NOTICE HISTORIQUE. — APPROBATION DU ROB
Malgré une longue expérience toujours couronnée de succès, il est utile de ramener l'attention publique à ridée que le Rob antisyphilitique de Boyveau-Laffecteur est une des plus heureuses découvertes dont la médecine puisse s'honorer. C'est à cette multitude de malades guéris radicalement, c'est aux hommes de l'art vieillis dans une routine meurtrière , et que les cures étonnantes opérées sous leurs yeux par ce remède ont amenés à un mode de traitement moins dangereux et plus certain, qu'il convient d'en appeler. De pareils suffrages ne peuvent être suspects ; ils parlent d'eux-mêmes avec éloquence, et ils étoufferont toujours les vains efforts de la calomnie ou de la malveillance, et conserveront à ce spécifique la confiance qu'il mérite et qu'il a obtenue.
Il est évidemment prouvé, depuis nombre d'années , que le Rob guérit tous les maux syphilitiques ; que , loin d'affaiblir l'économie animale, comme le font toutes les préparations mercurielles, il augmente au contraire son activité. Si on le considère sous le rapport de sa sûreté , elle est démontrée par les suffrages de la Société de
médecine, par les succès qui ont constamment suivi son emploi; enfin sa composition végétale ne peut être mise en doute après les épreuves par lesquelles il a passé lors de sa découv- rte, et dont le résultat a été publié par les chimistes les plus distingués.
Si des praticiens se sont élevés injustement contre le Rob antisyphilitique, d'autres, après avoir étudié avec soin et impartialité ses nombreux succès, le regardent comme un n mède tiès-utile et l'emploient très-souvent comme l'unique ressource dms tous les cas désespérés de syphilis. L'approbation des uns dédommage de l'injustice des autres.
Parmi les suffrages scientifiques accordés au Rob Boyveau-Laffecteur, nous citerons l'article du grand Dictionnaire des Sciences médicales, en 60 volumes, pub i4 par PankOucke.
En relatant ici une partie de cet article, nous rappelons sans doute une chose flatteuse pour nous ; mais nous donnons aussi au public le moyen (la s'éclairer sur une question qui renferme un si haut degré d'intérêt général : pouvons-nous mi' ux faire que d'invoqu r les véritables arbitres sur la matière, c'est-à-dire les maîtres de l'ait?
Extrait du Dictionnaire des Sciences médicales.
rob aistisypiulitique de laffecteur. — La réputation dont jouit ce remède dans presque toutes les parties du monde civi'sa exige qu'on lui consacre ici un article spécial. La puissance du Rob contre les affections syphilitiques les plus graves et les plus alarmantes a été, depuis plus de cinquante ans, tant de fois constate dans tant de lieux divers, qu'il n'est plus permis aujourd'hui de mettre en question si ce remède peut être considéré comme un des moyens les plus utiles que possède l'art de guérir. Peu de méde. ins ont autant manié ce médicament que l'auteur de cet article ; une juste défiance de tout remède secret le lit longtemps hésiter d'en conseiller l'usage ; mais plusieurs succès éclatants, qu'il eut occasion de remarquer, vainquirent sa répugnance ; et depuis près de vingt-cinq ans qu'il prescrit le Rob à ses malades , il ne l'a jamais vu échouer une seuie lois sur plus d'une centaine de sujets.
Laffecteur annonce que son Rob guérit les « écrouelles, humeurs froides et tumeurs scrofuleuses, et toutes les maladies chroniques qui ont pour cause un vice vénérien occulte, héiéditaire et dégénéré.» Cette proposition n'est vraie que pour ce qui est relatif aux diverses affections syphilitiques. Le Rob est impuissant contre les scrofules.
PAR GIRATJDEAU DE SAINT-GERVAI3. 7
Depuis qu'il n'a plus*été permis de douter de l'efficacité de ce remède, un grand nombre de médecins ont avancé que ce n'est qu'une composition mercurielle habilement déguisée. Si l'on en croit au contraire Laffecteur, le Rob ne contient aucune parcelle, de mercure, ni même aucune substance minérale; et ce n'est qu'une combinaison de plusieurs végétaux, la plupart provenant des contrées équatoriales les plus éloignéts de nous : le ton de franchise de son affirmation fait que l'on est tenté de l'en croire sur parole; et l'expérience semble confirmer son assertion, car ce remède, soumis à l'analyse chimique, ne laisse voir aucune portion mercurielle, et il ne pré.-ente, d,.ns son usage, au'un des inconvénients du mercure; on p ut l'ad.i, Livrer impunément, alors même que la syphilis se complique avec des maladies qui s'aggravent ordinairement par l'usage de ce n imral. C'est ainsi que l'on voit le scorbut, lorsqu'il accompagne les accidents vénériens, non-seulement ne point augmenter dans !e trait ment fait au moyen duRob, mais disparaître, sous son influence, avec la maladie principale. G -i fait a souvent été constaté d-ns les hôpitaux de la marine, et l'auteur de ctt article en a acquis la preuve chez plusieurs sujets attaqués de scoibut, auxquels il a administié le Rob avec un succès égal contre les deux maladies. Toutefois, on n'essayera point ici de démontrer l'absence du mercure dans la composition du Rob antisyphililique, dont la recette a été inconnue aux médecins. J'avoue, au surplus, que j'attache peu d'importance à la siluion de cette question. Qu'import ■, en effet, que le Rob contienne ou non du mercure, pimquil gué* it constamment les maladies vénériennes les plus graves, celles mêmes contre lesquelles les préparations m- rcurielles les plus variées avaient échoué, celles sui tout que l'usage des mercuriaux avaient le plus exaspérées? C'est, ce qu'attestèrent tous les praticiens qui ont conseillé l'usage du remède de Laffecteur ; c'eût ce qu'une longue expérience me permet d'atfirmer. Je me bornerai, toutefois , à rapporter à l'appui de ces assertions un seul des cas observés dans ma pratique.
