DE LA CLASSIFICATION
Il n'est aucune classe des maladies qu'il soit plus difficile d'assujettir à une classification exacte et définitive, que les affections cutanées.
Voici l'opinion que j'ai émise à ce sujet dans mon Traité des maladies syphilitiques , où je dis : « Dans les maladies de la peau essentiellement locales et non fébriles, la même cause détermine souvent des éruptions d'un caractère différent et très varié ; ce qui peut dépendre de la nature et de l'intensité de cette même cause , de la disposition particulière de l'individu , des modifications locales , de la texture de la partie affectée , du changement des saisons , des variations de la température, des écarts du régime, etc.; d'où je conclus que les affections cutanées sont une sorte de protée , et que les classifications adoptées par les meilleurs auteurs ne sauraient être regardées comme absolues, et qu'elles seront toujours, à beaucoup d'égards, un sujet de controverse et de dissidence, parmi les auteurs qui dirigeront leurs recherches sur cette partie de la science , ainsi que
cela semble démontré par les écrits de Plenck , de Lorry , de Willan , et plus récemment de MM. Rayer , Cazenave et Schedel. »
Toute maladie , en effet, se présente sous des formes diverses , depuis son invasion jusqu'au moment où elle tend spontanément à la guérison, ou jusqu'à ce qu'elle ait pris un caractère rebelle et incurable; c'est sa progression naturelle. Elle peut aussi éprouver des mutations de formes indéterminées et accidentelles , variables selon la nature du tempérament, la disposition particulière de la texture cutanée , et l'influence intempérée des causes hygiéniques.
Qu'on me permette une comparaison pour appuyer cette assertion.
De même qu'on voit le germe ou le bouton d'un fruit subir, avant sa maturité, les diverses transformations sous lesquelles s'opère son développement libre et naturel , de même aussi il peut éprouver des altérations anormales dépendantes de la nature du sol , du plus ou moins de vigueur de l'arbre , de l'intempérie des saisons , etc.
Le germe peut effectivement s'annihiler avant d'avoir fleuri , ne donner qu'une fleur stérile ou un fruit avorté , difforme , malade , susceptible d'une décomposition prématurée , et variable dans la manière de se manifester.
La difficulté de classer les maladies de la peau, semble d'ailleurs démontrée par la rareté des tentatives faites dans cette vue.
La première intention d'une classification méthodique , date seulement de la fin du xvie siècle.
En 1576, Mercurialis publia un petit traité sur les maladies de la peau, de Morbis cutaneis, où les affections cutanées sont divisées comme l'avait fait Galien , en deux classes principales , l'une qui embrasse les affections de la tête , l'autre qui comprend celles qui se manifestent sur les autres parties du corps. Il partagea chaque classe en plusieurs chapitres et
il groupa les maladies en raison de l'état le plus eonstant de leurs formes. La description qu'on lui doit des maladies du cuir chevelu, principalement de la teigne laveuse, décrite sous le nom de tinea, est d'une grande exactitude. Depuis Celse , Mercurialis est l'auteur qui a le mieux observé les maladies éruptives de la tête.
En 1714 , Turner (1) adopta la classification de Mercurialis, mais il indiqua d'une manière plus directe les diverses parties du corps où chaque espèce d'affections se manifeste le plus ordinairement. Il est le premier qui ait donné une bonne description des diverses espèces de dartres.
Depuis Mercurialis jusqu'à Turner beaucoup d'auteurs ont présenté leur opinion sur la manière de classer les maladies de la peau ; mais , à part des descriptions isolées qui par leur exactitude méritent d'être connues , on doit peu d'égards à leur manière de voir.
Après Turner, l'auteur qui a mis le plus de soin à classer les maladies de la peau est Plenck (2) qui , dans son ouvrage publié en 1776, a cherché à grouper les maladies d'après leurs formes les plus apparentes , mais où la répartition n'en est pas toujours faite d'une manière exacte, même d'après la base qu'il avait adoptée. Néanmoins>a classification a contribué aux progrès de la science ; j'en dis la raison plus loin.
L'imperfection de la doctrine de Plenck fut remarquée par Willan (3) qui , partant d'un même point de vue , a cependant donné une meilleure classification des maladies de la peau dans son ouvrage publié en 1798 , comme on le verra bientôt par la comparaison des deux méthodes.
(1) Turner. Treatise of discases incident to the skin London, 1714, in-8; ouvrage traduit en français en 1743.
(2) Plenck, Doctrina de morbis cutaneis quâ in suas classes, gênera et species rediguntur. Vienne, 1776 , in-8°.
(3) Willan. Description and treatment of cutaneous diseases, in-4°, London, 1798.
Après Willan vient M. Alibert qui , en 1806 , donna sa première classification des maladies de la peau, laquelle se divise , comme celle de Mercurialis et de Turner, en deux sections , l'une renfermant les maladies du cuir chevelu ; l'autre qui réunit les affections cutanées susceptibles d'occuper le reste de la surface tégumentaire. La détermination des espèces se fonde aussi , comme celle de Plenck , sur le caractère extérieur le plus apparent de la maladie.
