MÉCANISME DE LA GUÉRISON PAR L’'ALLERGINE
Ces constatations faites, essayons maintenant de comprendre le mécanisme de l’action de l’allergine sur les centres nerveux et les méninges atteints par les bacilles.
Si nous ne pouvons, en beaucoup de cas, émettre que des hypothèses, elles n’en sont pas moins intéressantes par les considérations générales qu’elles soulèvent. L’allergine, avons-nous dit plus haut, agit en obligeant les foyers tuberculeux, quels qu’ils soient, à une réaction qui libère leurs toxines et appelle une lutte générale de l’organisme contre les poisons mis en circulation, mécanisme déjà invoqué par Wright, promoteur de la vaccinothérapie, qui en faisait un moyen de généraliser ce qui est local, afin, disait-il, de « faire travailler les parties saines au profit des parties malades ».
Après injection d’allergine, quel que soit le siège des foyers malades, se produira donc une réaction. De ce foyer partent des poisons que les parties saines de l’organisme se chargent de neutraliser.
Il est certain que, même injectée par la voie sous-cutanée, l’allergine va stimuler les foyers méningés, puisqu'elle produit une recrudescence des symptômes cérébraux (céphalée, excitation, etc...) nécessitant parfois une ponction lombaire hâtive. Nous sommes donc en désaccord avec Neumann et bien d’autres auteurs qui, parlant de la tuberculinothérapie,
invoquent une barrière anatomique qui obligerait à introduire le médicament ën situ.
Mais ici intervient une grosse difficulté.
Notre étude expérimentale nous a amenée à conclure que la gravité de la méningite tuberculeuse résulte de l’action sur les cellules nerveuses des poisons bacillaires diffusibles, intervenant surtout sur les noyaux bulbaires. Or, l’allergine agit précisément en obligeant les foyers tuberculeux à libérer leurs toxines, libération indispensable à la préparation des anticorps bienfaisants.
Mais cette libération est-elle sans inconvénients ?
Rien ne dit que le choc réactionnel ne va pas porter sur les cellules nerveuses déjà touchées, imposant au plus fragile des tissus des réactions histolytiques fâcheuses, troublant ainsi ou supprimant des régions indis-
pensables à la vie. Ce qui est, à la rigueur, possible dans les départements