OBSERVATION V
(tranmise par le D' VERHAEGHE, de Vieux-Condé [Nord|).
M'° L.., cinq ans, sans antécédents familiaux ou personnels, à part un érysipèle à l’âge de deux ans, habituellement gaie et bien portante, devient triste et anorexique vers le milieu de juin 1930.
Le 28 juillet, elle se plaint de la tête, a un vomissement avec ascension thermique à 38°, et somnole.
Le 30 juillet, on constate, outre une céphalée persistante, une légère raideur de la nuque, accompagnée de signe de Kernig. L’enfant ne s’alimente plus et somnole presque continuellement.
Le 31 juillet, une ponction lombaire fournit un liquide clair, contenant 52 éléments par millimètre cube, dont 90 % de lymphocytes et 10 % de polynucléaires. Albumine, 0,40; chlorures, 7 gr. 28. Pas de germes à l’examen direct. On pense à une réaction lymphocytaire bénigne, mais l’état de l’enfant restant stationnaire, une nouvelle ponction lombaire est faite le 4 août et le docteur Crampon, médecin des hôpitaux, attaché à l’Institut Pasteur de Lille, y découvre cette fois quelque bacilles de Koch, avec la même formule Jeucocytaire qu’au premier examen.
Dès le lendemain 5 août, on injecte 40 centimètres cubes de sérum de Jousset sous la peau. Etat stationnaire.
Le 8 août, 1/8 de milligramme d’allergine est injecté par la voie souscutanée, Une amélioration sensible se fait sentir dès le lendemain. Les symptômes méningés sont en régression. La raideur de la nuque diminue et l’enfant, très présente, demande à s’alimenter.
Le 10 août, injection de 20 centimètres cubes de sérum de Jousset.
Le 13 août, injection sous-cutanée de 1/8 de milligramme d’allergine et, le lendemain, encore 20 centimètres cubes de sérum.
Les progrès sont alors manifestes. Plus de raideur de la nuque; plus de céphalée. La température est redevenue normale; le pouls oscille entre 80 et 100. De petits incidents sériques : urticaire et arthralgies, amènent quelques clochers
Jousset.
thermiques, mais sans reprise des signes méningés, et durent jusqu’au 17 août, date à laquelle le Kernig commence aussi à disparaître, tandis que l’appétit est excellent. La réflectivité est normale.
Par mesure de prudence, on continue le traitement par l’allergine jusqu’au 10 octobre, à la dose de 1/4 de milligramme toutes les semaines. Les dernières piqûres ne donnent d’ailleurs plus aucune réaction. L’enfant commence à se lever vers le 20 septembre 1930. Elle ne présente aucune séquelle nerveuse.
llergine 7/g°mgr.