Tout en rendant justice à l'esprit d'observation de Willan, M. Alibert n'a rien emprunté à sa méthode nosographique , qui cependant se présentait comme une amélioration importante ; il a mieux aimé se frayer une route où il parût au premier rang, disposition dont ne sont pas toujours préservés les hommes du plus grand mérite, et qui souvent nuit au progrès des sciences, en laissant dans l'oubli d'excellentes idées.
Le médecin de l'hôpital Saint-Louis avait adopté , dans sa première classification, sept espèces de dartres et cinq espèces de teignes , savoir : 1° une dartre farineuse ; 2° une dartre écailleuse ; 3° une dartre croûteuse ; 4° une dartre miliaire ; 5° une dartre vive ; 6° une dartre pustuleuse ; 7° une dartre rongeante ; et pour les affections du cuir chevelu , l°une teigne porrigineuse ou furfuracée, tinea lactea; 2° une teigne muqueuse ; 3° une teigne faveuse ; 4° une teigne rugueuse ; 5° une teigne amiantacée.
Indépendamment de chaque espèce d'affection cutanée , dont le caractère reposait sur une forme déterminée, M. Alibert adopta des variétés, en raison des modifications que subissait ultérieurement la forme convenue comme caractère spécial. Mais ces changemens de forme n'étant que des états passagers ou des traces , formations de la même maladie , il a dû nécessairement rapprocher des affections différentes et séparer des maladies identiques , ce qui est arrivé en effet.
Dans son ouvrage in-folio avec figures , publié en 1825 , sous ce titre : Description des maladies de la peau observées à l'hôpital Saint-Louis , M. Àlibert a divisé les affections cutanées en onze ordres ainsi distribués : 1° teigne ( cinq espèces) faveuse, granulée, furfuracée, amiantacée, muqueuse; 2°plique (trois espèces) multiforme, solitaire, en masse ; 3° dartres ( sept espèces ) furfuracée , squammeuse , crustacée, rongeante , pustuleuse , phlyténoide, érythéno'ide\ 4° éphélides (trois espèces) lentiforme , hépatique , scorbutique, 5° kéloïde ou cancroïde (espèce unique) ; 6° lèpre (trois espèces ) squammeuse , crustacée , tuberculeuse ; 7° pians ( deux espèces ) rugoïde , fongoïde; 8° icthyoses ( trois espèces ) nacrée, cornée , pielagre ; 9° syphilides ( trois espèces ) pustuleuse , végétante , ulcérée ; 10° scrofules ( deux espèces) vulgaire, endunique; 11° psorides ( quatre espèces ) pustuleuse purulente, pustuleuse vésiculeuse, populeuse ■', crustacée.
On voit que M. Alibert semblait envisager le système cutané comme une prairie émaillée de fleurs, dont il était heureux de voir le nombre se multiplier devant ses recherches.
MM. Cazenave et Schedel ont fait une sévère et judicieuse critique de la doctrine du célèbre dermographe. « Le reproche , disent-ils , qu'on a fait à Mercurialis et à Turner, d'avoir séparé des maladies tout à fait identiques par cela seul qu'elles avaient un siège différent, M. Alibert l'a assumé tout entier en adoptant cette distinction pour base de son ouvrage ; et il est d'autant mieux fondé qu'il n'y a peut-être pas d'éruption qui soit tellement spéciale qu'on ne puisse jamais la rencontrer dans d'autres régions avec des caractères analogues ; mais en outre, en groupant les maladies suivant les progrès de l'inflammation , il a couru le risque de rapprocher des maladies différentes, d'en séparer d'analogues, et c'est en effet ce qui est arrivé. Nous voyons, sous ce terme générique de dartre squammeuse , des inflammations essentielle-
ment dissemblables , par leurs élémens , leur marche , par leurs symptômes, et par les moyens de traitement qu'elles réclament. Certes on n'aura jamais une idée de la dartre squammeuse lichënoïde, et de la dartre squammeuse humide , tant qu'on les groupera autour d'un ordre commun , tant qu'on leur assignera les mêmes caractères. Dans les dartres squammeuses humides elles-mêmes prises, isolément, on ne verra qu'une certaine période d'une inflammation qui peut cependant revêtir des formes élémentaires diverses , et constituer des maladies qu'il est tout à fait important de distinguer. D'une autre part , nous trouvons , dans cette classification , des éruptions entièrement identiques rangées dans des espèces différentes. Ainsi , la dartre furfuracèe arrondie est tellement analogue , sous tous les rapports , à la dartre squammeuse lichënoïde , qu'elle reconnaît les mêmes élémens, suit la même marche, réclame les mêmes moyens de traitement; enfin ne diffère de cette dernière, absolument que par la forme de ses plaques , qui peut tout au plus , dans ce cas , constituer une variété.
