‹ Étude et Traitement de la Méningite TuberculeuseChapitre 41 sur 66 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

(due à l’obligeance du D' LACET, d’Ardres).

M'e P. (S.) est âgée de dix-sept ans. Ses antécédents héréditaires sont excellents. Elle a un frère et trois sœurs, dont l’une a un lupus de la face. Rien de notable n’est à signaler pendant son enfance. Vers l’âge de quinze ans, au cours d’une croissance rapide, son médecin la soigne pour une lésion du sommet pulmonaire gauche, avec-un léger fléchissement de l’état général, qui s'arrange par le repos. En juillet 1930, elle maigrit. En août, ictère catarrhal

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apyrétique. L’appétit disparaît totalement. L’asthénie, l’amaigrissement deviennent considérables. La température, cependant, est normale. L’examen somatique est négatif. L'état s'aggrave assez brusquement le 29 novembre. La malade devient somnolente, présente de l’incohérence verbale, ne reconnaît plus son entourage.

Je la vois pour la première fois le 1** décembre : tout espoir semblait perdu. L’émaciation, la dénutrition sont extrêmes. L’aspect est léthargique : paupières ptosées, pupilles dilatées, rigides, facies immobile. Aucune parole, aucun mouvement. Respiration suspirieuse. Pouls, 120 ; température, 38°5. La langue et Iles lèvres sont sèches. L’haleine est acétonémique. Pas de sucre urinaire, traces d’albumine. Kernig. La tension fémorale (le biceps flotte dans le brassard du Pachon) est de 9 1/2-5, avec un indice oscillométrique de 1.

Ponction lombaire le 4 décembre. L’analyse du liquide céphalo-rachidien montre un liquide clair, un culot de centrifugation assez important. Albumine, 0,60. Sucre normal. Examen direct et Gram ; quelques hématies, assez nombreux lymphocytes, pas de microbes. Col. Ziehl, après centrifugation : présence de bacilles de Koch.

A partir du 3 décembre, il sera fait 15 unités d’insuline quotidiennes pendant vingt jours. Le traitement par l’allergine est institué le 9. La première injection de 1/8° de milligramme détermine une réaction assez vive, quoique bien supportée (39°4 dans la soirée). Seconde injection de 1/4 de milligramme le 11. Le surlendemain, détente légère, déglutition plus facile. Pouls, 100 ; température, 38°.

Le 18 décembre, allergine : réaction vive, nuit agitée.

Le 20, pouls, 80 ; la température est aux environs de 37°5, pendant une semaine.

Le 30, allergine.

Le 31, pouls, 68 ; température, 37° le matin, 37°2 le soir. L’allergine sera injectée tous les quinze à vingt jours. A ma piqûre du 11 février, la température est pour la première fois au-dessous de 37°.

Chaque injection déclenche un palier d’amélioration très nette. Parallèlement aux signes capitaux du pouls et de la température que je viens de noter, c’est le retour des réflexes pupillaires. le réveil de la lucidité, de lintelligence, de la parole, de la mémoire. La ration alimentaire devient substantielle. La mine est reposée et souriante. A ma dernière visite, la jeune fille se lève, marche seule, peut se livrer à de menus travaux de couture : elle renaît à la vie.

En mars 1933, cette jeune fille est en bonne santé.

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