M. V... faisait, depuis plus de dix ans, usage de diverses préparations mercuuelles, et spécialement du sublimé corrosif : il avait pris une quantité prodigieuse de ce dernier médicament, et ses maux s'étaient incessamment aggravés. Lorsque je le vis, il avait le gland envahi par un chancre dévorant; il avait sur le tibia des exostoses considérables et très-douloureuses; le voile du palais était rongé; son nez faisait place à un ulcère dégoûtant; il avait perdu toutes les dents de la mâchoire supérieure; il s'exhalait de tout son corps, et particulièrement de sa bouche, une odeur d'une telle fétidité, qu'elle infectait ton appartement, à tel point que ceux qui le visitaient se trouvaient prompte-
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ment incommodés en respirant dans l'atmosphère qui l'environnait. Ce malade , dévoré par une lièvre hectique , était tombé dans le dernier degré du marasme. Les médecins l'avaient abandonné, et il attendait à chaque instant, pour le délivrer de ses horribles souffrances , une mort que depuis longtemps il accusait d'arriver trop lentement. J'avais proposé, plusieurs mois auparavant, l'administration du Rob antisyphilitique, que mes confrères avaient impitoyablement refusé ; maintenant , le malade demandait à essayer de ce remède que j'hésitais de prescrire , craignant qu'il ne fût inutile à cette dernière extrémité ; toutefois, je cédai aux pressantes prières de l'infortuné patient. Dès les premiers jours, on remarqua une amélioration sensible chez le malade; à la sixième bouteille, c'est-à-dire au bout de vingtquatre ou vingt-cinq jours, la fièvre qui le consumait avait entièrement cessé, et tous les accidents disparurent lorsqu'il en eut pris douze. Il recouvra bientôt son ancienne vigueur. On remédia à la chute des dents et à la perforation du voile du palais par l'application d'un râtelier artificiel et d'un obturateur.
Laffecteur rapporte une multitude d'observations analogues, recueillies depuis une quarantaine d'années, et communiquées par les praticiens les plus distingués et les plus recommandables de la capitale et des grandes villes du royaume. 11 emploie son Rob, avec succès, contre toutes les affections syphilitiques; mais, en général, les médecins ny ont recours que dans les occasions où la syphilis, rebelle aux préparations mercurielles , s'est exaspérée : le succès de ce remède est alors infaillible, et il agit avec une rapidité qui étonne le praticien et console le malade. Ce remède est peut-être le plus puissant de tous contre les affections syphilitiques constitutionnelles, si variées et si redoutables.
Il convient de tracer ici, en peu de mots, l'histoire d'un médicament si remarquable.
Le propriétaire du Rob , après en avoir fait d'heureuses épreuves, se croyant assuré du succès dans tous les cas de syphilis, songea à remplir les formalités propres^ faire jouir le public d'un moyen favorable à sa santé, et qui devait aussi conduire celui qui en possédait le secret à une fortune rapide. En conséquence, Boy veau, ou plutôt Laffecteur (car c'est sous ce dernier nom qu'il se fit connaître), se présenta en 1776 à l'intendant de Paris pour lui demander des commissaires, afin de constater, par des expériences, la propriété antisyphilitique de son médicament. L'épreuve se fit aux casernes de Saint-Denis, sous la direefion de feu Poissonnier-Desperrières et de M. Lebreton, chirurgien très-distingué de la capitale ; on prit toutes les précautions propres à écarter l'idée de la fraude de la part de
Laffecteur : ainsi, les malades habitaient une chambre qui ne s'ou- .vrait qu'au moyen de trois clefs; chaque commissaire en avait une, et Laffecteur gardait la troisième. On posa en outre un factionnaire à la porte extérieure, et l'on plaça un surveillant dans l'appartement. Ces précautions, indiquées par Laffecteur lui-même , suffisaient pour l'empêcher de communiquer avec ses malades ; mais il en fallait prendre d'autres qui pussent garantir qu'il ne serait fait aucune addition au remède : on imagina de l'enfermer dans une armoire à trois clefs et qui ne pouvait s'ouvrir que de concert, avec les commissaires déjà nommés et l'auteur du spécifique. Laffecteur s'abstint de prendre aucune part à la préparation de la tisane et des aliments destinés aux trois malades. Ceux-ci , qui avaient été choisis parmi les plus dangereusement atteints, furent parfaitement guéris à Fépoque fixée d'avance par l'auteur du remède.
Après cette épreuve , on crut devoir en tenter une nouvelle sur un plus grand nombre de sujets, et l'on choisit à Bicêtre douze malades qui se trouvaient dans un état déplorable, et sur lesquels tous les remèdes connus avaient été vainement essayés. Les commissaires chargés de surveiller l'expérience étaient des hommes qui offraient les garanties les plus satisfaisantes , tant sous le rapport du savoir que sous 'celui d'une probité sans tache ; ce furent MM. Borie, Geoffroy, Poissonnier-Desperrières , Darcet, Paulet, Vicq-d'Azyr, Charles Leroy, Andry, Bucquet, Mauduyt et Vernier. Les douze malades ayant été radicalement guéris , le rapport des commissaires fut unanime en faveur de la bonté du remède. Mais il ne suffisait pas de constater que le Rob avait la propriété de guérir la syphilis, il fallait encore prouver qu'il ne contient pas de mercure.* Afin d'en obtenir la preuve, les commissaires invitèrent deux des plus célèbres chimistes de la capitale à soumettre le nouveau remède à l'analyse chimique : leur choix tomba sur Darcet et Bucquet; ils firent leurs expériences séparément et sans s'être communiqué leur procédé ; les résultats qu'ils obtinrent furent les mêmes, et ni l'un ni l'autre ne découvrit aucune trace de mercure dans le Rob. Cependant leur déclaration à ce sujet portait que, bien quils n'y eussent pas trouvé de mercure, ils n'osaient attester qu'il n'y en existât pas. Cette sage réticence fournit, pendant un assez long temps , des armes aux détracteurs de Laffecteur ; mais celui-ci , convaincu de l'efficacité comme de l'innocuité de son remède, n'hésita point de communiquer la recette au premier médecin du roi. De Lassone composa le médicament lui-même, et, l'ayant administré à plusieurs de ses malades, il en obtint le succès le plus satisfaisant. De Lassone chargea la Société royale de médecine de Paris des expériences convenables, et de diriger, à leur suite, un
rapport où seraient relatés les faits remarqués par eux. En effet, cette compagnie désigna sept, commissaire? dont voici les noms : de Las-, sone, Micquer, Geoffroy, Lorry, Bucquet, Poullier de h Salle, Montigny et le duc de la Rochefoucauit. Cette fois, les commissa res se ch rgèrent de préparer eux-mêmes le remède : Macquer, le plus habile clrmiste de cette -époque, se procura toutes les substances qui entrent dans sa composition. Douze malades, choisis parmi ceux qui offraient le moins d'espérances d-jns les hôpitaux de la capitale, furent traités par les commissaires de la Société royale de médecine, qui n'employèrent que leRob composé par Macquer; et les malades guérirent tous. Un succès aussi éclatant fut suivi du rapport dont voici les conclusions : « La Société pense, 1° que le Rob du sieur Laffecteur, tel qui! a été préparé, ne contient point de mercure; 2d que-ie remède et la méthode de Laffecteur peuvent guérir les maladies vénériennes confirmées et désespérées; 5° que cette méthode n'exclut pas les traitements particuliers accessoires, les précautions et les modifications relatives aux circonstances qu'il est impossible de désigner, et qui doivent être laissées à la prudence du médecin; 4° que ce remède, ne contenant point de mercure, peut devenir utile, surtout dans les cas où l'on aurait quelque inconvénient à craindre de l'usage, soit intétieur, soit extérieur, des préparations mercurielles, telle que serait, par exemple, une complication des virus vérolique et scorbutique , etc. » Dès lors les succès du Rob antisyphilitique s'accrurent rapidement. Lrffecteur, en 1781, fut chargé de fournir son remède pour le service des hôpitaux de la marine et des vaisseaux de l'Etat. Les praticiens n'hé^tèient plus à l'administrer dans les cas les plus désespérés, et le succès a constamment justifié leur confiance.
