ZELE POUR LES ÂMES
raît avoir décidément ce sens. Mais comment Ttlrjd-oç à^cLQxmv se rapporterait-il ici à l'homme charitable qui sauve son frère? Pourquoi dans ce cas une multitude de péchés, et non pas ses propres péchés? Serait-ce une grande partie de ses péchés et non pas tous? Mais, si Jaques met une limite, qui est-ce qui la détermine? Il entre donc dans le système peu évangélique des compensations et des indulgences! Et si c'est tous, est-il donc naturel qu'il impute une multitude de transgressions au Chrétien charitable et zélé, plutôt qu'à cet aiiagrcolôg qui s'égare et marche à la mort?
Ces difficultés ne se présentent ni dans la troisième interprétation que nous allons indiquer, ni dans le passage de St. Pierre où il n'est pas question d'un individu déterminé.
En vérité cette interprétation ne semble admissible que dans l'hypothèse où cette phrase aurait été une sentence reUgieuse et proverbiale, empruntée au langage ordinaire et par St. Pierre et par St. Jaques.
3) Péchés passés de l'homme converti, et pardonnes par suite de sa conversion. Presque tous les Itt. modernes adoptent ce sens, que favorise le contexte {aciaei rpvxrjv), et qui semble exigé par le sentiment général du morceau.
ScHNECK. voudrait réunir ici les trois sens, tous trois, selon lui, dans la pensée de l'apôtre. Il attribue même à cette réunion le caractère vague de la phrase. Mais ce vague doit être plutôt attribué au ton presque poétique et constamment animé de toute cette fin. L'écrivain semble avoir Tiniagination frappée de la masse de péchés dont le zèle charitable qu'il veut allumer amènera le pardon. Sa pensée est un sentiment, et l'expression qui en provient tend à exciter une émotion analogue chez ses lecteurs. De là cette absence de mots précis et d'assertions déterminées.
Deux choses ont surpris les critiques dans cette conclusion de notre épître.
La forme abrupte de cette fin , comme si le style de St. Jaques n'avait pas eu tout du long ce caractère. Puis l'absence de salutations. Pott a voulu en conclure que l'écrit n'était pas complet, et que les dernières lignes étaient perdues. Mais Jaques n'avait pas voyagé comme Paul, et ne s'adressait pas à une Eglise
200 épITRE DE ST. JAQUES GHÀP. V, V. 19. 20.
locale. Puis surtout Jaques n*était pas Paul ; il manifestait dans ses écrits, ainsi que dans son action apostolique, une individualité fort différente.
' Sans nous arrêter à ces minuties, admirons la force, le grand sens et la piété qui brillent dans la fin comme dans le corps de répltre que nous venons d'analyser, et terminons en disant avec Bbngbl: „ConGlusionem facit Jacobus non ut epistolae, sedutlibri ciyuspiam, multitudinem verborum, spiritu ipsum agente, vitans.^^
LEIPSIC, Imprimerie de J. B. IIirschfsld.
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