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124 LA MÉNINGITE TUBERGULEUSE
LE CARACTÈRE PRIMITIF OU SECONDAIRE de la méningite tuberculeuse ne porte par lui-même aucune signification pronostique, nos cas guéris s'appliquant tantôt à des formes en apparence primitive, tantôt à des formes nettement secondaires (type épisodique).
LA GUÉRISON S’AMORCE TRÈS RAPIDEMENT, et quand elle doit se produire, l’amélioration s’annonce dès les premiers jours du traitement, parfois au lendemain de la première piqûre.
L’ABSENCE DE SÉQUELLES est un fait constant, dont il est inutile de souligner toute la valeur.
On pourrait nous reprocher de compter parmi les succès deux cas (obs. I et IIL), qui se sont terminés par la mort. Ce reproche n’est qu’en partie fondé, car dans ces deux observations, il s’est agi certainement de tubercules cérébraux. L’autopsie l’a démontré dans un cas. Ce qui demeure à l'actif de l’allergine, c’est l’arrêt des poussées aiguës, qui eussent pu devenir immédiatement mortelles sans médication. Mais l’allergine devait être fatalement inopérante sur la tumeur elle-même.
D'ailleurs, dans la liste classique des cas spontanément guéris, dont on trouvera le tableau synoptique plus loin, les récidives mortelles sont signalées chez 6 sujets. Quant aux autres, ils n’ont été suivis que peu de temps (quatre ans au plus, quelques mois pour la plupart). Les auteurs n’ont cependant pas hésité à publier ces observations comme des guérisons.
Dira-t-on que, chez nos malades, l’avenir n’est pas assuré, et qu’ils représentent non des guérisons, mais des « rémissions » plus ou moins longues ? Pourquoi serait-on plus difficile pour eux que pour les autres ?
Guérison ou rémission ?
Nous répondrons à cette question, d’ordre très général, que semblable doute pourrait s’appliquer à toutes les autres localisations de la tuberculose, en sorte qu’il deviendrait impossible de parler de guérison chez tout sujet ayant été à un moment donné de son existence atteint par le bacille de Koch. Ce problème est de trop large envergure pour que nous puissions l’aborder ici. Nous dirons seulement qu’il y a lieu de l’envisager sous deux angles différents : la théorie et la pratique.
Il est possible qu’un ancien bacillaire ne puisse jamais « scientifique-
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ment » se dire guéri, mais si ce sujet peut reprendre sans perturbations sa vie antérieure, s’il mène la vie de « tout le monde » pendant des années tout en conservant un aspect floride, on conviendra qu’il peut pratiquement être considéré comme guéri, et c’est en ce cas la pratique qui a raison contre la théorie.
Or, nos méningitiques ont tous repris leur activité fonctionnelle, sauf le sujet de l’observation X qui ne résistera sans doute pas longtemps à son atteinte pulmonaire. Deux femmes ont pu, sans incident, mener à bien grossesse et lactation, et l’on conviendra que cette épreuve physiologique constitue le test le plus sûr de résistance. Par ailleurs, il est certain que plus lépisode morbide est éloigné, plus la guérison offre de chances de stabilité. Or, nous n’avons publié que les cas remontant à un minimum de seize mois. Le docteur Jousset s’est refusé à la publication des six cas guéris qui ne datent que de quelques mois. Nous croyons donc avoir été, dans cet ordre d’idées, des juges très sévères...
Si le test pratique de guérison est constitué par la reprise de la vie habituelle, sans diminution des capacités fonctionnelles antérieures, et ceci pendant une durée minima d’un an (période au cours de laquelle les rechutes sont le plus fréquentes), il existe aussi un test scientifique de guérison auquel nous avons fait allusion dans notre chapitre concernant le liquide céphalo-rachidien. Nous voulons parler de la régénération parfaite du liquide céphalo-rachidien, dont la formule cytologique et chimique doit être redevenue absolument normale. Comme dans la syphilis, tout sujet dont le liquide céphalo-rachidien contiendra plus de 2 lymphocytes par millimètre cube doit être considéré comme imparfaitement guéri et tenu pour suspect, c’est-à-dire traité longuement par l’allergine. Cette restilutio ad integrum est parfois lente à se produire et nous avons vu la guérison clinique précéder de plusieurs mois la guérison anatomique. On peut d’ailleurs rarement vérifier l’intégrité du liquide, car la plupart des malades sont hostiles à de nouvelles ponctions lombaires une fois guéris, ce qui est fâcheux, car ils ne savent pas à quoi ils sont exposés. Nous ne saurions trop le répéter, cette analyse constitue un élément essentiel du pronostic.
En tout cas, l’excellent état général, l’absence remarquable de séquelles (1), nous donnent lieu d’espérer que nos malades sont guéris, et bien guéris. Ils sont d’ailleurs suivis d’une manière régulière.
(A) C’est là un fait très général dans les vraies guérisons.