‹ Étude et enseignement de la langue française à l'étrangerChapitre 55 sur 147 · DE L'ARTICLE · texte numérisé non relu

DE L'ARTICLE

(Extrait d*un Traité /FA/Mlyse grammcaicfUe , inédite)

Quot capita. tôt sententi».

« Voici , à notre avis, le double rôle de l'article dans le discours :

« Dans la presque totalité des cas, sa fonction se borne à indiquer « que les mots qu'il précède, sont substantifs^ ou employés sxihstan- « tivement.

« Dans quelques cas seulement, il indique que le substantif est pris <v dans un sens déterminé ; mais Jamais il ne le détermine à la ma- « niére des adjectifs dits déterminatifs.

« La faculté déterminante des mots le, la, les, est absolument « nutle>, et si le substantif n'est point déterminé par une appositien

De la gniiiiiiiAire.

« OU par une circotistaiioe queleonque, ils te làisesnt toujours dans sa « plus grande exteDsion, comme, par exemple, dans cette phrafte :

Le cheval est utile à rhofnme.

« Retranchez les articles le et /', la phrase ne sera plus française , « il est vrai ; mais l'ettensien des mots cheval et /tomme, sera tou- « jours la même fu'auparavant, c*est*ft-dire , aussi grande que pos* « sible^ et, de plus, le sens de la phrase ne perdra rien de sa netteté. « Tout le monde , en effet, comprend ce que veut dire : cheval est « utile à homme.

«Si éfmcle, la^ les, accompagnent quelquefois un substantif corn* (f .I9MU pris dKns un sens déterminé, l'extension de cç substantif est « indiquée par des circonstances énoncées ou sous-entendues. Quand « je dis :

Le roit LÀ reine et us princes étaient au suj^taele,

« les substantifs roi^ reine, princes^ spectacle^ ne sont pris dans un f( sens déterminé que parce qu'on sait d'avance de quel roi, de quelle K reine, de quels princes, de quel spectacle je veux parler. Les ar- « ticles /e, la, les, doivent dene iei Tapparence de leur rôle détermi- <• nant aux circonstances quî me permettent de passer sous silence le « nom de la race ou du pays de cette famftle royale, akisi que le nom « du spectacle en question.

« Et il faut bien qu'il en soit ainsi, car que deviendraient les lan- « gués sans article, comme le russe et le polonais, par exemple ?

« Nous terminerons cette courte digression, en appuyant notre « manière de voir d'exemples qui , nous osons l'espérer, achèveront « de porter la conviction dans l'esprit de Tobservateur impartial.

On dit avec l'article :

£lisa rentra dans ce momeut, et vint racouter à son père ce qui venait de se passer entre les deux Savoyards. J. N. Bouillt.

Lks deux Savoyards, c'est

nmnme 8*il y avait : les deux Sa-

On dit sans article :

Ëlisa rentra dans ce mojaaejit, et vint raconter à son père ce qui venait de se passer entre deux Savoyards,

Dans cette phrase, sans aitide, deux Savoyards a vn sens tout au-

Page 1