‹ Étude et enseignement de la langue française à l'étrangerChapitre 83 sur 147 · CHAPITRE LXYI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXYI

A Tune des extrémités de ce terre-plein était le logement du surintendant; à l'autre demeurait un caporal a\ec sa femme et un petit enfant. Quand je voyais sortir quelqu'un de ces habitations , je me levaiSy et je m'approchais de la personne ou des personnes qui sortaient, et j étais comblé par elles de marques de politesse et de compassion.

La femme du surintendant était malade depuis longtemps, et dépérissait lentement. Elle se faisait quelquefois porter au grand air sur un canapé. Je ne saurais dire à quel point elle s'attendrissait en m'exprimant la pitié qu'elle ressentait pour nous tous. Son regard était très-doux et timide, et, malgré sa timidité, s'attachait parfois avec une confiance excessive et curieuse sur le regard de celui qui lui parlait.

Je lui dis un jour en souriant :

— Savez-vous, Madame, que vous ressemblez à une personne qui me fut chère?

Elle rougit, et répondit avec une

' Parigi, Baudry, libreria Ëuropea, 1833.

" Traduetion de madame Woillez. Ad. Marne et Cv, Tours, 1851.

Delà traduction.

amabile simplicità : — Non vi dimenticate dunque di me, quando sarô morta ; pregate per la povera anima mia, e pei figluolini che lascio sulla terra. —

Da quel giorno in poi, non potè più ascire del letto; non la vidi più. Langui ancora alcuni roesi, poi mori.

Ella avea tre figli, belli corne amorini, ed uno ancor lattante. La sventurata abbracciaveli spessb in mia presenza, e diceva : — Chi sa quai donna diventerà lor madré dopo di me! Chiunque sia dessa, il Signore le dia viscère di madré , anche pe* figli non nati da lei ! — E piangeva.

Mille volte mi son ricordato di quel suo prego et di quelle lagrime.

Quand* ell$ non era più, io abbracciava talvolta que' fanciuUi, e m' inteneriva, e ripeteva quel prego materno. E pensava alla madré mia, ed agli ardenti voti che il suo amantissimo cuore alzava senza dubbio per me, e con singhiozzi io sclamava : — Oh più felice quella madré che, morendo, abbandona Agliuoli inadultè , di quella che dopo averli allevati con infinité cure, se li vede rapire ! —

Due buone vecchie solevano essere con quei fanciuUi : una era la madré del soprintendente , Taltra la zia. VoUero sapere tutta la mia storia, ed io loro la raccontai in compendio.

— Quanto siamo infelici, diceano coir espressione del più vero dolore, di non potervi giovare in nul-

simplicité aimable et sérieuse : — Ne m'oubliez donc pas quand je serai morte ; priez pour ma pauvre âme, et pour les petits enfants que je laisserai sur la terre.

Depuis ce jour^ elle ne quitta pas son lit ; je ne la revis plus. Elle languit encore quelques mois, et mourut.

Elle avait trois tils, beaux comme des petits Amours, et dont un était encore à la mamelle. Souvent l'infortunée les avait embrassés en ma présente , en disant : — Qui sait quelle femme deviendra leur mère après moi ! Quelle qu'elle soit, que le Seigneur lui donne des entrailles de mère, même pour les enfants qui ne sont pas nés d'elle i — Et elle pleurait.

Mille fois je me suis rappelé sa prière et ses larmes.

Quand elle ne fut plus,* j'embrassais quelquefois ses enfants, et je m'attendrissais en répétant cette prière maternelle. Je pensais alors à ma mère, aux vœux ardents que son cœur si tendre formait sans doute pour moi v et je m'écriais en sanglotant : « Oh! mille fois plus heureuse est encore cette mère qui laisse en mourant ses enfants en bas âge, que celle qui se les voit ravir après les avoir élevés! »

Deux bonnes vieilles avaient coutume d'être avec ces enfants : l'une était la mère du surintendant, l'antre sa tante. Elles voulurent savoir toute mon histoire, et je la .

leur racontai en abrégé.

— Que nous sommes malheureuses, disaientHslIes avec Texpression de la plus sincère douleur, de

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