‹ Étude et commentaire sur l'Épitre de St. JaquesChapitre 74 sur 100 · FAUSSE SAGESSE · texte numérisé non relu

FAUSSE SAGESSE

qu'il parle à des Chrétiens, qui ont déjà connu et accepté la ré- Yélatîon. Nous ne pouvons aller plus loin, ni déterminer (I, 17 et ici) en quelle proportion il attribue cet effet aux deux dernières. Il est seulement évident que la ti^oisième, le. secours de l'Esprit de Dieu, tenait la première place dans sa pensée.

^Tciyetôg^ opposé à avwâ'ev xaTSQXOfiévrj, terrestre, venu d'en bas et non d'en baut, n'ayant rien de nôble.ni de divin, n'étant donc ni un secours, ni une lumière. Pbil. Ili, 19: 01 rà iTtlyeia q>Q0v5vr€g.

Vv^iyci], appartenant aux instincts grossiers et sensuels de l'âme, comme aaQKixbç l Cor. III, S. Comparez 1 Cor. Il, 14: tpvxiycog ccvd'QœTtoç è ôéx^J^cci là t5 TcveôfiaTog rS d-eë, Jud. V. 19 xpvxi^oï est développé par 7tv&j(xa fiij ^^ovreg. On retrouve dans cette locution une trace de la trisection de l'homme empruntée à Platon par tous les écrivains ellénistes au temps de J. C, et employé par Paul 1 Thess. V, 23 : to Ttrev/^a xal 17 ^vxfj xal re atifia. Dans cette formule Ttv&jfia (ou vag) est la raison, l'intelligence, en même temps que l'ensemble des instincts relevés du cœur ; les éléments de l'âme qui peuvent aspirer à Dieu et l'imiter, ^vji^ est l'âme animale, irrationelle , principe de la vie matérielle et des passions, l'ensemble des sensations et des appétits communs avec la brute. Cette division est née de la lutte intérieure et constante dont est travaillé cet homme, semblable à la fois à l'ange et à la bête. C'est le contraste et le combat de la oi du péché qui est dans ses membres, et de l'honune intérieur qui prend plaisir à la loi de Dieu (Rom. VII).- Platon développe l'idée de to jpvxotov par les synonimes to ayçiov^ to ^riQuiêeç (De Rep. IX). Toutefois nous avons vu (I, 21), et nous verrons encore (V, 20) Jaques employer le substantif t//t;;^ dans le sens chrétien et ordinaire de rdme, objet de la rédemption.

Jaifiovidàrig, OLTt. Xey», opposé à avo&ev (comp. v. 6) , qui tire du démon son origine, ou qui lui ressemble assez pour paraître l'en tirer, comme en français, diabolique.

^Ttlyeiog, ^x^^Vf àaifiovuiôrjg. Climax. Sagesse qui n'a rien de céleste, inspirée par les passions de la terre, c'est- à-dire par les instincts grossiers et brutaux. Bien plus : sagesse qui non seulement porte l'empreinte du mélange de bien et de mal naturel

à rhomme, et de son impnidente et impétueuse irréflexion, mais qui semble inspirée pai* le démon, à cause de son habileté à nuire et de son caractère positif de méchanceté.

St Jaques ne pouvait porter contre le zèle amer une condanmation plus formelle ni plus positive. Grave leçon à méditer. 16. Nouveau motif de condamnation du zèle amer. Nous en avons vu la nature, en voici maintenant les effets.

"ÛTtH . . . hcéi. La réunion symétrique de ces deux adverbes de lieu sert souvent, comme ici, à indiquer un Uen de cause et d'effet

ràç annonce des preuves d'expérience à l'appui de la con< damnation du v. 14, et de l'assertion du v. 15.*

ricQ, OTtH^ hiBÏ mettent de la netteté et de la vigueur dans cette petite phrase concise et nerveuse, où il n'y a pas eu place pour un seul verbe, tant le mouvement est vif, et l'expression serrée.

^Amtaçaala. D'après l'étymologie ce mot signifie perturbation de l'ordre, et d'abord de l'ordre intérieur de l'âme. „Opinionum et morum inconstantia.** Erasm. Ensuite perturbation de l'ordre extérieur: discordes, tumultes, agitations publiques. Ainsi Luc XXI, 9 cmaragaala est joint à Ttôle/ÂOi. Les deux sens seraient tous deux admissibles 2 Cor. XII, 20, où ce mot est réuni à içld'Siai, TcaraXaXlat. Le second est évidemment préférable 1 Cor. XrV, 33, où Dieu est dit n'être pas un Dieu œcaragaalaç, mais elçrivrfi. Ce second sens est ici le seul convenable, l'apétre voulant, à ce qu'il semble, décrire* les effets extérieurs des dispositions intérieures qu'il nomme ^Aoç ytal lQl/9'Bia.

nSv ; non pas tout, mais de toute espèce, Ttavroïov (1 Tim. V, 10).

OavXoç, équivalent de yLay^oÇy vil, dégradé, méchant; il se rencontre trois fois dans le N. T.

lISv qxwXov TtQayfice; toute espèce d'actions méchantes et indignes. Voilà, selon St. Jaques , le résultat nécessaire du zèle amer. Déclaration effrayante et que l'expérience ne confirme que trop. Le zèle amer s'accompagne nécessairement de passions haineuses, légitimées en apparence par des motifs religieux. Cela est< bien suffisant pour enfanter Ttav qxxvXov Ttçayfia. Telle est la

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