J'ai cru devoir entrer d ns tous les détails qui précèdent, afin de mettre le lecteur à portée de juger, par lui-même, du degré de confiance qu'il peut accorder à un remède qui mérite à juste titre d'être considéré comme un puissant ant^yphilitique, et surtout comme le plus sur réparateur des ravages que le mercure détermine dans l'organisme, lorsque cette substance, n'ayant point rempli 1 objet du médecin , a été administrée trop abondamment. En rendant cet hommage à l'excellence du Rob antisyphi'ilique, je me trouve heureux de pouvoir venger la mémoire de son auteur, outragé de son vivant dans ce Dictionnaire, à l'article bézoar végétal, par feu mon ami le docteur Chaumeton, qui jugea trop légèrement Laffecteur, et le confondit avec les plus vils charlatans. Si, comme moi , il eût connu l'excellent Boyveau , il en aurait eu une opinion bien différente. En effet, Boyveau était rempli de loyauté et de franchise; il était humain et généreux. L'indigent ne réclama jamais en vain son secours. Il n'eut
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rien de commun avec les charlatans ; il n'en av^ït ni le ton ni l'ignorance. Il fit un secret de son remède, il est vrai, pour s'enrichir; m lis si cette conduite, autorisée d'aill* urs par l'usage, lèse en quelque sorte les intérêts généraux de la société, ne dépend-il pas du gouvemem-nt d'y mettre bon ordre, en rendant public un secret quil a toujours le droit d'acquérir, moyennant une indemnisation suffisante pour récompenser le propriétaire du noble fruit de ses veilles?
(Extrait du grand Dictionnaire des Sciences médicales de Pankoucke, tome 49, article Rob antiayphilitique.)
D'après l'impulsion que les médecins de l'Ecole de Paris ont donnée à la science, partout où le Rob de Bovveau-Laiïtcteur sen exactement et soigneusement appliqué, il rendra les maladies vénériennes de plus en plus légères, il dirmnuera le nombre et la gravité des accidents qui les compliquent si souvent, et la guérison sera toujours exempte de récidive. On ne verra plus ces marques honteuses et ineffaçables qui ont troublé le repos de tant de familles et empoisonné l'existence de ceux qui les portaient.
On doit des remerciements aux médecins qui ont attaché leurs noms à leurs méthodes, car de leur efficacité dépendent l'honneur et la réputation des auleurs; d'ailleurs, il est prouvé par l'expérience qu'à égalité de facultés intellectuelles, un individu qui ne s'adonne qu'à une seule branche des sciences mé licales doit y acquérir des connaissances spéciales qui manqueront toujours à la généralité; cependant les découvertes ont toujours rencontré des obstacles nombreux à leur apparition, en médecine, en politique, en religion, en législation, etc. Galilée fut condamné à mort pour avoir dit, contrairement à la Genèse, que le soleil était immobile : «Je meurs, disaitil , et cependant la terre tourne. »
PffiGBS ORIGINALES
Destinées à constater les expériences faites avec le Eob, et ses succès pour la • guérison des maladies -vénériennes.
Les pièces originales sont déposées rue Richer, 6, avec l'arrêt de
1778, de Louis XVI. Copies de ces actes sont aussi déposées en l'étude de Me Dessaignes, notaire, place des Petits-Pères, 9.
Nous soussignés, Pierre Boyveau et Denis Laffecteur, ancien inspecteur des vivres, sommes convenus de ce qui suit, savoir:
Que moi Pierre Boyveau , en vertu de l'agrément et consentement exprès du sieur Denis Laffecteur, ayant fait présenter au roi une requête au nom dudit sieur Laffecteur pour obtenir le privilège de la vente et distribution d'un remède antivénérien, connu et annoncé sous le nom de Rch antisyphilitique, ledit sieur Laffecteur trouve bon que l'arrêt du Conseil et les lettres-patentes qui interviendront sur ladite requête, soient obtenus en son nom ; comme aussi tous les marchés ou traités qui pourront être faits relativement à l'exploitation dudit remède, dont, par ladite requête, ledit sieur Laffecteur paraît possesseur et propriétaire, quoique, dans le vrai, il n'ait fait que rendre audit sieur Boyveau .le bon office de lui prêter son nom ; bien entendu que ledit Boyveau ne pourra, en aucune manière, contracter des engagements qui grèvent particulièrement ledit sieur Laffecteur, ne lui prêtant son nom que pour les affaires relatives à l'emploi du susdit remède.
