‹ Étude et enseignement de la langue française à l'étrangerChapitre 46 sur 147 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

sans ennui ni contrainte, à posséder, en arithmétique française^ de petites connaissances qui pourront leur métiqiie. être de quelque utilité dans le commerce de la vie.

Il est bon d'habituer les élèves à mettre la date du ' jour au bas de leurs différents ouvrages, tantôt en chiffres arabes ou rortiains^ tantôt en toutes lettres.

Bien des étrangers ne savent point comment. prononcer les adjectifs numéraux cinq^ six, sept^ huit^ neuf y dix H vingt j o\x^ dans certains cas, la consonne finale ne se fait point sentir. Nous croyons donc être agréable à quelques-uns de nos lecteurs, en reproduisant la règle qui concerne la prononciation de ces noms de nombres.

« A. La consonne; finale des adjectifs numéraux cinq^ six, sept, « huit, neuf, dix, sonne toujours, excepté quand ils sont imraédia- « tement suivis du mot nombre , et que ce mot commence par une <« consonne ou un h aspiré :

1*** cas*

Marcher cinq kcinq {q sensible).

Ils sont neuf (/" sensible) dans celte chambre.

2*CflW.

Gin^ soldats (q nul).

Neuf hameaux ( f nul ).

« Linterposition d'un mot entre Tadjectif et le substantif exerce , « sur la prononciation du nombre , la même influence que si c'était « le substantif nombre lui-même :

Hui^ {t sonore) intrépides ma- 1 Sept (t nul) gros enfants, rins. I

« B. Nulle dans vingt , employé seul ou suivi d'un mot commen- <" çant par une consonne ou un ^ aspiré, la lettre t sonne devant une « voyelle ou un h muet, et dans vingt-un, vingt-deux, et la série de « nombre où il se trouve jusqu'à trente :

2* cas.

1" cas.

Arithmétique. Il» sont viug^ (t nul).

Ving^ livres (t nul).

Ving^ héros {t nul).

Viug^ (l sensible) ares de terre.

Ving^ (^ sensible) hommes.

Ils étaient ving^ (t sensible) trois.

« Le ^ de quatre-vingts ne se fait jamais sentir * . »

En fait de langues, les petits moyens ont souvent d'excellents effets. Nous avons vu, par exemple, des enfants qui ne pouvaient parvenir à énoncer les nombres sans difficulté ni hésitation. Ils les connaissaient parfaitement tant qu^on les leur présentait dans Tordre naturel ; mais du moment que cet ordre était interverti, ils ne savaient pour ainsi dire plus rien. Un loto, un jeu d'oie, renouvelé des Grecs, grâce aux chamailles qui ne manquent jamais entre les petits joueurs, leur avaient bientôt rendu la numération aussi familière en français que dans leur langue maternelle.

* Nouvelle Grammaire française, à l'usage des Allemands.

BéflUltAt».

Au point où sont arrivés nos élèves , ils doivent savoir :

1® Lire couramment;

2** Comprendre tout ce qu'ils entendeni dire sur les choses ordinaires de la vie : leurs devoirs^ leurs, jeux j leurs occupations journalières^ leurs petites relations sociales ^ etc., etc.;

3° Soutenir la conversation en assez bon français.

En Grammaire, ils doivent :

4® Connattre la première partie tout entière , et ce quiljr a de plus indispensable à sa^wr dons la Sjrntaxe, Ils doivent surtout être de première force sur les Verbes ^ la plus importante partie du discours [Ferbum, parole!], et pouvoir conjuguer, sans broncher^ le plus grand nombre des Verbes irréguliers.

Si nos élèves sont en état de remplir ce petit Programme, ils sont en bon chemin, et nous devons envisager l'avenir avec confiance.

S'ils en sont incapables, ne disons point encore : Opéra et impensa periitl mais remettons-les impi-

Résultats.

toyablement aux Éléments, dût se borner là tout ce qu'ils apprendront de français dans le cours de leurs études. Peut-être en saurynt-ils un jour plus que maint grand garçon, plus que mainte grande demoiselle , dont le caquet incorrect et vulgaire donne une pauvre idée de toute leur éducation.

Un maître de langue ne doit jamais, en règle générale, transiger sur ses principes^ à moins cependant

que sa bourse, son estomac Dieu du ciel, il y a

tant de misères ici-bas !

On reiicoûtre en tous pays des mamans qui vous disent , avec un air de complaisam^e : « Monsieur, a voilà ma fille; elle à passé six^ sept, huit fois sa (( grammaire; aye2 la bonté de lui commM«èr la lit- « térature. i> Vous adresses quelques pètitèA questions à la jeune personne, et, effectivement, vous découvrez qu'en Grammaire elle a passé tout, absôlumem; tout. Que faire en pareille circonstapoe? Remettre la demoisetle dans la voM où elle a paôfié sâlE^s y laisser traee de ses pas légers, à moins oepetidaiiii que la figure mécontente de la tendre mère^ à moiûs surtout que la bourse, que Teètomiic du maître dô langue.. .. Dieu, du ciel, il y à tant et tant de mièëres ici-bas ! ! !

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