Comprenant tous les vices de sa classification , M. Alibert Fa abandonnée , nous voudrions dire pour une meilleure , mais cette fois on ne trouve pas , même comme dans l'autre, ces jalons épars auxquels viennent se rendre les maladies de. la peau par groupes plus ou moins assortis.
MM. Cazenave et Schedel entendent parler de la dernière classification de M. Alibert, dans laquelle toutes les maladies de la peau sont désignées sous le nom de dermatoses, dont il a formé douze groupes divisés en genres et en espèces , comme on le verra dans sa classification reproduite plus loin.
Les trois dernières classifications , celle de Plenck , en Allemagne , celle de Willan, en Angleterre , et celle d' Alibert, en France , se sont partagé depuis plus d'un demi-siècle l'opinion des médecins sur les maladies de la peau.
Celle de Willan est aujourd'hui préférée à celle de M. Ali-
bertparM. Biett et les médecins de son école. Cependant, après avoir exposé chacune de ces méthodes et en avoir discuté le mérite, MM. Cazenave et Schedel avouent qu'elles ne présentent assez de clarté ni les unes ni les autres, pour ne rien laisser à désirer dans l'étude de la pathologie cutanée ; mais c'est, disent-ils , dans la nature même qui fait le sujet de cette classification qu'il faut trouver la cause de ces imperfections.
En effet , ce genre d'affections se montre à nous par des caractères appréciables à la vue ; mais les tissus où elles ont leur siège, ne sont pas encore assez bien connus pour que l'on puisse établir des divisions précises et durables ; et même il est permis de dire que la seule classification des maladies de la peau, qui peut être à l'abri de tout reproche, serait celle qui aurait pour base le siège spécial de chaque lésion élémentaire ; et tant que l'anatomie du système dermoïde ne sera pas enrichie de connaissances plus positives, nous n'aurons jamais une parfaite classification de ces maladies.
MM. Gibert et Rayer ont exprimé le même sentiment, sur la difficulté d'établir actuellement une classification invariable des maladies cutanées ; c'est donc un point sur lequel on est généralement d'accord.
Toutefois , il ne faut pas conclure qu'elles aient été inutiles; elles ont, au contraire, facilité l'étude des affections dermoïdes, en les groupant suivant leur forme la moins variable, et permis d'en mieux juger la nature, et par suite d'en diriger le traitement avec plus de méthode.
Néanmoins, en raison de leurs différences respectives, tant à l'égard de leurs bases que sous le rapport des dénominations qui leur sont propres , elles ne sont pas dégagées de toute confusion; j'avoue, au contraire, qu'il m'a fallu une attention soutenue et réfléchie pour bien saisir les points de similitude et de dissemblance qui résultent de la nomenclature propre à chaque classification. Pourtant la confusion
que je viens de signaler pourra paraître un résultat jusqu'ici inévitable , si on a égard à la multitude des espèces de maladies qui ont été admises , et aux dénominations différentes sous lesquelles elles ont été désignées dans chaque classification.
Si on considère ensuite la discussion à laquelle se sont livrés les auteurs , pour établir le sens présumable des mots employés par les anciens , et la controverse qui en est résultée, on cessera de s'étonner de l'embarras où doit se trouver souvent le lecteur, pour bien saisir la synonymie des mots et se fixer sur leur acception , afin de ne pas se méprendre sur la nature des maladies dont ils sont l'expression.
Les difficultés que j'ai dû rencontrer à ce sujet, m'ont fait prendre le parti de chercher à les éviter aux lecteurs de mon ouvrage ; ce qui m'a décidé à négliger toute discussion sur les mots dont la signification peut être contestée , pour ne m'occuper que de ceux dont l'acception étant fixée, ont besoin néanmoins d'être expliqués pour en bien faire comprendre le sens.
Tout ce qui appartient à la logomachie et aux recherches historiques d'une science , se trouve à sa place dans les ouvrages élémentaires destinés aux élèves , et de tels soins sont nécessairement imposés aux auteurs qui se vouent à l'enseignement. MM. Rayer, Gibert, Gazenave etSchedel, qui ont écrit dans les derniers temps des ouvrages estimés sur les maladies de la peau , se sont particulièrement livrés à ce genre d'étude.
Le but de ce Traité ne comportait pas le même travail; j'ai voulu qu'il se distinguât principalement par les déductions rationnelles et pratiques que peut fournir l'expérience, et dont l'application peut seule déterminer l'emploi judicieux des agens thérapeutiques, et constituer un livre spécialement consacré à la médecine d'observation.
