INFLAMMATIONS MACULE USE S. — NOEVI
d'arriver ainsi graduellement à retrouver la teinte naturelle des légumens ; mais les essais tentés à ce sujet ont rencontré d'insurmontables obstacles. Avec un semblable moyen , la peau eût offert des espèces de marbrures provenant d'une décoloration imparfaite ; d'ailleurs la conjonctive eût conservé la teinte bronzée; et, enfin, ce remède n'a été proposé que pour la face , ce qui était créer une disparate choquante.
NOEVI.
Ce que Ton appelle vulgairement envies est une de ces altérations de la peau qui sont toutes comprises sous le nom de nœvi. Ces affections cutanées sont des espèces de végétations qui, d'après leur degré de développement, prennent des noms différens : on les appelle donc , selon leur forme , leur couleur et leur étendue, envies, signes, taches de vin, etc.
Les envies ont été spécialement désignées par le terme de nœvi, auquel on ajoute ordinairement l'épithète de materni, parce que l'on rapporte ces productions aux impressions morales qu'une mère peut éprouver pendant sa grossesse. Tous les auteurs se sont accordés pour réfuter toutes les croyances accréditées à ce sujet. Richerand, dans son livre des Erreurs populaires relatives à la médecine, s'élève contre les traditions absurdes transmises sur les envies, depuis un temps immémorial. Cet auteur reproche à Malbranche d'être au nombre des sa vans qui attribuent les envies à l'imagination de la mère. Une des raisons décisives qui démontrent l'impossibilité d'une action directe de l'imagination de la mère sur le fœtus, est celle que fournit la physiologie. Richerand et Bateman ont reproduit la même proposition à cet égard , et Richerand l'énonce ainsi : « Le petit fœtus a sa
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» circulation propre et indépendante ; ses vaisseaux sont dis- » tincts et les battemens du pouls sont plus fréquens chez lui » que chez la mère ; on dirait qu'en l'isolant ainsi la nature » a voulu préserver ses organes délicats des chocs violens qui » auraient pu en altérer la structure. »
Les envies revêtent les formes les plus variées. Leur ressemblance avec des fruits , des corps connus , etc. , n'existe souvent que dans une complaisante imagination : on ne peut nier toutefois quelque analogie assez frappante entre les nœvi et les objets qu'ils représentent.
La cause de ces difformités est inconnue. Bateman remarque cependant 'que l'irritation des vaisseaux artériels donne lieu à ces excroissances ; il dit que la couleur de celle-ci varie d'après l'activité plus ou moins forte de la circulation ; aussi sont-elles plus rouges au printemps et dans l'été , à cause de l'excitation de la peau, produite par une chaleur élevée.
Les signes ne sont souvent qu'un premier degré de ces tumeurs érectiles dans lesquelles le tissu capillaire de la peau a pris un développement morbide. Quoi qu'il en soit, les envies ne constituent pas une maladie ; elles peuvent seulement devenir du ressort de la chirurgie , lorsque , par leur accroissement, un organe se trouve gêné dans ses fonctions, ou que leur tissu , excorié accidentellement ou sans causes connues , peut faire craindre une terminaison fâcheuse.
Ce que l'on appelle taches de vin sont des colorations bleuâtres ou violacées , formées par l'augmentation du calibre des ramuscules veineux ; d'où résulte une injection particulière*'^ permanente de la peau : ces taches sont toujours congéniales , et au nombre des macules que l'on rapporte spécialement aux envies de la mère.
On a proposé , pour remédier à cette repoussante difformité , un moyen plus ingénieux que certain dans ses résultats ; il appartient au docteur Yauli, de Landau.
On pratique, sur les parties colorées de la peau, un la-
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touage semblable à celui qu'emploient les militaires ; lorsque le tatouage est effectué, l'opérateur, qui a composé une couleur formée de vermillon et de blanc de céruse , en cherchant à imiter la teinte de la peau, applique cette couleur sur les parties tatouées , dans l'épaisseur desquelles s'opère une sorte d'incrustation.
