CHAPITRE PREMIER
tes les difficultés que la langue offre aux Étrangers. Nous avouons avec plaisir que c'est là, pour quel- grammairr. qoes grammairiens de circonstance, une occasion* d'étaler une érudition et une profondeur brillantes et peu coûteuses; mais voilà, tout. Un grammairien doit être avare de règles de détail ; les principes généraux du langage doivent absorber toute son attention : le reste vient de soi^mètne. Et en vérité , n'est-il pas temps d'avoir un peu pitié de ces malheureuses petites cervelles d'écoliers, et de leur faire grâce de toutes nos pesantes et indigestes formules , qui ne sont propres qu'à leur inspirer, pne insurmontable aversion pour une langue dont on leur rend les abords si épineux ? Que résulte-t-il de cette fureur de faire des règles? On accumule erreur sur erreur, et , loin de hâter les progjrès de la science, on Tétouffe.
Notre intention n'est point de remplir ici le rôle de redresseur de torts grammaticaux; nous pensons néan* moins que c'est rendre service aux maîtres et instituteurs sérieux que de leur signaler certaines doctrines très-respectées , puisque personne n'y a touché jusqu'à présent, mais qui n'en sont pas moins entachées d'une évidente erreur.
Les grammairiens se sont transmis , d'âge en âge , des articles de foi que nous avons l'audace de ne point respecter. Nous serions heureux de faire partager notre salutaire incrédulité à tous nos lecteurs : ce serait autant de gagné pour ceux qui ont charge d'élèves, pour les élèves eux-mêmes. Il n'y a rien de plus difficile à faire entrer dans une cervelle et à conserver
Delà
dans une <1q9 cases de la mémoire qu'une règle fausse, gnunmaijw. qui n'a aucuue raison d'être, qui est en contradictioti flagrante avec le sens commun, avec l'esprit d'une langue. Nous rangeons au nombre des plus incroya-r blés traditions grammaticales la règle que tous les grammairiens, grands et petits, modestes on follement entichés de leur supériorité prétendue, se passent les uns aux autres, avec grande vénération pour sa pou^ dreuse antiquité, qui se perd dans la nuit des temps, la règle H]ui déclare vague, indéterminé, le pronom soi. ' Le pronom soi un mot vague! Mais où a~t*on dé* couvert cela? Qu'est-ce qui nous autorise à dire de soi ce que nous n'oserions pas avancer de se^ qui est le naéme mot?
Et quand on pense que de Saint-Pétersbourg à Ma* drid, de Londres à Naples, en passant, proh pudor! par Paris, on enseigne, on ressasse une absurdité qui cherchera longtemps son égale dans toute autre science, et cela depuis que l'on écrit des grammaires frangées ! Peut-on bien se figurer ce qu'une erreur, m fût-ce même qu'une erreur ^mmatkale, produit de désordre dans les jeunes têtes où on l'introduit avec toute l'inflesibilité du fanatisme ? De quri profit n'e^ point, au contraire « pour de tendres esprits la psUte et modeste lumière dont on fait jaillir un rayon sur uoe doctrine erronée, qui se trouve, subitement et presque miraculeusemfOKt, passer du faux au vrai, dte l'iUogismeii la logique pure, inattaquable!
Voici JUi règle que noius avons pris la liberté de substitaier à celle de tous les grammairiens sur le prb*