Lorsqu'on se propose de créer une nouvelle classification,
il est indispensable de connaître et de prendre pour point de départ celles qui ont précédé ; M. Rayer (1) a justifié ce précepte en adoptant une quatrième classification qui est' une sorte de combinaison des trois premières , et qui semblera plus rationnelle , si , comme l'auteur l'a fait , on juge qu'il est nécessaire d'admettre, dans un traité complet des maladies de la peau , toutes les affections qui peuvent altérer le système dermoïde , soit comme état morbide primitif ou essentiellement local , soit comme affection secondaire ou dépendante d'une autre maladie aiguë ou chronique.
a L'étude des maladies de la peau , dit fort judicieusement M. Rayer, ne peut être séparée de la pathologie générale , ni de celle des autres affections morbides avec lesquelles elles ont des rapports nombreux et variés. »
L'état des connaissances médicales relatives aux affections cutanées, se rattache aux quatre classifications dont je viens de parler, et chaque tableau pouvant être regardé comme une, sorte d'analyse de l'ouvrage des auteurs qui les ont admises, je me suis proposé de les reproduire à la fin de ce chapitre ; mais il m'a paru utile de faire connaître préalablement les bases sur lesquelles elles sont fondées.
(i) Le traité de M. Rayer, sur les maladies de la peau, et celui de M. Jourdan, sur les maladies vénériennes, sortent de la ligne ordinaire des ouvrages publiés en France depuis long-temps. On y trouve, comme dans les travaux de Haller , de Lorry , dans les commentaires et les institutions de médecine de Boërhaave, dans la médecine de Sauvage, dans la médecine opératoire de Sabatier, etc., cette richesse d'érudition , et cet à-propos de citations judicieuses qui en rendront toujours la lecture fort instructive, indépendamment des principes et des observations qui appartiennent à chaque auteur respectivement.
La classification des maladies de la peau, adoptée par Plenck , est basée sur le signe le plus apparent de la maladie, ce qui permet de croire que l'auteur s'était proposé de faciliter le diagnostic des affections cutanées, bien plus que d'en déterminer le caractère essentiel ou élémentaire.
Plenck divisa les maladies de la peau en quatorze classes qu'il désigna par les mots suivans : 1° maculœ; 2° pustulœ; 3° vesiculœ; 4° bullœ; b°papulœ; 6° crustœ; 7° squammœ; 8° callositates ; 9° eœcrescentiœ , cutanea; 10° ulcéra cutanée; 11° vulnera cutanœ; 12° insecta cutanœ; 13° morbi unguium ; 14° morbi pilorum.
On voit que Plenck a compris, dans sa classification, les plaies et les ulcères , qui se trouvent mieux à leur place dans les ouvrages de cbirurgie que dans un traité des maladies cutanées , et qu'ayant formé une classe des affections croùteuses , il a dû confondre beaucoup de maladies , puisque l'aspect croûteux est un état sous lequel peuvent se présenter un grand nombre d'affections dermoïdes ; il en est de même de toutes les classes dont chacune réunit des espèces qui sont d'une nature essentiellement distincte. Il a même souvent groupé des maladies d'espèces diverses, en se fondant simplement sur des symptômes qui n'offraient de dissemblance , que parce qu'ils étaient envisagés dans une période différente de la maladie. Cependant Willan a trouvé dans la classification de Plenck les élémens qui lui ont servi à établir la sienne qui est beaucoup meilleure ; ce qui prouve que, dans les productions de l'esprit, l'erreur et la vérité marchent souvent ensemble; que le progrès des sciences ne peut s'opérer que par degré , et que tout homme qui
laisse dans le champ qu'il a parcouru une trace de son génie, impose des égards à sa mémoire.
A la classification de Plenck succède par ordre de date celle de Willan. Au lieu de s'attacher au symptôme le plus apparent, comme l'avait fait Plenck, pour déterminer la classification des maladies de la peau, l'auteur anglais en a fixé le caractère distinctif dans l'état que marque la période où la maladie est arrivée à son plus haut développement, et avant qu'elle ait subi les mutations de forme qui surviennent consécutivement , et qui souvent se présentent plus apparentes, quoique la maladie soit dans sa période de décroissement.
Considérées sous ce point de vue, les maladies de la peau se trouvent caractérisées d'une manière plus exacte et moins variable qu'elles ne l'étaient sous les apparences multiformes qui avaient servi de base à la classification de Plenck.
La classification de Willan se compose de huit ordres, dans lesquels sont groupées toutes les affections cutanées, et qu'il a désignés par les mots suivans : 1° papulœ; 2° squammœ; 3° exanthemœ ; 4° bullœ; 5° pustulœ; 6° vesiculœ, 7° tuberculœ , 8° maculœ.
De ces huit ordres , six sont empruntés à Plenck, les deux autres, exanthemœ et tuberculœ, appartiennent à Willan. Ainsi , l'auteur anglais a supprimé huit ordres sur quatorze dont se compose la classification de Plenck ; tels sont les ulcères, les plaies, les croûtes, les callosités, les excrois-
sances , les maladies pédiculaires , les maladies des ongles et celles des poils.
