CHAPITRE SIXIÈME
Le dévouement des mères est sans bornes. '
Le livre du premier Tout importe aiur mères dans Téducation de leurs enfants. âge.
Les enfants bien élevés louent les mères.
C'est des mères que provient notre bonheur à tous.
Notre aversion pour les dialogues pâteux, insipides, incorrects, comme ils sont assez généralement , ne va point cependant jusqu'à proscrire tout ce qui existe en ce genre. Nous avons, au contraire, toujours accordé quelque place dans notre enseignement élémentaire à / de petites conversations écrites avec simplicité et bon sens; mais nous n'avons jamais oublié que ces entretiens familiers ne peuvent avoir d'autre but que d'initier nos jeunes élèves à la facture générale du langage. Nous croyons donc qu'il faut user des dialogues avec une extrême sobriété.
Nous voici à la dernière page de notre //Vre, ou, si l'on veut, de notre cahier du premier âge. Il contient, en éléments, la base de tout ce que nos élèves peuvent savoir un jour de français. Nous croyons même, fort de notre expérience de l'enseignement, pouvoir avancer que tout élève qui passerait outre, sans l'avoir consciencieusement étudié, ne serait jamais qu'un francisant des plus médiocres.
Nous avons donné les déclinaisons ci-dessus , et les fragments de conjugaisons qui les précèdent, sans noms de temps ni de cas. Cette omission a, pour nous, sa raison d'être. Le premier âge ne comprendrait rien
■~~ à ces dénominations; il est donc inutile d'en surchar
1^ livre '
du premier ger sa mémoire , puisque le temps n'est point encore
âge.
venu de les lui expliquer.
C'est sans la moindre intention que nous avons placé tout à l'heure les conjugaisons avant les déclinaisons. La place des unes et des autres est sans importance. En grammaire, il n'y a aucune espèce de priorité justifiable y bien qu'en disent les grammairiensy sautant, les uns après les autres, à travers les âges, par-dessus un tas d'absurdités, véritables moutons de Panurge.
Exercices et sraMmialFe.
Il y a longtemps déjà que Ton discute, en tons pays , sur le mérite des diverses méthodes appliquées à l'enseignement des langues, vivantes ou mortes, et, tant que durera cet enseignement, c'est-à-dire jusqu'à la consommation de la civilisation actuelle, il y aura sur ce sujet des discussions vives, âpres , acrimonieuses, intéressées. Celiii-ci traite de sot quiconque ne le croit pas sur parole, lorsqu'il se fait fort de montrer en soixante leçons tous les idiomes imaginables. Celui-là, fidèle à Lhomond et consorts jusqu'à extinction de chaleur naturelle, anathématise tout maître qui veut faire un pas en avant et sortir de l'ornière antique. Il est convaincu jusqu'au fanatisme, et soutient mordicus (c'est son expression favorite) qu'une langue ne s'apprend bien qu'à grands coups de grammaire et de dictionnaire. Foin de la pratique! On rencontre même des gens qui vous prennent un livre , excellent du reste, le TéUmaque de Fénelon, et, frappant sur ce livre , s'écrient ; « Toute la langue française est « ici; honni soit qui la cherche ailleurs! » Nous ne dirons rien de ceux qui vous démontrent , par ré plus /a, que le chant est l'unique moyen d'apprendre les langues, et font monter et descendre des gammes à
^ammaire.
I ^ . leurs élèves , que ceux-ci aient des oreilles d'âne ou
' Exercices ^ *
et de rossignol. INous en passons, et des plus drolatiques.
« Quel parti prendre dans, une si grande affaire? )> dirait le grammairien Lemare. — Celui du bon sens, de la raison ; fuir les extrêmes , et tâcher de trouver une petite voie naturelle, commode, à égale distance de celles que s'obstinent à suivre , bon gré mal gré, ceu^ qui se prennent au^ cheveux à propos ^e lefirs méthodes incomprises : in medio tutissjmiis ibis. On voudra bien nous passer cette réminiscence du temp» où, rival dç Virgile et Ov^de> nous scandions les fl^ffjçs 0ôcarp^ 4u Parnasse latin, no^tre prosodie d'um maÎAf. de l'autre le Gradus ud Pamassum.
. Et nQUfii,auB9i qui traçons ces lignes, si nous consulte^» notre conscience, nous dirons, le cœur contrit et repentant : ...
fc J'cù: souvenance ({fie, pendant de longues, s^nnées^ à ^rapomairien fanaliique, nous couvrions de nqtre plus « profond dédain U>vX livre qw étalait l'in^leate préot te^tion.d'eqsaijgneç le français autrement que noufr tt avions appris le latin. »
Je n'en avais nul droîty puisqu'il faut parler net.
.. Revenu à des idées plus saines,. nous nou3> glorifions d-avoir pris rang dans la phalange, toua les jours pi»» nombreueie et pluâ imposante, de ceux qui. iMultent ert bcèche lesiyieux préjugés en matâè^e d'epseîgiuement. Maintenant, Dieu merci, la lumièire oommenée à ae faire*, on enseigne de nos )oiirs d'une ma^ nière plus rationnelle , et , quoi qu'en disent les gens