‹ Étude et commentaire sur l'Épitre de St. JaquesChapitre 99 sur 100 · ZÈLE POUR LES AMES · texte numérisé non relu

ZÈLE POUR LES AMES

notre écrivain, qui, ce semble, imprime à sa parole par ces formes abruptes un caractère saillant d'autorité.

Les particules de transition familières à St. Paul, comme yàç, èvy aça, rendent renseignement plus clair, mais lui donnent quelque peu l'apparence d'un raisonnement humain. St. Jaques au contraire a souvent l'air de prononcer des oracles. St. Paul est un docteur divin qui enseigne avec puissance, raisonne avec force et réduit ses auditeurs au silence, mais St. Jaques est semblable à un prophète, dont la parole grave et concise révèle les profondeurs de l'âme et les secrets du ciel.

niavrj^. C'est d'un pécheur qu'il est ici question (voyez afiaQTiolbv v. 20). Ce verbe indique donc, dans ce passage, l'erreur de la conduite et non celle de la pensée. En français nous parlons aussi de V égarement du pécheur. C'est une métaphore à la fois exacte et charitable. Au vice qui corrompt la volonté du coupable se joint toujours un élément d'erreur, et, s'il voyait la vérité divine dans sa plénitude et son édat, il la regretterait du moins, et souvent il se hâterait d'y revenir.

'*Alr]d-€laç. Cette àXrjâ'eia, tristement abandonnée par le pécheur, n'est donc pas la vérité purement de théorie, la simple doctrine, mais la doctrine accompagnée d'une vie conforme et conséquente. Comp. Jean III, 20. 21, où Ttoiwv Trjv Hrj-d-eiav est opposé à ô gxxvXa Ttgacacov,

^ETtLÇQiifyju . . . avTOv. ^TCcgQéqxo est ordinairement neutre, mais ici et v. 20 Jaques le fait transitif.

20. rivioaxéTio, qu*il sache bien, qu'il n'oublie pas. Ton d'autorité et annonce solennelle d'une vérité importante. Grammaticalement il y a doute sur le sujet de ce verbe; mais il est évident, par le contexte, que c'est le second riç et non le premier. Cette phrase est un encouragement à entrer dans la voie fraternelle où St. Jaques voudrait conduire ses lecteurs.

!Bx nldvrjç 605, littéralement: de l' égarement du chemin^ c'est-à-dire du chemin de l'égarement, du chemin qui égare. Comp. IV, 11. Là l'apôtre censurait ceux qui se plaisaient à condamner malignement leurs frères. Ici il invite les Chrétiens à travailler plutôt et d'autre manière à les sanctifier. Qu'au lieu de se hvrer aux joies d'une malignité vaniteuse, ils se proposent pour but le

salut des âmes, et ils seront dans les véritables conditions du zèle et de la charité. Comp. encore Gai. VI, 1 : TioraçTiCeTe . . . TtvevjWOfTt 7tQavTïf]rog.

'Oôôç, route, pour conduite, agendi ratio ; kébraîsme fréquent, et métaphore ordinaire.

^co^eiv tpvxTjv, dans les auteurs profanes, signifie sauver la vie, mais quelquefois dans le N. T. , et spécialement dans St. Jaques, sauver Fâme, lui assurer la vie éternelle, la vie véritable, telle que Dieu nous Ta destinée. Comp. 1, 21. Voyez d'autre part xfJvxLTuq III, 15.

Scoaei ipvxrjv. Voilà Tunique récompense promise par Fapôtre au Chrétien zélé; récompense désintéressée, qui ne consiste que dans le bien accompli. Replacer sur la route de la vie éternelle une âme égarée, et lui rendre ainsi son salut; quelle gloire et quelle pure joie! Comp. Matt. XVIII, 15: ^£av oa cntéaf], exiqdf]aaç Tov àâeXfpôv as,

Qavaxs, Voyez I, 15.

KalvipBL répond à Thébreu nD3. Comparez Ps. XXXD, 1 et Rom. IV, 7 : f.i(xxaçioi , . . ù)v eTteKaXvfpdTjaav ai afxaQTlai. Cette métaphore de couvrir les péchés pour les pardonner dérive probablement d'un anthropomorphisme fréquent dans le Pentateuque. On y trouve souvent l'idée que l'Eternel s'irriterait, s'il voyait chez les Hébreux certaines souillures de l'âme ou du corps. Quand l'Eternel les pardonne, il est dit qu'il les cache ou les place derrière lui.

KaXvxpEi Ttlrjd'og afiagriaiv^ phrase obscure par concision. Péchés de qui? A cette question on a fait trois réponses.

1) Péchés que le pécheur aurait commis s'il avait continué à pécher. Cette inteq)rétation est à la fois niaise et forcée. Elle est en contradiction directe avec la métaphore Tialvipec, qui ne peut s'appliquer qu'à des péchés déjà commis.

2) Péchés commis par celui qui en convertit un autre. Ces péchés lui sont pardonnes en récompense de sa bonne action (Beda, Erasme etc.). Cette interprétation, acceptable au point de vue grammatical, est démentie par le contexte, à ce qu'il semble. Elle s'appuie sur le passage parallèle en apparence 1 Pier. IV, 8, où une expression analogue (aydTtrj xalvipst Ttkij&og a/xaçTiaiv) pa-

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