Bateman, élève et ami de Willan, a beaucoup contribué à propager sa méthode, par la publication d'un ouvrage écrit en anglais et fait en 1813 , ouvrage où l'auteur a fait une exposition succincte et précise du diagnostic, et du mode de traitement qui lui paraît le plus convenable contre les maladies de la peau. On doit aussi à Bateman un atlas de gravures, où sont représentées un grand nombre d'affections cutanées.
La méthode de traitement de Willan et de Bateman , adoptée par les médecins anglais , tend à remettre en crédit la doctrine des humeurs. La teinture de cantharide, les acides minéraux, les préparations antimoniales et arsenicales, et surtout les purgatifs , dont l'usage a été adopté enFrance par la plupart des médecins dermographes , sont des moyens journellement employés; ce qui est un argument bien puissant contre la doctrine Broussaisienne.
MM. Biett , Gibert , Cazenave et Schedel ont adopté les termes génériques de la classification de Willan ; mais ils les ont transposés d'une manière différente , et ils ont apporté d'utiles changemens dans la distribution des espèces destinées à former le groupe de chaque ordre , soit en faisant des additions ou des retranchemens à chacun de ces mêmes ordres.
D'après l'enseignement de M. Biett, MM. Cazenave et Schedel particulièrement , ont introduit dans la classification de Willan les changemens les plus remarquables. Ils ont classé les maladies de la peau d'après les formes extérieures admises par Willan, et selon la connaissance acquise de leur principe ou de leur nature élémentaire , et ils ont classé, en dehors des huit ordres principaux qu'ils ont adoptés, les maladies qui leur ont semblé ne s'y rapporter en aucune manière et qui sont : 1° le lupus; 2° la pellagre; 3° le bouton
d'Alep; 4° les syphilides; 5° la purpura; 6° V èlèphantiasis des Arabes; 7° la kèloïde.
MM. Cazenave et Schedel ont publié des observations intéressantes, recueillies par Biett sur le lupus et les éruptions vénériennes; ils ont fait connaître les résultats des iodures de mercure , de l'iodure de soufre et des principaux moyens dont ce médecin a le premier introduit l'usage dans la thérapeutique des maladies de la peau. Leur ouvrage tient un rang distingué parmi ceux que l'on consulte toujours avec fruit.
M. Gibert s'est renfermé plus spécialement dans la limite tracée par Willan, dont il adopte les huit ordres, mais dont il a éliminé diverses espèces. M. Gibert ne s'étant proposé de traiter que des maladies spéciales ou essentiellement locales de la peau , il a rejeté de la classification de Willan toutes les maladies qui ont une marche aiguë, ou qui se combinent avec le trouble général de l'économie, telles que Férysipèle , la variole , la rougeole , la scarlatine , etc.
L'ouvrage de M. Gibert est bien écrit et distribué avec méthode. Les principes du traitement y sont bien distincts et sagement appliqués. Mais je me permettrai de dire, contre l'avis de cet auteur, que les maladies de la peau, considérées comme affections spéciales , ne doivent pas être séparées, dans l'esprit du médecin, de celles qui ont une marche aiguë et qui se développent sous l'influence de la fièvre, parce que celles-ci peuvent modifier l'organisme et le système dermoïde en particulier, de manière à établir entre elles des rapports qu'il est essentiel d'apprécier et de ne pas perdre de vue.
Les modifications apportées par MM. Gibert, Cazenave et Schedel, ne constituent pas une méthode spéciale ; je n'ai pas cru devoir les considérer comme des classifications particulières ; ce qui m'a décidé à en parler en même temps que de la méthode de Willan. Cependant je reproduirai le tableau de leurs classifications , afin qu'on puisse mieux ap-
précier les changemens qu'ils ont fait subir à celle du médecin anglais , dont ils ont adopté , comme je l'ai dit, les huit ordres principaux auxquels ils ont assigné les mêmes caractères que Willan , et dont il est bien essentiel de se former préalablement une idée exacte, afin de lire avec fruit les ouvrages modernes, et de ne pas confondre dans la pratique les maladies entre elles.
En vue de rendre ce travail plus facile , je vais exposer ici les caractères (instinctifs de chacun de ces ordres.
ORDRE Ier. Exanthèmes ( exanthema). Taches plus ou moins rouges , superficielles , dont la couleur disparaît momentanément sous la pression du doigt , de formes diverses, laissant ordinairement entre elles un intervalle où la peau reste naturelle , se terminant par délitescence ou par résolution, avec ou sans exfoliation de l'épiderme, caractères qui sont communs aux exanthèmes simplement locaux, tels que l'urticaire, la roséole, l'ëry thème , et aux éruptions exanthémateuses que la fièvre accompagne , comme la rougeole, la scarlatine et l'ërysipèle.