EPHELIDES.
On entend, par ëphêlides, des taches lenticulaires, de couleur jaune , ne dépassant pas le niveau de la peau , mais la rendant peut-être un peu plus âpre au toucher que dans les endroits sains. Alibert a distingué trois sortes d' ëphêlides; en réservant cette dénomination comme synonymie des taches, dites de rousseur, il y aura fort peu de chose à dire sur ce genre de macules.
Les taches de rousseur sont commune dans l'enfance et chez les femmes : le tempérament lymphatique y dispose principalement.
Les causes ont été rapportées à l'action de la lumière , et surtout à celle du soleil. On a encore assigné au nombre des causes les impressions morales tristes , une altération particulière du système biliaire , etc. ; mais l'observation ne confirme pas de semblables assertions , et le plus souvent les taches de rousseur tiennent à des causes d'autant plus difficiles à apprécier, que leur durée est très variable.
Les taches de rousseur sont ordinairement incurables. Les anciens employaient de simples cosmétiques, auxquels ils n'attachaient probablement pas une vertu curative que l'expérience eût démentie. Hippocrate recommandait l'huile d'amandes douces ; les modernes se sont servi de quelques astringens légers. Bateman conseille l'alcool pur étendu dans de l'eau distillée; il indique encore l'acide sulfurique con-
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centré, étendu d'eau dans la proportion d'une chopine pour quatre grammes d'acide. Ces moyens peuvent modifier la peau d'une manière utile et prévenir au moins l'accroissement en nombre des éphélides.
ALBINISME ET VITILIGO.
Les décolorations de la peau se rencontrent dans les deux états auxquels on a donné les noms d'albinisme et de vitiligo.
\J albinisme n'est pas une maladie , mais bien une organisation spéciale chez quelques races humaines. On prétend néanmoins que Y albinisme peut se rencontrer dans tous les climats.
V albinisme est, comme le crétinisme, l'expression d'une constitution misérable , qui se révèle par la couleur blanche des cheveux, des poils et de la peau. L'éclat de cette blancheur , le ton mat qu'elle donne surtout aux tégumens , présente un aspect aussi singulier que pénible à observer. Il semble alors que la nature se soit dégradée jusqu'au point de faire de l'homme un animal à sang blanc ! Eh ! c'est une pensée que l'imagination apporte, malgré nous, lorsque l'on examine ces cheveux blancs comme le poil de certains animaux ; ces cils blancs, ces barbes blanches, sur des visages où la jeunesse se fait encore jour, malgré l'extrême débilité qui allanguit toute la personne d'un albinos. Chez ces malheureux , les yeux ne peuvent supporter l'éclat du jour ; l'iris et la pupille sont rouges ; les paupières clignotent sans cesse, et ce n'est que dans une demi-obscurité que les albinos peuvent distinguer les objets.
Les facultés morales sont en raison d'une organisation aussi défectueuse. On ne connaît aucun moyen d'améliorer ce que la nature n'a pas achevé , et l'albinisme est seule-
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ment pour la science un fait qu'elle doit se contenter d'enregistrer.
Le vitiligo est une affection qui consiste dans une décoloration partielle de la peau , et qui se montre sous la forme de plaque blanche. Le mot vitiligo est dérivé de vitulus, qui signifie veau. La blancheur connue de la chair du veau serait alors comparée à celle des plaques du vitiligo. Les nègres offrent surtout des exemples de cette particularité.
Bateman désigne , sous le nom de vitiligo , une maladie tuberculeuse caractérisée par des tumeurs blanches , lisses , luisantes, s'élevant aux environs des oreilles, au col, à la face, quelquefois sur tout le corps. On voit que cet auteur n'est pas d'accord avec les autres pathologistes , et qu'il assigne au vitiligo un rang tout différent dans la classification.
Dans la plupart des cas, le vitiligo ne présente aucune indication thérapeutique.