermeture des yeux est incompatible avec l’absence clinique, le professeur Baudouin, Mme et le docteur Fischgold, Rémond ont cherché s’il n’est pas possible d’enrayer l'absence clinique par des excitations sensorielles : lumière devant les yeux, bruits violents, odeurs irritantes, tact, secousses, etc. Aucune des excitations employées n’a pu tirer le malade de son absence, ni modifier en quoi que ce soit son expression électrique enregistrée en ce moment. Nous en concluons que la perte de connaissance de l’absence clinique est très profonde et qu’elle résiste à toute action extérieure.

Cependant il est intéressant de noter que les épreuves arrêtent souvent le cours des manifestations infracliniques. De même toute une série d’expériences devient possible dans les états crépusculaires plus ou moins mnésiques.

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6) Existe-t-il des absences purement cliniques, sans traduction électrique ?

Le professeur Baudouin et ses collaborateurs ont eu souvent l’occasion d'observer des absences cliniques chez des malades en cours d'enregistrement sur le fauteuil d'examen. Toujours celles-ci se sont traduites par les manifestations électriques pathognomoniques que nous connaissons.

Dans tous les cas, la perturbation électrique a duré autant que l’absence clinique ; elle débute et se termine en même temps qu’elle. Jusqu'à maintenant, il n’a pas été donné de constater une absence clinique qui reste sans traduction électrique. Nous pouvons supposer qu’il en est toujours ainsi et que le pointeonde apparaît toujours sur le tracé au moment d’une absence clinique. -

Conclusion.

. Nous voyons donc que l'absence électrique, si typique par son amplitude disproportionnée, son complexe pointe-onde et son rythme de 3 est expression électrique commune d’un certain nombre d'états cliniquement assez différents les uns des autres. Ceux-ci vont en effet de l’absence totale, qu’elle soit typique, mnésique ou avec actes automatiques aux manifestations infra-cliniques, en passant par les états intermédiaires que nous avons décrits sous le nom d’absences « sub-cliniques ».

b) Localisation du foyer épileptogène.

La localisation du foyer est dans le cas de pycnolepsie précédent relativement facile. C’est lui qui s’allume le premier, même si le rythme lent se communique à toute la surface cranienne secondaïrement. C’est lui qui s’allume seul de temps en temps. sans réussir à entraîner avec lui le reste de l'écorce.

Mais il est très difficile dans ce cas de confirmer cette localisation par l’étude du décalage des ondes recueillies à des endroits différents ; car ce décalage varie d’un instant à l’autre. On peut voir des: ondes précentrales précéder au début d’une absence, tandis qu’à la fin de cette absence ce sont les ondes occipitales. qui apparaissent les premières.

La localisation du foyer épileptogène s’est montrée au professeur Baudouin infiniment plus complexe qu’elle ne paraissait au premier abord ; surtout, le signe du décalage des ondes de Jasper et Hawke lui est apparu d’une interprétation extrêmement délicate.

Gibbs et ses collaborateurs avaient fait extirper les régions de l’écorce qu’ils supposaient produire des potentiels anormaux. L'amélioration immédiate des malades paraissait confirmer leur localisation. Depuis, Gibbs a signalé que ces améliorations ne se sont pas montrées durables. Il serait donc dangereux dans c: domaine d'envisager la méthode sous un angle trop optimiste.

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c) Discussion sur la signification du complexe « poin-

te-onde », rythme lent de l'absence.

Nous avons vu que dans le sommeil à l’état normal la fréquence peut s’abaisser à deux ou trois par ‘seconde. Notons que l’état de repos cortical ainsi créé est beaucoup plus complet que celui qu’il est possible de réaliser chez le sujet éveillé. C’est un état d’inhibi-

tion.

L'enfant nouveau-né a, lui aussi, des oscillations rares et lentes. Chez lui le cortex insuffisamment dévlloppé peut être considéré comme engourdi.

Au cours des absences épileptiques, nous avons vu le complexe « pointe-onde » qui est, lui aussi, très lent. Nous avons de bonnes raisons de suspecter qu’il représente, comme les deux autres, une inhibition corticale. #

C’est pourquoi le professeur Baudouin et le docteur Fischgold ont insisté sur la loi suivante : « Les fréquences des ondes corticales vont croissant des états d'inhibition aux états d'activité en passant par les états de repos physiologique. » Il est inutile de souligner l'intérêt de cette formule, nous pensons que des travaux ultérieurs pourront en confirmer la validité.

Ï1 serait intéressant de connaître la nature intime de la « pointe » et de P « onde » dans le complexe « pointe-onde ». Jusqu'à maintenant leur signification nous échappe. Nous espérons que des recherches ultérieures viendront la déterminer.

Conclusion.

Nous ne pouvons mieux conclure ce chapitre qu’en citant, d’après une note manuscrite que nous communique le docteur Fischgold, l'apport du Laboratoire de Pathologie générale à l’étude des états d'absence ou de conscience partielle de l’épileptique :

« 1° Le professeur Baudouin, avec Mme et le docteur Fischgold ont les premiers observé l’action favorisante du repos-sensoriel (visuel) sur la production de l’absence épileptique et sur l’apparition des complexes typiques pointe-ondes cliniques ou infra-cliniques.

De ce fait, toute technique de l'exploration de l’état mental et du comportement dans les états crépusculaires ou sub-cliniques devait se réaliser avec les yeux fermés; en effet, l’ouverture des yeux coupe PA UE crépusculaire et nettoye le tracé. »

« 2° Les mêmes auteurs (et leur travail se trouve actuellement continué par Rémond) ont montré que l'exécution d’un ordre moteur simple (lever l'index par exemple) pendant la crise purement électrique, peut déceler des modifications importantes dans l’état mental, modifications ayant échappé aussi bien à l’observation subjective qu’objective. »

« 3° L’exploration électroencéphalographique de ces états intermédiaires entre la perte de connaissance et la conscience totalement lucide nécessite donc des techniques complémentaires : L’E.E.G. nous fait connaître les états infra-cliniques purement électriques.

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Des techniques complémentaires permettront de constater qu'avec une exploration fine on décèle des modifications nuancées de l’activité mentale, toutes les fois que le cerveau émet une activité pounte-onde caractéristique au rythme de 3. »

« 4° Il paraît donc permis d'envisager que la psychologie en général et celle de l’épilepsie en particulier pourront être fouillées d’une manière plus objec. tive, dès que ces techniques complémentaires, encore à la période d’essai, auront été définitivement mises au point. »

« 5° En complétant l’électroencéphalographie par des épreuves très simples comme celle de l’index, en adaptant ces examens électro-cliniques à chaque cas spécial, on arrive à différencier des « degrés de conscience », des « états de conscience partielle » non perçus par le sujet lui-même et non soupçonnés par l’entourage. »

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