CHAPITRE HUITIÈME
nous avons indiqués sommairem^t pour chaipie genre ~ de lettres , ne vous donneront Jatnais un vrai talent éinstoiaîrê. épistolaire ; ce ne sont que des indications générales^ ressortant des genres divers, bons à mettre sous \eÈ yeux des commençants, mais tout à fait superflus pour quiconque pense et sait écrire.
11 y a des élèves qui montrent de hautes dispositions dans tous les exercices dont nous nous sommes occupé jusqu'ici, et qui ne réussissent qu'imparfaitement dans la composition des lettres. Ceux-là sont le désespoir des mamans, et l'orgueil secret des bons maîtres, dont ils justifient d'ordinaire toutes les espérances. Laissez un peu leur egprit se mûrir, leur imagination se régler, leurs idées gagner en étendue et en profondeur, et vous verrez que, sans avoir jamais écrit la plus petite épître sous une direction supérieure, ils ne seront point embarrassés pour orner un jour leur correspondance de toutes les qualités qui distinguent les lettres bien dictées. Quand leurs affaires ou leur position sociale les mettront dans la nécessité d'écrire, non sur des sujets factices, pris en l'air, mais sur des * sujets réels, qu'ils portent dans leur tête, ne vous inquiétez point d'eux : ils se tireront parfaitement d'embarras, sans secours étranger.
Il y a donc des élèves qui, en fait de lettres, sont absolument incapables de rien produire d'eux-mêmes. Au lieu de les tourmenter en pure perte, on peut leur venir en aide en suivant , pour les exercices épistolaires , la marche progressive que nous avons tracée pour les narrations écrites.
Un Cahier spécial doit être destiaé à recevoir la
Dustvks 111
ét>i6»oiâir«. copie de toutes les lettres composées par nos élèves, au fur et à mesure que nous en opérons la correction.
Petite iateriiièdes.
Rien de ce qui peut contribuer au développement intellectuel de nos élèves, et faciliter leurs progrès dans la langue que nous leur enseignons, ne doit nous être indifférent. Notre enseignement, il faut le reconnaître, ne se compose pas d'une série de parties de plaisir, et les jeunes gens qui étudient avec passion, forment une faible minorité. Nous pensons donc qu'il peut être très -profitable d'employer certains petits moyens auxiliaires, pour stimuler et entretenir l'ardeur de nos disciples.
Dans beaucoup de familles et d'institutions à l'É* tranger, on a la louable habitude de faire apprendre aux enfants de petites pièces de théâtre, écrites pour leur âge , qu'ils jouent devant un cercle d'amis et de connaissances intimes. Cet usage, ne saurait être trop recommandé Les enfants s'habituent de cette manière à parler en public, et perdent ce qu'il peut rester de défectueux dans leur prononciation ; leur organe devient plus sonore , et la timidité naturelle à leur âge fait place à une modeste assurance. Sous une direction intelligente, ces représentations de famille ne peuvent avoir que d'excellents effets.
Mais ces scènes enfantines demandent une réunion
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p^j.^^ de jeunes capacités, quelquefois assez difficile à obteintermèdes. nir. A TÉtrauger, on apprend le français dans les lieux isolés, comme dans les grands centres de population. Le premier de ces cas est tout aussi fréquent que le dernier. Alors il faut se borner à des dialogues choisis avec goût, et capables d'intéresser nos petits amis. Les livres écrits pour la jeunesse offrent, presque en tout pays, un grand choix d'ouvrages en tout genre, où nous pouvons trouver de quoi défrayer les longues soirées de Thlver, qui ne âeront point perdues pour nos élèves* Par-ci, par-là une petite côurefsation à deux ou trois personnages leur tiendra lieu d'une piè6e de théâtre, les amusera suffisamment, et leur coûtera moins de peine que les pièces à nombreux personnages, qui nécessitent des répétitions multipliées, et occasionnent de grandes pertes de temps.
Pour le premier âge, la mémoire et l'imagination des institutrices, surtout , renouvellent sans cesse les récréations qui , en faisant un peu penser et beaucoup parler, instruisent sans fatigue ni dégoût. Tous les jeux, même les plus insignifiants, qui font atteindre ce but, ont leur mérite en fait de langues. Ainsi le primitif Pigeon vole] et Je vous vends mon corbillon^ ce corbillon où l'on ne peut mettre une tarte à la crème , ont une valeur i^lative qui n'est point à dédaigner Du moment que la jeunesse prend plaisir à un amusement, quel qu'il soit, et que cet amusement l'oblige à parler une langue étrangère , objet de ses études , il faut bien se garder de le mettre de côté, sous prétexte qu'il est par trop niais.