Et moi, Denis Laffecteur, je déclare, par ces présentes, à mondit sieur Pierre Boyveau , que je n'ai aucune espèce de propriété sur le susdit remède, que j'y renonce même autunt qu'il est besoin, ainsi que sur les produits qui pourront résulter de la vente d'icelui, de quelque manière qu'elle soit faite, soit dans les hôpitaux militaires du royaume et autres, ou autrement, me contentant d'une gratification annuelle et fixe, pour toute rétribution^ de quinze cents livres chaque année, qui me sera payée par mondit sieur Boyveau, sur mes simples quitte nces, et ce pendant tout le temps que ledit sieur Boyveau jouira de la permission de vendr et distribuer sous mon nom ledit remède antivénérien, laquelle gratification annuelle de quinze cents livres, moi Boyveau j'accorde à mondit sieur Laffecteur, aux mêmes clauses et conditions stipulées ci-dessus, laquelle gratification de quinze cents livres ne commencera à courir que du jour de la publication de l'arrêt du Conseil, portant le privilège que sollicite ledit sieur Boyveau, pour ladite gratification être payée de trois mois en trois mois, sur les quittances dudit sieur Laffecteur. Fait double à" Paris le 1er juillet 1778; approuvé un mot rayé nul. — Signé Laffecteur. — Approuvé l'écriture et un mot rayé comme nul. Signé Boyveau.
Je soussigné Denis Laffecteur déclare et reconnais qu'en outre des causes énoncées en l'acte sous seing privé des autres parts, pour lesquelles M. Boyveau m'avait accordé une gratification annuelle de quinze cents livres, je devais servir de commis audit sieur Boyveau et l'aider de mes services en cette qualité, sans aucune autre rétribution ; mais que d'autres occupations et les circonstances ne m'ont pas permis de remplir cette condition ; qu'en conséquence, j'ai demandé audit sieur Boyveau de me payer à titre de forfait une somme de trois mille livres, pour raison du prêt que je lui ai fait de mon nom, tant pour le passé que pour l'avenir, .n'entendant aucunement déroger à cet égard aux clauses et engagements
par moi contractés et énoncés en l'acte ci-devant du 1er juillet 1778, laquelle somme de trois mille livres M. Boyveau m'a effectivement payée à titre et sous les conditions sus exprimées en espèces d'or et d'argent ayant cours, dont quittance et de toutes choses au sujet de ce que dessus. A Paris, le 18 février 1787. — Signé Laffecteur.
Extrait du registre des actes de décès de Van 1821, 9e mairie.
« Du 23 septembre 1821, à neuf heures du matin.
« Acte de décès de Denis Laffecteur, décédé hier, à quatre heures du « soir, ancien employé, âgé de quatre-vingt-trois ans deux mois, né à « Rouen, département de la Seine-Inférieure , demeurant à Paris, rue «Martrois, n. 8, quartier de l'Hôtel-de-Ville. »
Arrêt du Conseil d'Etat.
Sur la requête présentée au roi, étant en son conseil, par le sieur Denis Laffecteur, ancien inspecteur des vivres, contenant qu'il est possesseur d'un Rob antisyjmilitique, par lequel, sans le secours du mercure, on peut obtenir la guérison des maladies vénériennes'les plus invétérées; que le public ayant été trop souvent trompé par des remèdes dont les effets n'ont pas répondu aux promesses de ceux qui les annonçaient, le suppliant a demandé, avant tout, que celui-ci fut non-seulement soumis à des analyses- qui garantissent la fidélité de la déclaration qu'il a faite, qu'il n'entre dans sa composition aucun agent tiré du règne minéral, mais encore que son efficacité fût constatée .par des expériences faites sous les yeux des magistrats ; que le sieur intendant de la généralité de Paris, toujours occupé de ce qui peut contribuer au bien de l'humanité, a bien voulu ordonner que l'expérience en fût faite par le sieur Poissonnier- Desperri'ères, médecin de la généralité, dans l'hôpital des casernes de Saint-Denis, sur trois soldats de recrue du corps des pionniers; que, quoique cette première expérience ait eu tout le succès qu'il était possible d'en espérer, ainsi qu'il résulte des procès-verbaux qui ont été dressés pour constater l'état des trois malades et leur parfaite guérison, le sieur Desperrières ne l'ayant pas trouvée suffisante pour porter un jugement certain sur l'efficacité du remède, le suppliant, respectant une circonspection aussi louable et conforme aux vues du bien public dont il est luimême animé, a consenti qu'elle fût répétée, à ses frais et avec toutes les précautions qui seraient jugées convenables, sur un plusgrand nombre de sujets tirés de la maison de Bicêtre; qu'en conséquence des ordres donnés par le sieur lieutenant général de police, il a été livré au sieur Desperrières douze sujets dans l'état le plus déplorable, par les ravages du virus trop longtemps négligé, la réunion des divers accidents qui en sont
là GUIDE PRATIQUE,
la suite ; qu'ils ont tous été conduits dans une maison destinée à cet effet par le suppliant, rue du Faubourg-Sainl-Denis, et soumis au traitement par lui indiqué, sous l'inspection du sieur Le Breton, chirurgien préposé par le sieur Desperrières, avec les précautions détaillées dans les procèsverbaux dressés à cette occasion pour prévenir toute communier tion avec les malades, et l'administration frauduleuse d'aucun autre remède; que pour donner à cette nouvelle expérience toute l'authenticité nécessaire, et s'assurer d'une manière certaine et non équivoque de l'effet du remède proposé par le suppliant, le sieur Desperrières a eu soin de faire constater l'état des malades dans le moment où ils ont été remis, par les sieurs Bory, Geoffroy, Darcet, Poissonnier, P'icq-d'Azyr, Charles Leroy et Andry, tous docteurs de la Faculté on. membres delà Société n yole de médecine de Paris; que le traitement consigné dans le journal, tenu exactement pour chaque malade, a été éclairé par les mêmes médecins et par les sieurs Bucqvet, Mavdvit et Panier, autres docteurs- régents, que le sieur Desperrières a successivement appelés; que la guérison a été constatée dans la même forme, suivant les proeès-verhaux qui seront .joints à la présente requête; qu'il ne restait, après toutes tes expériences, qu'à constater qu'il n'entrait dans la composition du