‹ Étude et Traitement de la Méningite TuberculeuseChapitre 26 sur 66 · C.CONSTANTIN · texte numérisé non relu

C.CONSTANTIN

F1G. 9. — Lapin au huilième jour d’inoculalion. Imprégnation de Bielschowsky. Lobe frontal. Région des cellules pyramidales moyennes. On remarquera les granulalions irrégulières, marginales, disposées autour du contour sinueux des corps cellulaires.

à préciser, car les premières lésions, siégeant dans la couche des cellules pyramidales moyennes, n’atteignent d’abord que des cellules isolées parmi d’autres cellules en apparence intactes. Parfois, c’est un groupement de quatre à cinq cellules qui est altéré. Ces lésions consistent en un aspect œdématié du corps cellulaire, qui se colore mal, et dont les éléments basophiles deviennent flous.

Déjà, vers le dixième ou le douzième jour, les images pathologiques

sont bien plus nettes, bien qu’inégalement avancées d’un lapin à l’autre, malgré le même temps d’inoculation. Les altérations portent sur un plus grand nombre de cellules, qui deviennent globuleuses, tandis les corps chromatophiles sont transformés en une poussière à peine visible.

Notre figure 10 rend compte du maximum de lésions que nous ayons

Fi. 10. — Lapin au dix-seplième jour d’inoculation. Coloration de Nissl. Région des cellules pyramidales moyennes. Œdème marqué des corps cellulaires, portant surtout sur la région supra-nucléaire. Refoulement de la substance chromidiale à la base, où s’agglomèrent les blocs chromatiques. Quelques cellules atrophiées et hypercolorées ont un aspect presque pycnotique (b). Apparition de cellules en bâtonnet (ec). En a, cellule pyramidale à peu près normale.

observées chez un lapin sacrifié mourant au dix-septième jour d’inoculation. On voit combien les corps cellulaires sont œdématiés, spécialement dans Ja région supra-nucléaire. La substance chromidiale est refoulée vers la base de la cellule, comme le nucléole et le noyau. Les blocs chromatiques sont d’ailleurs agglomérés, et à contour très imprécis.

On dirait que toute cette substance chromidiale s’est réfugiée le plus loin

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possible de la méninge, comme si les bacilles de Koch et leurs poisons, qui y sont abondants, étaient les agents de la chromatolyse.

Quelques cellules conservent malgré tout un aspect à peu près normal, garantie contre les erreurs de technique. D’autres cellules éparses présentent un type différent d’altération moins fréquente, consistant en une atrophie du corps cellulaire. La cellule hypercolorée se rétracte, et prend un aspect presque pycnotique. On voit d'autre part apparaître quelques cellules en bâtonnet. Mais il y a lieu de noter en ce point l’absence de multiplication de corpuscules satellites.

Au total, qu’il s'agisse de phénomènes nécrotiques à un stade plus ou moins avancé, ou qu’il s'agisse d’atrophie cellulaire, on voit que les cellules pyramidales sont le siège d'une dégénérescence grave. Si les lésions sont plus marquées dans la couche des cellules pyramidales moyennes, elles existent aussi dans les couches profondes, comme nous l'avons déjà vu pour la microglie. D’autre part, il n’y a pas de corrélation topographique entre l’importance des lésions méningées et l’intensité

de l’atteinte des cellules neuro-ganglionnaires.

2° MÉTHODE DE BIELSCHOWSKY. — Cette méthode nous a fourni des renseignements très précieux, car elle apporte elle aussi la preuve des lésions précoces. En effet, notre figure 10, représentant la couche des cellules pyramidales moyennes au niveau de lécorce pariétale, chez un lapin au sixième jour d’inoculation, montre déjà des lésions importantes. Les cellules neuro-ganglionnaires présentent des signes nets de fibrolyse. C’est surtout la région périnucléaire qui est atteinte. Le fin réseau endocellulaire de neurofibrilles a disparu entièrement. La cellule prend un aspect rétracté, craquelé de fruit sec, et le contour polycyclique, festonné, de la marge des corps cellulaires, est caractéristique de la lésion. Les fibrilles sont remplacées par des granulations irrégulières, qui se disposent inégalement à la périphérie de la cellule. Quelques cellules plus atteintes encore sont en voie d’atrophie.

Malgré la précocité de l’atteinte neuro-ganglionnaire, et sa généralisation aux stades plus avancés de la maladie, il y a lieu de remarquer qu'il n’y a pas de lésion constatable au niveau du réseau fibrillaire amyélinique, dont l’imprégnation reste très régulière. Les fibres tangentielles

radiaires ne montrent aucune altération notable.

3° MÉrHoDE DE MANN. -- Elle ne nous à pas permis de découvrir

d’inclusions oxyphiles.

Le tronc cérébral.

Nous avons aussi examiné le tronc cérébral par la méthode de Nissl. Nous y avons constaté d’une part une méningite basilaire, d'autre part des lésions variables d’épendymite, étendues au plancher du quatrième ventricule.

Ces lésions épendymaires nous semblent responsables des dégénérescences des divers noyaux bulbaires. Ces noyaux se trouvant immédiatement au contact de l’'épendyme ou de la couche gliale sous-épendymaire, toute altération juxta-épendymaire retentit fatalement sur les noyaux sous-jacents.

Nous n’avons pu observer de prédominance sur l’un de ces noyaux. Les cellules nerveuses montrent des lésions variables de pycnose ou de liquéfaction cellulaire. La névroglie et surtout la microglie sont en multiplication. On observe des infiltrats désignés tacitement sous le nom de nodules névrogliques, qui sont en réalité des amas de microgliocytes.

Les lésions ne sont jamais suffisamment intenses pour amener une disparition complète des cellules nerveuses, que l’on retrouve toujours en nombre sensiblement normal.

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