CHAPITRE CliNQUIÈME
Il guérit mes remords , il m*arme de constance : Les malheureux sont ses enfants.
Mes ennemis , riant , ont dit dans leur colère :
Qu'il meure, et sa gloire avec lui !
Mais à mon cœur calmé le Seigneur dit en père :
Leur haine sera ton appui !
Soyez béni, mon Dieu, vous qui daignez me rendre
L'innocence et son noble orgueil ; Vous qui , pour protéger le repos de ma cendre ,
Veillerez près de mon cercueil !
Au banquet de la vie, infortuné convive,
J'apparus un jour, et je meurs ; Je meurs , et sur la tombe où lentement j*arrive ,
Nul ne viendra verser des pleurs.
Salut, champs que j'aimais, et vous, douce verdure ,
Et vous , riant exil des bois !
Ciel , pavillon de l'homme , admirable nature ,
Salut pour la dernière fois !
Ah ! puissent voir longtemps votre beauté sacrée
Tant d'amis sourds à mes adieux !
Qu'ils meurent pleins de jours, que leur mort soit pleurée,
Qu'un ami leur ferme les yeux !
Des vers
mis en prose.
ADIEUX A LA VIE, stances de Gilbert mtses en prose.
J'ai confessé mrs fautes au Dieu de la pureté; il a vu mon repentir et mes larmes ; il calme les reproches de ma conscience ; il fortifie ma persévérance : il est le père des infortunés.
Mes adversaires, triomphants, se sont écriés dans leur courroux :
Des vers mis
Qu'il périsse , lui et sa renommée ! Mais Dieu adresse à mon âme tranquillisée ces paroles paternelles : Leur aversion sera ton soutien, en prose. Je VOUS bénis , Seigneur, vous dont la bonté me rend la pureté et sa fierté généreuse ; vous qui , pour défendre le sommeil de mes cendres, protégerez mon tombeau !
Malheureux que je suis , convié au festin de rexistenee, je ne fis que paraître, et je succombe; je succombe , et personne ne viendra répandre une larme sur la fosse dont j'approche à pas lents.
Adieu, campagne que je chérissais, et toi , délicieuse verdure, et toi, agréable solitude des forêts ! Cieux , tente des humains, magnifique nature , recevez mes derniers adieux !
Ah ! que ceux dont Famitié ne veut point recevoir mes derniers saints , jouissent longuement de vos charmes divins ! Que, mourant dans une vieillesse avancée, ils fassent naître des regrets, qu'une main amie close leur paupière !