‹ Étude et enseignement de la langue française à l'étrangerChapitre 26 sur 147 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

attardés dans les anciennes voies, plus méthodique

' ^ ^ Exercices

que par le passé. Ce n est point que les procédés per- et

A • • 1 -rv • grammaire.

fectionnés soient une découverte récente. Des espnts supérieurs, Dumarsais entre autres , avaient depuis longtemps indiqué la direction à suivre; mais la routine , Tantipathie des innovations, la nonchalance, étaient venues se mettre en travers du progrès et avaient réussi, sinon à Tétouffer, du moins à Tempecher de faire sentir sa bienfaisante influence.

a Mais, nous dira-lron, est-ce d'aujourd'hui que Ton « étudie et possède les langues? Pourquoi abandonner « une méthode dont on s'est bien trouvé pendant « si longtemps? »

Notre réponse est facile. Nous ne rompons point avec le passé, mais nous ne nous passionnons point non plus pour aucun procédé exclusif; nous conservons le passé, mais nous l'enrichissons des apports du présent : en un mot, nous sommes, comme toujours, partisan de la grammaire y mais nous y ajoutons un complément indispensable, \b, pratique.

Nous enseignons la théorie^ mais nous n'en Taisons plus le point de départ. Et, certes, c'est à peu près en tout enseignement que l'on procède de la sorte aujourd'hui. S'agit-il de musique vocale, écoutons ce que disent les maîtres en cet art :

« On a longtemps augmenté les difficultés de l'éa tude de la musique vocale, en voulant dès l'abord a la rendre complète par l'enseignement préalable de <c la théorie ; de telle sorte que les enfants perdaient « tout leur temps aux préliminaires et ne chantaient

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« que trèsp-tard. I^ musique, si attraVante par elleet « même, devenait ainsi pour eux pemble^ désagréable^ grammaire. ^^ ,.g]^y|^g^jj|g même. NoUs suLvonsune tnarche opposée^ « et nous débutons par la pratique du chant. Ce pro- « cédé est fondé en raison sur la nature et Texpéa rience : en effet, c'est en lui parlant que la mère ce apprend à son enfant à parler; c'est en travaillant « sous ses yeux que Tartisan façonne son apprenti au « savoir-faire manuel , et c'est en chantant à ses tf oreilles qu'on enseigne sûrement le chant à l'enfant.

a Voici donc le principe fondamental : la pratique « du chant d'abord ^ l'étude de la théorie ensuite ' . »

C'est en lui parlant que la mère apprend à son enfant à parler; c'est en parlant h notre élève i^ ou en lui faisant pratiquer des exercices qui l'obligent à parler^ que nous lui apprendrons le français ^ ou toute autre langue cultivée : la pratique de la langue d'abord , l'étude de la théorie ensuite.

Tous lès moyens que nous avons indiqués jusqu'ici dans le cours de cet ouvrage, tendent à un même but : Tacquisition du matériel de la langue par la/^ratique^ précédant la théorie. Mais le mom^it est venu où des études plus fortes, à mesure que l'acquis de l'élève prend des proportions plus considérables, vont réunir les deux moyens qui sont à notre disposition.

Avant de poursuivre , qu'on nous permette de consacrer ici un hommage sincère à un homme qui a eu

^Recueil de morceaux de chant, à Tusage des Écoles normales et des École» primaires, par MM. Delcasso et Grosse 2* édition^ 1 856. Préface.

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