ORDRE IIe. Vésicules [vesiculœ). Petites vésicules formées par le soulèvement de l'épiderme , contenant de la sérosité d'abord transparente , susceptible de devenir opaque , paraissant par groupes plus ou moins rapprochés et en plus ou moins grand nombre , se terminant par résorption ou se rompant assez promptement, et donnant lieu à une forte excoriation , à de petites croûtes ou à une légère desquammation. Dispositions que partagent les vésicules simplement locales , comme la gale , l'herpès, l'eczéma , et celles qui sont accompagnées de fièvre , telles que la miliaire et la varicelle»
ORDRE IIP. RtJLLES (bullœ). Elles ne diffèrent des vési-
cules que par leur volume, qui est plus considérable. Elles sont formées comme elles par de la sérosité épanchée sous I'épiderme; elles ont l'aspect de phlictènes que produit l'application d'un vésicatoire. Les croûtes qui en proviennent sont ordinairement noires et plus épaisses que celles des vésicules.
Cet ordre ne comprend que deux maladies, le pemphigus et le rupia.
ORDRE IVe. Pustules (pustulœ). On entend par pustules, de petites tumeurs ayant ordinairement une base enflammée , formées par l'épanchement d'une humeur opaque qui soulève I'épiderme , se concrète, produit des croûtes plus ou moins épaisses, au dessous desquelles on trouve assez souvent de l'humeur, des excoriations et des ulcérations.
Cet ordre contient cinq espèces de maladies, selon Willan; sept espèces , suivant MM. Cazenave et Schedel ; et d'après M. Gibert, quatre seulement , qui sont l'ecthyma, l'acné, V impétigo et la teigne, auxquelles il faut ajouter, pour former les sept espèces admises par MM. Cazenave et Schedel , la variole, la vaccine et la mentagre.
ORDRE Ve. Papules ( papulœ). Les papules sont de petites élévations de la peau , solides , rénittentes , ne contenant aucun fluide ; c'est une sorte de boutons secs , se terminant ordinairement par résolution , par une desquammation furfuracée, susceptible de s'excorier quelquefois à son sommet, et d'y produire une petite croûte noirâtre.
Cet ordre , je l'ai déjà dit, contient trois espèces de maladies, selon Willan , MM. Cazenave et Schedel: le strophulus , le prurigo et le lichen ; et d'après M. Gibert deux espèces seulement , le lichen et le prurigo.
ORDRE YI. Squammes ( squammœ). On donne le nom de
squammes aux maladies qui se manifestent par une desquammation de l'épiderme , en lames ou écailles plus ou moins larges, plus ou moins épaisses, ou en furfure. Les maladies squammeuses dont le tissu réticulaire paraît être le siège y existent avec ou sans rougeur de la peau ; leur caractère principal est de produire des squammes qui se détachent et se reproduisent pendant un temps indéfini.
Cet ordre contient quatre espèces de maladies : la lèpre, le psoriasis, le pityriasis et Yicthiose. M. Gibert en a exclus le psoriasis , qu'il considère comme une variété de la lèpre.
ORDRE VIIe. Tubercules ( tuberculœ ). On appelle tubercules de petites tumeurs dures, plus ou moins développées, ayant ordinairement une couleur différente de celle de là peau , dont le caractère principal est d'avoir une durée indéterminée , et d'être en quelque sorte permanentes , en se constituant à l'état d'induration ; elles peuvent se terminer par résolution , ou passer à l'état de supuration et d'ulcération ; alors les croûtes se forment à leur surface. Ces tubercules ne sont précédés d'aucune collection purulente. L'état tuberculeux est la forme élémentaire de la maladie ; lorsque la supuration s'établit , c'est un résultat qui semble partiel ou limité au tubercule.
Cet ordre est celui sur lequel il existe le moins d'accord parmi les dermographes. Willan y a rapporté neuf espèces de maladies. MM. Cazenave et Schedel trois seulement sous ces noms : êlèphantiasis des Grecs, rnolluscim (mycosisfun* goïdes) d'Alibert, frambœsia. M. Gibert n'en a pas admis davantage , mais il remplace le molluscum et le frambœsia de MM. Cazenave et Schedel, par la dartre rongeante et la ké~ loïde.
ORDRE VIIIe. Taches (maculœ). Le nom de taches ne
doit être donné qu'à l'altération profonde et permanente de la peau , dont la coloration dépend des variations que peut subir le corps pigmentaire. MM. Gazenave et Scliedel en admettent cinq variétés : 1° sous le nom de coloration, la teinte, bronzée, les ëphèlides, les nœvi; 2° sous celui de décoloration, Y albinisme, le vitiligo ; M. Gibert trois variétés seulement , les ëphèlides , les nœvi et le purpura.
Chacun des huit ordres dont je viens de parler le reproduit avec un caractère particulier , lorsque la maladie reconnaît pour cause la contagion vénérienne ; ainsi toutes les affections cutanées, désignées sous le nom de syphilides, sont eocanthèmateuses , huileuses, vësiculeuses , pustuleuses , populeuses, squammeuses, tuberculeuses, maculeuses, ou se produisent sous l'aspect de taches.