remè le, ainsi que le suppliant l'avait annoncé, aucun agent tiré du règne minéral, et que c'est ce qui est résulté de l'analyse faite par les sieurs Darcet et Bvcquet, du résidu même du remède qui avait servi au traitement de divers malades; que le concours des témoignages des médecins qui ont suivi ce traitement, et des expériences répetée> sur un si grand nombre de sujets entrepris dans une situation pour ainsi dire désespérée, ne peuvent laisser aucun doute sur l'efficacité .du Rob anlisyphilitique dont le suppliant est possesseur ; qu'il serait inutile d'en faire sentir les avantages et le secours qu'on peut, en tirer contre un des plus grands fléaux qui affligent l'humanité; que ce remède, désiré depuis si longtemps par les médecins les plus éclairés, n'a aucun des inconvénients du mercure, dont, la vertu, souvent impuissante dans les maladies compliquées, nuit toujours au tempérament et lui est souvent funeste; que le suppliant ose donc espérer que Sa Majesté voudra bien en faciliter l'usage, et lui accorder le privilège dont elle a toujours honoré les découvertes utiles, tant pouf encourager le zèle des inventeurs ou possesseurs de ces découvertes, que pour leur procurer le dédommagement, des dépenses qu'elles occasionnent. Requérait a ces causes le suppliant, qu'il plût à Sa Majesté lui permettre de vendre et débiter dans tout le royaume un Rob antisyphilitique, et d'établir à ses frais, tant à Paris que partent ailleurs, les maisons d'hospice qu'il jugera à propos pour le traitement des maladies vénériennes et non d'autres, avec ledit Kub anlisyphilitique, sous l'inspection de deux docteurs de la Faculté de médecine de Paris, qui seront en même temps membres de la Société Royale, que Sa Majesté jugera à propos de choisir, lesquels suivront le traitement qui sera fait dans lesdiles maisons d'hospice, afin d'être à portée de rendre compte journellement des bons ou mauvais effets du remède; l'autoriser en conséquence à marquer les bouteilles qui contiendront ledit Rob anlisyphilitique, de son nom, de son
cachet, ou de telle autre marque qu'il avisera; faire très-expresses inhibitions et défenses à toutes personnes de contrefaire ladite marque, à peine de faux, et de trois mille livres d'amende, dont moitié applicable à Sa Majesté, et l'autre au suppliant; ordonner que, sur l'arrêt qui interviendra, toutes lettres-patentes nécessaires seront expédiées, avec injonction au sienr lieutenant général de police de Paris, et aux sieurs intendants et commissaires -départis dans les provinces, de tenir la main, chacun en droit soi, à son » xéeution. *u ladite requête, signée Amia, avocat du suppliant, ensemble les procès- verbaux qui y sont énoncés, et la délibération de la Société royale de médecine: ouï le rapport. Le roi étant en son CONSEIL, ayant aucunement égard à ladite requête, a permis et permet audit Denis Lafpecteur de vendre et débiter dans tout le royaume ledit Rob autisyphtlitîque. En conséquence, Sa Majesté a autorisé et autorise ledit I.affixteir à marquer les bouteilles qui contiendront ledit Rob antisyphilitique de son nom, de son cachet, ou de telle autre marque qu'il avisera; fait Sa Majesté très- ex presses inhibitions et défenses à toutes personnes de contrefaire ladite marque à peine de faux, et de mille livres d'amende, applicable, moitié au profit de Sa Majesté et moitié au profit duclil Laffectelr ; enjoint Sa Majesté au sieur lieutenant général de police de Paris, et aux sieurs intendants et commissaires départis dans les provinces, de tenir la main, chacun en droit soi, à l'exécution du pèsent arrêt, sur le piel toutes lettres nécessaires seront expé diées. Fait au conseil d'Etat du roi, Sa Majesté y étant, tenu à Versailles le douze septembre mil sept cent soixanle-dix-huit. — Signé Amelot.
Extrait de l'enregistrement fait à la Préfecture de police.
N° I. Vu et enregistré le présent litre, dont copie collationnée a été déposée à la prélecture de police, conformément à l'article 2 de l'ordonnance de police du 10 thermidor an xui, pour (par le sieur Pierre Boyveau, ancien médecin, demeurant à Paris, rue de Va rennes, 10, division de l'Ouest), continuera vendre et annoncer le remède connu sous le nom de Rob untisyphilitique , etc. — A la préfecture de police, à Paris, le 11 vendémiaire an xiv. — Le conseiller iï Elut, préfet de police, Dubois. — Le chef de la 3e division, Cmcou. — Parle conseiller d'Etat, préfet: Le secrétaire gênèrul, Pus.
En conse'quence des succès de ces premières expériences, les médecins, occupés delà rédaction de la Gazette deSanlé, en rendirent comptï dans la feuille du 15 octobre 4778, n° LUI, de la manière suivante :
Extrait de la Gazette de Santé.
Depuis que le mal vénérien existe en Europe, on n'a cessé de chercher des moyens propres à combattre ses redoutables effets. Presque à la naissance de la maladie, les bois sudorifiques et le mercure furent mis en usage. Ces deux secours sont devenus la base de presque tous les remèdes vantés pour cette maladie. Le mercure surtout, malgré l'ancien préjugé qui le mettait au rang des poisons froids, a passé jusqu'ici pour le remède le plus puissant que l'art ait pu imaginer contre ce fléau. L'efficacité du mercure. a été prouvée par la sanction des hommes les plus éclairés et les plus expérimentés dans l'art de la médecine.
Mais en avouant ses avantages, peut-on se dissimuler ses inconvénients, et combien la méthode la plus sûre, qui est celle des frictions, est gênante, désagréable, exige des précautions, soit pour préparer le malade, soit pour le mettre à couvert des accidents quelquefois inévitables de la part du mercure, tels que la salivation. Ajoutez à cela la longueur du traitement, la maigreur et quelquefois le dépérissement du malade, qu'il faut rétablir enfin avec des restaurants, du lait, etc. Ce sont, sans doute, ces considérations qui avaient fait préférer, par Fernel, Paulmier, etc. , l'usage des bois sudorifiques au mercure, et fait désirer à tous les médecins la découverte d'un remède interne qui remplît leurs intentions, sans faire éprouver aux malades de pareils accidents.
