‹ Étude et enseignement de la langue française à l'étrangerChapitre 40 sur 147 · LA NUMÉRATION, PABLÉE ET ÉCRITE · texte numérisé non relu

LA NUMÉRATION, PABLÉE ET ÉCRITE

Notre premier exercice consistera à faire nommer depuis un jusqu'à cent^ en y ajoutant les nombres mille ^ dix milles cent mille ^ million^ etc., etc., chaque nombre accompagné du mot qui le traduit dans la langue de Télève,

Cette série de nombres apprise en partant de un^ on la fera réciter en partant de cent pour revenir à un.

L'élève doit être astreint à compter lentement, en faisant une légère pause après chaque nombre.

Ne croyons pas que cela suffise à Télève étranger, pour savoir les noms des nombres d'une manière imperturbable. On s'assurera du contraire en prenant le premier nombre venu, quarante-cinq ^ trente-deux, vingt-quatre y quatre-vingts^ etc., et l'on verra que l'on n'est pas au bout de sa tâche. Il faut donc faire reconnaître à notre élève toutes sortes de nombres, en les lui nommant tantôt dans sa langue^ tantôt en français. Il devra les traduire sur-le-champ.

Nous avons en français certains noms de nombres passablement absurdes ; pourquoi ne pas le reconnaître? Quel usage irrationnel et inexplicable a pu remplacer les expressions :

septante \ / soixante-dix

septante-un 1 I soixante^onze

nonante i ^ j quatre-'Vingt-dix

nonante-un j \ quatre-vingt-onze

CH/^PITRE ISEUVIÈME. 89

dénominations numérales si peu en rapport avec la manière française, avec \ esprit français^ qui aime ce méûque. qui va lestement et clairement au but, sans ambages, ni circonlocutions superflues?

A notre sens, l'esprit de précision et de clarté qui caractérise la langue française, n'a point à se glorifier d'avoir substitué à nonnnle-rœuf {^^\rk. mots, onze lettres), quatre-vingt-dix-neuf {i\iXàX,vid mots, dix-huit lettres) !

Espérons que l'usage des dénominations anciennes, conservé dans les départements à l'instar d'une protestation, fera reconnaître et réparer, dans un avenir plus ou moins prochain, le tort fait à la langue et à l'esprit français ^

Nous avons l'habitude de faire apprendre simultanément aux élèves étrangers les deux manières dont on peut nommer les nombres, depuis soixante-neuf ]\x^' qu'à cent. On rencontre assez souvent, hors de France, des Français employant les dénominations rejetées par l'usage dominant, et le moins qu'ils puissent demander aux Étrangers qui parlent leur langue, c'est d'être compris.

Lorsque nos élèves sauront bien la numération parlée^ nous passerons à la numération écrite.

Ils écriront au tableau, sous notre dictée, toutes

' Des recherches sur l'époque de riutrusion dans la langue des expressions numérales que nous attaquons , et la manière dont elles ont été substituées à celles que le bon sens doit seul reconnaître, offriraient, ce nous semble, un assez grand intérêt.

Ârith-

sortes de nombres, * depuis les plus petits jusqu'aux plus grands.

Nous les exercerons également à partager les nombres en tranches j et à désigner chaque tranche par le nom qui lui est particulier.

Exemple,

Tranche des biDioos ... millioiis ... mille ... miilés. 37, 609, 087, 006.

Il est inutile de faire observer que ce n est point en français que nos élèves étrangers doivent apprendre, pour la première fois, ces éléments d'arithmétique. Ce que nous voulons, c*est qu'ils appliquent la langue française à leurs petites connaissances dans cette science exacte.

Quoi qu'on en dise, c'est toujours du français que nous faisons avec eux, de très-bon et très-utile //y//îccUs,

DEUXIÈME EXERaCE.

l'addition.

Nous ne donnons point de définitions; nous n'en avons que faire, et arrivons tout de suite à l'opération.

Bptem'pie.

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