Alibert , que sa qualité de médecin de l'hôpital Saint-Louis mettait à portée d'observer les maladies de la peau , sous leurs formes les plus variées , sentit la nécessité d'en embrasser l'étude , de manière à porter la lumière sur cette partie de la médecine , restée encore si obscure. Son zèle s'agrandit en raison des avantages qu'il attendait de ses travaux. On lui doit l'impulsion donnée aux recherches qui , depuis , ont été faites en France , sur les maladies du système dermoïde. Il n'adopta pas d'abord de classification particulière. Il divisa les maladies de la peau , comme l'avait fait Galien , en teignes et en dartres ; mais il en observa la marche et en étudia les caractères extérieurs avec une exactitude qui te
fOO DE LA CLASSIFICATION DES MALADIES DE LA PEAU.
distingua parmi ses prédécesseurs. Plus tard, il s'attacha particulièrement à multiplier les espèces et les variétés , beaucoup plus qu'à déterminer leurs formes élémentaires. Il étudia les maladies cutanées , comme les naturalistes étudient les plantes. Ensuite il les réunit en familles , sous la dénomination de dermatoses.
La dernière classification d'Alibert est figurée par un arbre qui représente le derme ; les branches principales , ses diverses maladies ; les rameaux indiquent les genres ; les ramuscules, les espèces et les variétés. Elle forme douze groupes, qui sont : 1° les dermatoses eczémateuses ou inflammatoires, et trente-quatre espèces ; 2° les dermatoses exanthémateuses, qui sont toujours précédées ou accompagnées d'une réaction fébrile , qu'il a divisées en neuf genres et vingt espèces ; 3° les dermatoses teigneuses , ou maladies du cuir chevelu , qui sont divisées en quatre genres et dix espèces ; 4° les dermatoses dartreuses , qui sont des affections chroniques communes à tous les tégumens , dont il a composé quatre genres , divisés en douze espèces ; 5° les dermatoses cancéreuses , qui sont de deux genres , divisés en huit espèces ; 6° les dermatoses lépreuses , divisées en quatre genres et dix espèces ; 7° les dermatoses véroleuses ou vénériennes , formant deux genres , divisés en six espèces ; 8° les dermatoses strumeuses ou scrofuleuses , qui sont de deux genres et quatre espèces ; 9° les dermatoses scabieuses ou pruriteuses , formant deux genres et sept espèces ; 10° les dermatoses hémateuses ou produites par le sang , comprennent deux genres et cinq espèces; 11° les dermatoses dyschromateuses , qui consistent dans les altérations de la couleur de la peau , composent deux genres et six espèces ; 12° les dermatoses hétëromorphes comprennent les altérations de la peau d'une nature "particulière , et qui ne sont rapportées à aucune classe ; elles forment six genres , qui sont divisés en seize espèces.
Cette classification prouve qu'Alibert ne s'est jamais arrêté à une méthode déterminée , et qu'il a groupé les maladies de la peau , soit d'après leur état inflammatoire local , soit d'après leur caractère essentiellement fébrile ; ou bien suivant leurs causes, leur siège, et, plus souvent encore, d'après leurs caractères extérieurs , dont la moindre différence lui servait à établir une variété. fr, Il est regrettable qu'Alibert n'ait pas pris la classification de Willan pour point de départ. Il eût donné à ses recherches une meilleure direction, et la science, qui lui doit beaucoup , lui devrait encore davantage.
Tout en conservant à Alibert le souvenir reconnaissant que doivent à un grand maître ses élèves les plus distingués', MM. Biett , Rayer , Billard , Gibert , Cazenave et Schedel , ont adopté , en la modifiant plus ou moins , la méthode de Willan ; et du point où cet auteur avait amené la connaissance des affections dermoïdes , ils ont dirigé leurs recherches de manière à porter l'unité de la science plus loin qu'on ne l'avait fait avant eux.
Toutes les maladies qui se manifestent à la peau , excepté les ulcères , sont comprises dans le traité de M. Rayer : soit qu'elles existent d'une manière essentiellement locale, soit qu'elles dépendent d'un état morbide préexistant , aigu ou chronique. « Ces maladies se rattachent naturellement , dit l'auteur, à deux divisions principales , suivant qu'elles attaquent primitivement la peau ou ses annexes... La peau peut
être le siège d'inflammations aiguës ou chroniques , d'anémie, de congestion , d'hémorrhagie, de névroses, de décolorations et de colorations accidentelles , de vices de conformation et d'altération de la texture. Les dépendances de la peau, c'est à dire les ongles et les poils, offrent aussi quelquefois des dispositions anormales , consécutives à diverses altérations des parties qui fournissent ces appendices. En outre, «Quelques animaux peuvent accidentellement naître , vivre , ^t se reproduire à la surface et dans l'épaisseur de la peau.