Les diverses préparations mercurielles ont été d'un faible secours, comparées au mercure en substance, auquel elles ont été jugées inférieures, puisque, sans mettre à l'abri des inconvénients ordinaires du mercure en frictions, elles n'en ont pas le même avantage, et exposent, d'ailleurs à l'action corrosive des sels qui résultent de la combinaison du mercure avec les acides minéraux ou végétaux. On était donc réduit, lorsqu'il s'agissait de guérir radicalement le mal vénérien , à prendre les plus grandes précautions, à préparer le corps, à adoucir, à corriger sans cesse le remède. Tous ces inconvénients ont sollicité le zèle des gens de l'art à s'occuper de la découverte d'un secours qui pût guérir cette maladie, comme on dit, cita, tuto et jucundè.
Un possesseur d'un remède, qu'il disait réunir ces propriétés , encouragé par des succès multipliés, a osé se présenter. Il a demandé des malades et des juges. Les premières expériences ont été faites à Saint- Denis ; elles ont réussi. On n'a pas cru cette épreuve suffisante (comme de raison), on a pris à Bicêtre douze sujets atteints de maladie vénérienne. Les médecins les plus célèbreswe la capitale ont été invités à venir les voir et constater leur état ; un grand nombre, dont tous sont de la Faculté ou de la Société royale de médecine de Paris, ont suivi avec exactitude ce traitement. On a été étonné delà manière prompte et efficace avec laquelle ce remède agit et guérit sans accident , sans inconvénient. Soumis à l'analyse chimique, il n'a rien offert de métallique. Ses effets, dont nous avons été témoins, nous forcent dédire que depuis
qu'on cherche des remèdes contre ce fléau de l'humanité, on n'a pas encore fait de découverte si heureuse.
Sur le rapport fait de la Société royale de médecine, et sur la délibération de cette compagnie, Sa Majesté vient d'accorder au propriétaire du remède un arrêt de son conseil, en date du 12 septembre, et dont l'objet est d'en favoriser la vente et la distribution et d'en faire constater journellement les effets, sous les yeux de deux des médecins de la Faculté de Paris et de la Société royale de médecine, chargés d'en diriger l'administration dans une maison particulière établie à cet effet à Paris et d'en rendre compte à leur compagnie.
Ce remède consiste en un sirop épais ou plutôt un Rob, dont la saveur n'eSt point désagréable.
Indépendamment de ces premières épreuves, la Société royale de médecine de Paris a nommé huit commissaires, qui se sont eux-mêmes procuré les drogues nécessaires pour la préparation du Rob du sieur Laffecteur; et avec ce remède ainsi composé, de nouveaux commissaires ont traité plusieurs malades gravement atteints du virus vénérien; et la Société royale de médecine s'exprime sur cette double expérience en ces termes :
Extrait des registres de la Société royale de médecine de Paris.
La Société royale de médecine ayant entendu, dans sa séance, tenue Je 10 septembre 17" 9, le rapport des commissaires (ils étaient au nombre de huit) (1) qu'elle avait nommés pour préparer le Rob du sieur Laffecteur, suivant la recette qu'il avait communiquée, avec les drogues qu'ils se sont eux-mêmes procurées.
Duquel rapport il résulte que ce remède ne contient pas de mercure.
Ayant entendu depuis, dans sa séance tenue le 7 avril 1780, le rapport des commissaires qu'elle avait nommés pour administrer le Rob du sieur Laffecteur, ainsi préparé, à des malades attaqués de maladies vénériennes,
Duquel rapport il résulte :
1° Que, sur six malades, un a été rejeté, parce qu'il s'est manifesté, dès le commencement du traitement, des symptômes produits par le mercure que ce malade avait pris à Ricêtre peu de jours auparavant;
2° Que deux autres ont été jugés complètement guéris par la disparition totale des symptômes très-graves, dont aucun n'est revenu depuis trois mois que le traitement est fini ;
5° Que deux autres malades ayant été traités par la même méthode, leur santé a été bien rétablie, et tous les symptômes vénériens ont égale-
(1) C'étaient MM. Lassone, Geoffroy, Lorry, Bucquet, Macquer, Poultier de la Salle, Montigny et le duc de la Rochefoucault, tous chimistes célèbres et membres de la ci-devant Académie des sciences.
ment disparu, excepté quelques excroissances qu'il est indispensable d'enlever dans toutes les méthodes, et à l'extirpation desquelles les malades se sont constamment refusés ;
4° Que Ici dernier est également bien rétabli ; qu'une excroissance très-considérable, placée'ausiès de l'anus, avant été extirpée dans l'époque convenable du traitement, la plaie s-'est bien cicatrisée, elqu'aucune trace de celle excroissance n'a reparu; que des excroissances moins considérables, situées dans l'intestin, ont disparu sans opération ; qu'il en est seulement resté quelques-unes très -petites et dures, que la première cachait, et à l'extirpation desquelles te malade n'a jamais voulu consentir; ce qui fait présumer que la première excrois ance, qui était très- volumineuse, n'ayant point pullulé lnngtemps après son extirpation, il en aurait été de même des autres tumeurs très-petites, si elles eus-r sent été enlevées.
La lecture de ces deux rapports ayant été entendue, la compagnie a pensé :
1° Que le Rob du sieur Laffecteur tel qu'il a été préparé, ne contient point de mercure;
2° Que le remède et la méthode du sieur Laffecteur peuvent guérir les maladies vénériennes cou fumées ;
5° Que celte méthode n'exclut point les traitements particuliers accessoires, les précautions et les modifications relatives aux circonstances qu'il est impossible de désigner, et qui doivent être laissées à la prudence du médecin ;
4° Que ce remède, ne contenant pas de mercure, peut devenir surtout utile dans le cas où l'on aurait quelque inconvénient à craindre de l'usage, soit intérieur, soit extérieur des préparations mereurielles, tel que serait, par exemple, une complication des virus vérolique et scorbutique.
