CHAPITRE NEUVIÈME
Pour clore la série de nos petits jeux enfantins, appliqués à rétudedela langue française, \e^ homonymes nous offrent un vaste champ d'exploitation. Tout le monde sait comme cela se pratique. Voici les principaux de ceux que Ion peut proposer à des enfants étrangers :
Petits intermèdes.
Amande. — Amende.
jlncre. — iTocre.
^tttel. — /idtel.
Boucher, s. m. — Boucher, v. - -
Bouchée, s. f.
Cène, s. f . — Saine, adj. f. —.Scène,
s. f. ~ Seine, fleuve.
Cerf. — Serf.
CAaine. — Chêne, Chair^ s. f. — Chaire, s. f. - Cher,
s. et adj. — Chère, s. et adj. f.
Coin. — Coin^.
Comte. — Comjate. -- Conte.
Dessein. — Dessin.
ÉcAo. — Éco^ Faim, — Fiw.
Fflfle, s. m. — F^e, s. f.
Flan. — Flanc.
Foi, s. f. — Foie, s. m. — Foi.ç, s. f.
—- Foix, nom de ville.
Oratf^e. — Grèce.
Hawtesse. — Hdtesse.
Lieu, s. m. — Lieue, s. f.
Lutfc, ç. m. — LutYe, s. f.
Maftre. — Mètre. - Me/tre. v.
Mrtwrc, nom de peuple. — Mor.v, s.
m. — Mor^, s. f.
Mûr, adj. — Mur, s. m. — Mûre,
Pain. — Pin. — Pein/, part, passé.
Peine, s. f. — Pêne, s. m.
Pair, «dj. — Pair, s. m. — Paire,
s, f. — Père, s. m.
Paw, ville. — V6, fleuve. — Vot, s.
m. — Peau, s. f.
faul, - Pd/c.
Pinfon. — Pinson.
Voéle, s. m. — Po^e, s. f. - Poi/,
Poic/5, s. m.— Pois, s. m. — Poij:,
Reine, s. f. — R^ne, s. f. — Renne,
Saigneur. — Seigneur.
Tain, s. m. — Tci»<, s. m. — Tein^
part. — Ihym, s. m.
Tante. — Tente.
Tribu, s. f. — Tribur, s. m.
Ver, s. m. — Verre, s. m. — Ver*,
s. m. — Ver*, prép. — Verf, adj.
Vice, s. m. — Vi.ç, s. f.
Voie, s. f. - Vois, verbe.— Voix,
Si Ton fait écrire ces mots avec leur orthographe diverse, le profit sera double pour les élèves. Ceux dont la sagacité a été éveillée et développée par ces petits exercices récréatifs^ sont parfaitement préparés
pour deviner des charades y logogriphes et énigmes.
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intermèdes. v*i OH Dc CFOie point que ce soit la un vain jeu , bon tout au plus à tuer le temps. Au contraire, à force de se livrer à ce travail, on y acquiert une facilité , une promptitude d'esprit très-remarquables. Pour notre compte, dans la pratique de l'enseignement du français à l'Étranger, nous avon^ toujours observé que les bons élèves prenaient un plaisir extrême à chercher le mot de ces données énigmatiques, et y. devenaient bientôt très-adroits, tandis que les autres n'estimaient point cette investigation digne du moindre effort d'esprit. Sans y attacher une importance exagérée , nous sommes convaincu, par notre expérience personnelle, que ce léger travail apporte une fort agréable diversion dans les études, et n'est point sans avantage sous le rapport de la langue.
11 n'y a pas encore longtemps qu'en France les publications périodiques, voire même de grands journaux quotidiens , ne croyaient point compromettre leur dignité en proposant régulièrement à leurs lecteurs de ces petits problèmes , revêtus d'une forme poétique, plus ou moins heureuse. Maintenant, un goût peu justifiable a mis à la mode ces affreux rébus ^ dont le sens est souvent indéchiffrable, même à laide de l'explication qu'en donnent subséquemment leurs auteurs. Cet engouement, il faut bien l'espérer, n'aura qu'un temps , et l'on en reviendra à l'ancien usage , qui justifiera toujours la préférence dont il sera redevenu l'objet. En attendant cette restauration d'un genre tout particulier, nous conseillons fort de le prévenir à