Toutes les inflammations cutanées envisagées dans leur point extrême de développement , peuvent être rattachées , suivant M. Rayer , à une ou plusieurs dispositions constitutives, sans lesquelles elles se présentent avec leurs caractères les plus positifs et les plus faciles à saisir , c'est à dire selon qu'elles se produisent sous une ou sous plusieurs formes élémentaires.
D'après Fauteur, les inflammations à une seule forme élémentaire , sont : 1° exanthémateuses , comprenant l'érythème , l'érysipèle , la rougeole , la roséole , la scarlatine » l'urticaire , les exanthèmes artificiels ;
2° Bulleuses , tels sont le pamphigus , le rupia, les bulles artificielles ( ampoules , vésicatoires ) ;
3° Vésiculeuses , comme l'herpès, les sudamina, l'eczéma, l'hydrargirie , la gale , la suette , la miliaire , les vésicules artificielles;
4° Pustuleuses, telles que les éruptions varioliques ( la varicelle, la variole ) , la couperose , l'acné, le sycosis, l'impétigo , le favus, l'ecthyma, les pustules artificielles;
5° Furonculeuses , telles que l'orgelet , le clou , l'anthrax ;
6° Gangreneuses , qui comprennent les pustules malignes , le charbon , les inflammations gangreneuses typhoïdes ;
7° Papuleuses , qui sont le strophulus , le lichen , le prurigo , les papules artificielles ;
8° Squammeuses , comme le pityriasis, le psoriasis, 1a
lèpre, la pellagre ,8 les inflammations squammeuses artificielles ;
9° Tuberculeuses , telles que le lupus , l'éléphantiasis des Grecs, le cancer, les tubercules artificielles.
Les inflammations à plusieurs formes élémentaires sont :
l°Les brûlures, exanthémateuses , huileuses, gangreneuses ;
2° Les engelures , exanthémateuses , huileuses , gangreneuses ;
3° La syphilide , exanthémateuse , huileuse , gangreneuse, pustuleuse , papuleuse , squammeuse , tuberculeuse et végétante.
ce Les inflammations à une seule forme élémentaire ne peuvent être considérées , dit M. Rayer, comme des degrés d'unmême mode d'irritation; car elles ne se transforment point les unes dans les autres , à l'aide d'irritations artificielles et
graduées Quant à la cause spéciale en vertu de laquelle
l'inflammation de la peau se manifeste plutôt par une vésicule que par une papule, ou se présente sous la forme squammeuse, elle est encore inconnue. »
M. Rayer convient que la forme élémentaire des inflammations gangreneuses est variable et peu connue; néanmoins il les a rangées dans la même série d'ordres que celles dont la forme élémentaire est positivement déterminée.
Ne peut-on pas reconnaître un vice à ce rapprochement, si on a égard surtout à la nature, à la gravité et au mode de traitement qui distinguent les inflammations gangreneuses des autres inflammations à une seule forme élémentaire? N'eston pas fondé à dire que c'est un défaut de plus , à ajouter à ceux que l'auteur a reconnus à sa classification?
Quant aux brûlures , aux engelures et aux syphilides que M. Rayer regarde comme des inflammations à plusieurs for-
mes élémentaires , il me semble que cette appréciation repose sur une base mal établie. Le caractère de la forme élémentaire étant distinct et déterminé , convient-il de considérer les phénomènes que présentent principalement les brûlures et les engelures , suivant leur degré d'intensité connue des formes élémentaires? Je ne le pense pas : ce sont des différences de lésions organiques variables , dépendantes de l'action d'une cause extérieure accidentelle, et non la représentation de formes élémentaires constantes, sous lesquelles la maladie naît et se développe en vertu d'un principe dont l'action tend toujours à produire le même effet.
Quant aux diverses espèces de syphilides , ce sont les résultats différens d'un même principe. Ces espèces de syphilides n'ont pas plus le caractère de la forme élémentaire que l'état papuleux, noueux, tuberculeux, etc., qu'on observe dans l'érythème, rangé par M. Rayer dans les inflammations à une seule forme élémentaire; ce sont, comme dans les syphilides, des modifications d'un agent morbide particulier.
Les objections que j'élève sont présentées , moins dans un esprit de controverse, que pour démontrer par une raison de plus , les difficultés attachées à la formation d'une bonne classification des maladies de la peau.
Selon M. Rayer, les maladies de la peau doivent être étudiées au delà de leurs apparences extérieures. Indépendamment des altérations de la peau, qui les représentent extérieurement , il en est un grand nombre qui sont essentiellement liées à des états morbides du sang, du système nerveux ou de certains organes. Ces dernières considérations sont de la plus haute importance, et je me range, d'après toute ma conviction , à l'avis de l'auteur.
TABLEAUX DES CLASSIFICATIONS
*%&QGgr
CLASSIFICATION DE PLEiVCK.