Je certifie que le présent extrait est conforme à l'original contenu dans les registres de la Société royale de médecine, le 20 avril 1780. — Signé: Vicq-d'Azir, secrétaire perpétuel.
Rapport au conseil de la marine, à la séance du 8 août 1788.
Je soussigné, auteur du JRob antisypliilitiquc , demeurant à Taris, rue de Bondy, me soumets et m'engnge,#ce acceptant Monseigneur le comte de la Luzerne, Secrétaire d'Etat ayant le drpai liment de la marine, à fournir pour le service des vais-eaux de Sa Majesté, ainsi que les hôpitaux de la marine, chaque bouteille de pinte de trente-deux onces de Jîub aiitisyphilitique,z raison de dix-huit livres tournois chacuue, en me chargeant des frais de l'emballage pour les expéditions dans les différents ports du roi, garantissant les avaries qui pourraient être occasionnées par le transport. Je me s umets de plus à supporter la déduction des quatre deniers pour livre attribués aux Invalides de la Marine, ainsi que les
frais de quittance, sous la condition d'être payé de ces fournitures six mois après leur livraison. — Laffecteur.
A Paris, le 13 juillet 1788.
Vu et acceplé au Conseil de la Marine, dans sa séance tenue à Versailles le 8 août 1 ï88, pour avoir son exécution pendant trois années, à compter du premier juillet dernier.
La Luzerne. Le chevalier de Bausset.
Marine. — 1795. — Brest. — Séance du Conseil d1 administration du 29 frimaire de Vun deuxième. — Hôpitaux . — Achats de marchandise, — Le citoyen Boyveau Laffecteur. — Rob Antisyphilitique. — Snumission pour fournit lire à faire au port de Brest, pendant la durée de la guerre actuçlle, du Ri.b antisyphilitique nécessai e au service des Hôpitaux, à raison de VINGT-QUATRE FRANCS la pinte de 52 onces, ci. . . . 24 francs.
Je soussigné, BOYVEAU- LAFFECTEUR, médecin, propriétaire du Uob antisyphilitique, promets et m'engage envers le citoyen LEFEBVRE, chef des bureaux civils, préposé aux approvisionnements, stipulant pour la république, en présence des ciloyeu> Bernard, contrôleur de la marine, et Lherci, sous-chef des approvisionnements, ce acceptant, le citoyen Sane, principal chef des bureaux civils de la marine, à Brest; de fournir et livrer dans les magasins dudit port, pendant la durée de la guerre actuelle, la quantité de Rob antisyphilitique , qui me sera demandée pour le service des hôpitaux de la marine, à raison de vingt-quatre fronts pour chaque pinte dudit Roi), pesant trente-deux onces. , Les frais de transport seront au compte de la république, mais ceux d'emballage seront à ma charge, ainsi que là garantie des dommages et avaries qui pourraient arriver en route , jusqu'à la livraison dans les magasins.
Les payements me seront faits, en assignats, dans le mois qui suivra celui où lesdiles livraisons auront lieu.
Fait double à Paris, le 1cr décadi de frimaire, l'an n de la république française, une et indivisible.
Signé Boyveau-Laffecteur, Lherci, Lefebvre et Bernard.
Accepté par le chef principal des bureaux civils de la marine à Brest, en présence du conseil ^l'administration, et sous l'approbation du ministre. A Brest, le 29 frimaire de l'an ;ii delà république française, une et indivisible.
Signé Bernard et Sané, et ensuite Rolland , Lherci, J. M. J. Morvan, Bigonnez, Lefebvre et Vial.
Vu et approuvé, le ministre de la marine. — Signé Dalbarade. Collationné par le contrôleur de la marine, à l'original déposé et enregistré au contrôle. — Signé Jùllolle.
Vu et approuvé l'original, et décidé de payer en numéraire, à raison de dix-huit francs.
Paris, ce 18 nivôse an iv de la république française, une et indivisible.
Le ministre de la marine. Signé Truguet.
Approuvé comme dessus. Signé Bruix.
Approuvé comme dessus. Signé Bourdon.
Approuvé comme dessus. Signé Forfait.
Le 21 fructidor an vin de la république.
Extrait du procès-verbal de la Convention nationale, du 21 brumaire l'an
m de la république.
Le citoyen Boyveau-Laffecteur fait offre d'un ouvrage intitulé -.Recherches et Observations sur les différentes méthodes de traiter les Maladies Vénériennes, et particulièrement sur les effets du remède connu sous le nom de Rob antisyplrilitique.
Il demande d'être chargé de traiter les incurables, offrant son remède, pour cet usage seulement, au prix qu'il lui coûte.
Mention honorable de l'offrande ; renvoyé au comité des secours publics pour y statuer et faire un rapport s'il y a lieu.
Collationné et trouvé conforme à la minute du procès-verbal déposé aux archives de la république française, par moi, garde des archives. En foi de quoi j'ai signé et fait apposer les sceaux desdites archives. A Paris, le 19 ventôse, l'an îv delà république, une et indivisible.
Extrait des registres du Comité de secours publics delà Convention
nationale.
Après avoir entendu le rappportd'un de ses membres, sur le décret rendu le 21 brumaire de l'an ni de la république , en faveur du citoyen Boyveau-Laffecteur , qui, en faisant hommage à la Convention nationale , d'un ouvrage intitulé : Recherches et Observations sur les effets du remède connu sous le nomde Rib antisyphilitique , demande que ce remède soit employé pour le traitement des incurables vénériens ; vu aussi que la Convention nationale a décrété la mention honorable de l'offrande, et a renvoyé à son Comité des secours publics, pour statuer sur l'objet de cette demande; et, après avoir entendu son rapporteur dans le compte qu'il rend des différentes conférences qu'il a eues avec le Conseil de santé, et des rapports de ce même conseil sur l'usage du remède indiqué, ainsi que la correspondance qu'il avait ouverte pour se procurer toutes les lumières convenables, avec plusieurs
officiers de santé connus de la manière la plus avantageuse dans l'art de guérir.
