CHAPITRE NEUVIÈME
Pour le second âge , époque où les idées cotnmen*
cent a être plus rassises , on choisit aussi des amuse- intermèdes, ments un peu plus sérieux. Le Jeu de la maison^ par * exemple, qui se trouve dans V Éducation maternelle de madame Ainable Tastu, est délicieux pour les jeunes filles et garçons, de dix à quinze ans. Seulement OD ne doit pas oublier que l'on a affaire à des Étrangers, et que des enfants ne le comprendraient pas de prime abord.
Un petit jeu bien simple, mais qui n'en a pas moins son mérite, nous a souvent fait passer de très-agréables moments avec nos élèves. Voici en quoi il consiste : On écrit chacune des lettres de Talphabet sur un petit carré de carton. Avec ces lettres, on forme un mot , dont on éparpille aussitôt les éléments sur la table, et ce mot , notre partenaire doit le recomposer. Quand il y a réussi , c'est à son tour de mettre notre sagacité à l'épreuve. Ce petit jeu donne souvent fort à réfléchir. Pour les enfants qui n'y sont pas encore brisés, on peut choisir , même en les en avertissant d'avance , des mots qu'ils ont eus dans leur leçon du jour.
Il y a, en français, des expressions, même fort usuelles, qui ne se retiennent néanmoins que trèsdifficilement. A l'Étranger, il y a bien peu de gens , même des plus avancés dans notre langue, qui sachent ce que c'est que la plante des pieds. Si vous le dites à votre élève, comme vous lui diriez toute autre chose , il est fort probable que, l'occasion d'employer cette expression lui manquant, il ne tardera point à l'oublier. Wtes-lui, au contraire : w Quelle est la plante la plus
^~^ «chère à Thomme? » Il se fatiguera inutilement à intermèdes, chercher ce précieux végétal par monts et par vaux, et viendra enfin vous ^supplier de le lui faire connaître. Dites4ui alors que c'est \vi plante des pieds ^ en lui ex- ' pliquant bien , île visu, le sens de cette expression, et vous pouvez être sûr qu'il ne l'oubliera de sa vie.
Ces petites énigmes ne sont, pour les .enfants de notre pays, que des distractions passagères et sans aucune portée. Pour les enfants étrangers , elles ont l'avantage de les faire réfléchir sur la langue, et, par conséquent, d'augmenter leur petite instruction. Ainsi, nous avons toujours piqué vivement la curiosité de tous ceux à qui nous avons posé des questions du genre de celle-ci , qui est bien connue du reste :
« l'n hoiiHDe a un petit bateau, dans lequel il doit passer à Tautre « bord de la rivière trois choses : une chèrre^ un loup , et un cAoi*. • Quelle chose doit-il prendre en premier lieu, sachant que, s'il « prend le loup, la chèvre mangera le chou, et que , sll prend le chou, « le loup mangera la chèvre ? >
Cette autre , toute lugubre qu'elle est, s'est trouvée être du goi\t de nombre de nos petits auditeurs :
« Celui qui it fxx ne le fait pas pour hu ; eelui qui ie fait faire, ne « /r vetit pas ; celui pour qui on h fait, ne ie sait pas. »
En voici une enfin qui a bien eu aussi son petit succès de voffue, s'il nous est permis de parler ici le langage* dos réclames de journaux :
« Quoique Je sois dans i\>iide. je ne suis jamais dans Veau: j'ai * qiMtn^ |iieds dans un tOMi«eau, H me trouve au milieu.du monde. »