‹ Étude et Traitement de la Méningite TuberculeuseChapitre 47 sur 66 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

(due à l’obligeance des D'° P. GuÉRIN et HouLIÉ, de Paris).

I1 s’agit d’un jeune garçon de quatorze ans, né de parents bien portants, ayant eu, à l’âge de sept ans, la rougeole, puis la varicelle et la coqueluche, qui ne paraissent pas avoir laissé de traces. À neuf ans, il est atteint à plusieurs reprises de rhumatisme articulaire, sans complication cardiaque. En 1930, ictère de nature indéterminée. En juin 1931, l’enfant se surmène, devient irritable, taciturne et sans gaieté. Le 9 juillet, il va encore à l’école, mais il revient avec une céphalée intense, des troubles vaso-moteurs de la face et une température à 40°. Le 13 juillet, la famille appelle le médecin. Le premier examen ne révèle que quelques signes pulmonaires discrets et fugaces.

Le 14, la céphalée est extrêmement marquée et quelques signes méningés apparaissent : raideur, Kernig, constipation opiniâtre et deux vomissements. On pense successivement à une fièvre typhoïde, mais le séro-diagnostic est négatif ; puis à une syphilis méningée, de sorte que le malade est soumis au traitement mercuriel.

Le 18, l’état de l’enfant s’est beaucoup aggravé. La céphalée est de plus en plus violente, la raideur intense, ainsi que le Kernig; les réflexes sont exagérés. On note aussi, pour la première fois, des troubles oculaires (strabisme interne). Le docteur Guérin fait alors une ponction lombaire, qui donne issue à un liquide clair, hypertendu, et sans attendre le résultat de l’examen, il fait une injection sous-cutanée de 1/4 de milligramme d’allergine. |

Le 19 juillet, la température baisse un peu. Nouvelle injection de 1 demimilligramme d’allergine.

Le 20 juillet, la cuti-réaction, faite quarante-huit heures auparavant, est très fortement positive, du type évolutif en cocarde. L’examen du liquide céphalo-rachidien a montré, outre une leucocytose moyenne avec 62 % de lymphocytes, la présence de bacilles de Koch rares, isolés, granuleux. Albumine, 0,32. Injection de 1 demi-milligramme d’allergine.

A partir de ce moment, une amélioration manifeste augmente de jour en jour, portant d’abord sur la céphalée, la raideur et la baisse de température. On continue les piqûres d’allergine au rythme de 1 demi-milligramme tous les quatre jours. Chaque piqûre est suivie d’une réaction thermique avec eéphalée bi-temporale. Dans l'intervalle, l’enfant reprend sa gaieté et s’alimente presque normalement. Seul le pouls reste irrégulier, pendant une quinzaine de jours. La réaction de Vernes: à la résorcine est à 33 dans le sang.

Le 4 août, l’état est excellent. La souplesse de la tête et du tronc est parfaite ; la céphalée a complètement disparu ; l’enfant se lève et lit sans effort. Les injections d’allergine sont cependant continuées par mesure de prudence, mais en les espaçant d’abord à huitaine, puis tous les quinze jours. Départ à la campagne.

Une nouvelle ponction lombaire, faite dans le courant de l’hiver 1931-32,

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