Le Comité, regrettant que la brièveté de temps ne lui permette pas de satisfaire aux vues de la Convention nationale, exprimées par son décret précité, et de statuer définitivement sur la demande du citoyen Boyveaw- Laffecteur ;
Considérant que les témoignages qui lui sont parvenus , et qui sont étayés de l'autorité d'hommes les plus célèbres dans l'art de la médecine, paraissent ne laisser aucun doute .sur la confiance que mérite le remède connu sous le nom de Rvb anlisypliiliiiqve, présenté par le citoyen Royveau-Laffecteur, et dont plusieurs années d'expériences ont consacré le succès et les avantages, dans un grand nombre de cas où les méthodes jusqu'ici employées avaient été infructueuses et même dangereuses;
Arrête que le rapport t les pièces y jointes seront envoyés au Directoire Exécutif, qui est invité à utiliser cette précieuse découverte, et à prendre la demande du citoyen Royveau-Laffecteur en très-grande considération.
Fait et arrêté au Comité des secours publics, le 3 brumaire an iv de la république. — Les représentants du peuple, Zangiacomi, Jouenne.
Copie de la lettre écrite le 27 frimaire, par la députalion de la Charente- Inférieure, au Directoire Executif , en faveur du citoyen Boy veau- La ffecieur.
Le citoyen Boyveau-Laffecleur, médecin, fournisseur des hôpitaux de la marine, notre compatriote, nous ayant communiqué le mémoire qu'il vient de vous adresser, et dont l'objet est de faire administrer à tous les incurables vénériens, sans distinction, son remède connu sous le nom de liob antisyphilitique, pénétrés de la justice et de l'utilité de sa demande ; convaincus de la vérité des faits, rapports et témoignages dont elle était étayée, nous croyons devoir, comme citoyens et amis de l'humanité, joindre nos sollicitations aux siennes pour obtenir de votre sagesse ce que nous ne craignons point d'appeler un bienfait national. Nous ne parlerons point de l'efficacité de ce remède, constaté par vingt ans de succès ni de sa composition, reconnue purement végétale par des juges dont on ne peut ni suspecter la probité ni méconnaître les lumières; mais, à tant de preuves authentiques , à tant de témoignages irrécusables, amis et compatriotes du citoyen Boyveau-Laffecteur, nous pourrions ajouter une foule de guérisons miraculeuses, que sa modestie a dérobées au public, et dont nous avons été les témoins ; nous pouvons dire que, quand le Rob aidisypidlitique n'aurait point pour lui le suffrage des gens de l'art les plus éclairés, le caractère seul de son inventeur, dont nous garantissons la probité, suffirait pour inspirer la confiance et engager le Eirectoire Exécutif à prendre sa demande en considération.
Nous avons rempli notre devoir; c'est la cause de l'humanité souffrante que nous avons plaidée ; et la philanthropie bien connue du Directoire
Exécutif nous fait présager un succès dont nos cœurs jouissent d'avance. Salut et respect. — Signé : Eschasseriaux aîné, Eschasseriaux jeune, Vinet, etc. — Paris, le 16 nivôse an iv de la république française, une et indivisible.
Le Ministre de la guerre aux Représentants du peuple composant la députation de la Charente-Inférieure, à Paris.
La lettre de recommandation que vous avez adressée, citoyens, au Directoire Exécutif, en faveur du citoyen Boyveau Laffecteur, et par laquelle vous recommandez l'usage de son Bob antisyphilitique, m'a été renvoyée. Je vous préviens que sa proposition de faire employer son remède au traitement des militaires m'était déjà parvenue, et que j'ai consulté le Conseil de santé, dont j'attends l'avis pour pouvoir adopter à ce sujet le parti le plus avantageux au bien du service.
Salut et fraternité. — Aubert-Dubayet.
Extrait du Bulletin des Lois, n° XLVIII, ( N° 8io. ) Décret impérial relatif à l'annonce et à la vente dés remèdes secrets.
À Montirone, le 25 prairial an XIII.
Napoléon, empereur des Français,
Sur le rapport du Grand- Juge Ministre de la justice; vu la loi du 21 germinal an xi; le Conseil d'Etat entendu. Décrète :
Art. Pr La défense d'annoncer et de vendre des remèdes secrets, portée par l'article 36 de la loi du 21 germinal an xi, ne concerne pas les préparations et remèdes qui, avant la publication de ladite loi, avaient été approuvés, et dont la distribution avait été permise dans les formes alors usitées ; elle ne concerne pas non plus les préparations et remèdes qui, d'après l'avis des écoles ou sociétés de médecine ou des médecins commis à cet effet depuis ladite loi, ont été ou seront permis par le Gouvernement, quoique leur composition ne soit pas divulguée.
Art. Iï. Les auteurs ou propriétaires de ces remèdes peuvent les vendre par eux-mêmes.
Art. III. Ils peuvent aussi les faire vendre et distribuer par un ou plusieurs préposés,, dans les lieux où ils jugeront convenable d'en établir, à la charge de les faire agréer à Paris par le préfet de police, et dans les autres villes, par le préfet, sous-prélet, ou, à défaut, par le maire, qui pourront, en cas d'abus, retirer leur agrément.
Art. IV. Le Grand-Juge Ministre de la justice est chargé de l'exécution du présent décret. — Signé, Napoléon, par l'Empereur : Le Secrétaire d'Etat, signé, H. B. Maret.
Première lettre de S. Exe. le Grand-Juge Ministre de la justice, à M. Boy-
veau-Laffècteur,
Paris, le 14 thermidor an xm.
Le décret impérial, rendu le 25 prairial dernier, monsieur, en interprétation de l'article XXXVI de la loi du 21 germinal an xi, concernant la pharmacie, étant inséré au Rulletin des lois, n° 48, la copie que vous m'en demandez vous devient inutile.
Je vous remercie de l'exemplaire qui était joint à votre lettre. — Je vous salue, Régnier.
Seconde lettre de son Exe. le Grand-Juge Ministre de la justice, à M. Boy-
veuu-Luffecteur.
Paris, le 20 thermidor an xm.
Je vous renvoie, monsieur, les pièces que vous m'aviez adressées, relativement à la saisie faite de votre Rob, que vous aviez entreposé chez le sieur Saunet, contrôleur des postes à Mayence. — Je vous salue,