CHAPITRE HUlTIÈWE
le dit de ma&ière à ^e faire comprendre, nettement et sans ambages.
Les gens habitués à grouper les chiffres sont ordinairement ceux qui ^^^\oiirp
réussissent le mieux dans ce genre de correspondance.
épistolairr.
Modèle.
SCHIIiLEB A COTTA.
léna, le 4 juin 1794.
Avant d'entamer des démarches pour notre Gazette, mon cher ami, attendez encore de moi une lettre, où j*espère vous démontrer, par des raisons concluantes, que cette entreprise , du moins sous ma di-^ rection, sera par trop difficile et périlleuse. Je crois pouvoir vr us promettre d'autant plus pour le Journal, qui, sous tous les rapports, est préférable à cette entreprise de Gazette. J'en ai parlé, depuis votre départ, à plusieurs hommes très-importants, qui s*accordent tous pour désapprouver complètement la Gazette politique, et pour approuver unanimement le Journal.
La poste part à Tinstant. Je m'en tiens donc là pour aujourd'hui. Tout à vous.
Schiller.
{Traduit de ^allemand.]
lies maîtres de langue capables s'entendent fort souvent dire : Mais, Monsieur, pourquoi ne faites-vous a point écrire de lettres à ma fille ? Mademoiselle une « telle, son amie, n'étudie pas depuis aussi longtemps « qu'elle le français, et écrit déjà de superbes lettres. » On ne peut pas toujours répondre catégoriquement à ces tendres mères, parce qu'on se verrait obligé de leur dire des choses quelquefois peu flatteuses, à l'endroit de leur progéniture. A notre avis, un maître
'"^ ~ qui met de la suite et de la méthode dans son ensei-
Dii slyte ^
q>i»ioiaiiie» gnement, est moins exposé aux représentations paternelles, et surtout maternelles. Cependant on aimerait tant voir sa fille chérie prendre place, d'un seul bond, et presque sans effort, à côté des Sévigné, des Maintenon, etc.! On est donc bien un peu excusable, quand on vient dire à un maître : <c Mais, Monsieur, vous ne ce savez pas votre métier, sans quoi ma fille écrirait a déjà des lettres ! » et le maître serait un bien mal appris, s'il ne recevait pas stoïquement les récriminations d'une sollicitude aussi éclairée.
Quand un élève n'a pas encore d'idées dans la tête, où prendra-t-il donc de quoi remplir le cadre d'une lettre ? Attendez au moins qu'il ait vu et éprouvé, alors il vous peindra ses impressions sans peine et d'une manière naturelle. Parce que vous lisez facilement, et sans contention d'esprit, une lettre d'un auteur distingué, ne croyez point pour cela que l'on puisse facilement en écrire une pareille. Cette lettre, qui touche àla perfection, vous ne savez pas combien on a eu de peine à l'écrire telle que vous la lisez ; pour atteindre à cette diction simple, dégagée, coulant pour ainsi dire de source, il a fallu quelquefois remettre,, à plus d'une reprise, son œuvre sur le métier. Et puis, ne croyez pas que»;^ce soit en écrivant force de lettres, que l'on parvient à se perfectionner dans l'art de la correspondance < Ce serait là une grave erreur. Pour réussir dans le style épistolaire, il faut une seule chose : posséder la langue dans laquelle on veut écrire. Le reste, croyez-nous-en, vient de soi-même. Les Pi^eveples que