‹ Étude et traitement des maladies de la peau, précéd é d'une notice sur la méthode Boyveau-Laffecteur, du poëme de Barthélemy sur la syphilis, et terminé par un formulaireChapitre 7 sur 115 · DES CHANCRES OU ULCÈRES PRIMITIFS · texte numérisé non relu

DES CHANCRES OU ULCÈRES PRIMITIFS

L'ulcération vénérienne commence par un point très-limité de la surface muqueuse, et ce point me paraît être une de ses papilles secrétaires ou follicules muqueux. On voit, en effet, se développer une petite élévation boutonneuse ou une sorte de papule qui, lorsqu'elle a atteint la grosseur d'une tête d'épingle, fait éprouver un léger prurit, se déchire et donne issue à un peu de matière roussâtre et limpide. Alors le bouton s'affaisse, l'érosion fait des progrès, l'ulcère s'élargit et se creuse, et ses bords acquièrent de la dureté. Ces accidents, joints à la nature grisâtre, visqueuse et peu abondante de la matière qui résulte de cette espèce de suppuration, sont les signes les plus ordinaires du chancre vénérien. Pendant les premiers jours du développement de cette affection, le prurit continue, le malade souffre peu, mais ensuite une chaleur plus ou moins brûlante se fait sentir et cause parfois une douleur extrêmement vive, de même qu'il peut arriver que l'ulcère, arrivé à un certain degré, reste stationnaire et soit indolent.

L'ulcération vénérienne peut se présenter sous un aspect morbide qui diffère de celui dont je viens de parler, c'est l'excoriation. Ce mode d'affection, au lieu d'agir sur un point de surface plus limité et de produire une érosion qui s'étend en profondeur, se manifeste toujours sur une partie beaucoup plus étendue, et ne fait de progrès qu'à la superficie. La manière dont se forme l'excoriation n'est pas la même

que celle qui détermine le chancre; elle paraît avoir lieu lorsque préalablement la membrane muqueuse se trouve ramollie ou est dénudée de la pellicule épidermoïque qui la recouvre habituellement ; l'excoriation est quelquefois douloureuse ; mais elle se guérit généralement avec beaucoup de facilité , souvent même spontanément. Les soins de propreté et les lotions mucilagineuses suffisent ordinairement.

Les ulcères auxquels on a donné le nom de chancres bénins sont d'autant plus difficiles à guérir, que leur surface est plus terne, leurs bords plus durs, et qu'aucune douleur ne les accompagne. On doit se proposer, dans ce cas, de les exciter de manière à rubéfier leur surface et à favoriser le développement des bourgeons charnus qui précèdent toujours une bonne cicatrisation. Mais, s'il existe des ulcères peu douloureux et qui puissent sans danger rester stationnaires plus ou moins longtemps, il en est d'autres, auxquels on a donné le nom de malins, rongeants, phagédéniques, serpigineux, qui sont extrêmement douloureux, marchent avec rapidité, et dont il est souvent difficile d'arrêter les progrès. L'érosion s'en fait plus généralement en largeur qu'en profondeur ; cependant elle peut avoir lieu dans les deux sens; elle s'opère circulairement ou bien elle agit latéralement et dans une direction inégale, de manière à permettre la cicatrisation d'une partie de l'ulcère à mesure que la maladie s'étend d?un autre côté. D'autres fois l'ulcération agit en profondeur, corrode les parties voisines, arrive jusqu'aux os et en produit la carie. La douleur qui l'accompagne est vive, brûiante et continuelle; les bords de l'ulcère sont alors durs ou saignants, à surface terne, livide, ou à lambeaux décollés. L'ulcération prend aussi quelquefois un caractère gangreneux ; la tendance à cette transformation se manifeste par un engorgement accompagné de rougeur et de chaleur, et qui se projette sans limite déterminée sur les parties voisines; circonstance qui, dans une infinité de cas, contre-indique les opérations chirurgicales qu'on pourrait alors tenter pour sauver les malades, et rend surtout impraticable l'amputation partielle ou totale de la' verge lorsqu'elle est le siège de ce genre d'ulcères. J'aurai occasion d'ajouter plus loin quelques détails sur la nature et le caractère spécial de chaque espèce d'ulcère, et d'indiquer les modifications que peut exiger leur traitement respectif.

Les parties du système muqueux susceptibles d'être le plus communément affectées d'ulcérations vénériennes, et dont je parlerai dans l'ordre suivant, sont : 1° le prépuce et le filet; 2° le gland; 3° l'urètre ; 4°*la membrane génito-urinaire de la femme ; 5° la muqueuse nasale ; 6° la muqueuse buccale ; 7° la conjonctive ou la muqueuse de l'œil; 8° le conduit auditif externe ; 9' enfin, la muqueuse du rectum. . .

Quand il y a eu contact syphilitique, quel que soit le point où se déclare la maladie, le traitement est le même. Il faudra commencer de suite l'emploi du Rob de Boyveau, et le continuer jusqu'à cessation complète des symptômes. Cette méthode de traitement est la seule sans mercure, dont les effets soient authentiques, et attestés par une longue suite d'années. Aussi peut-on suivie ce traitement avec toute confiance, tandis que par l'emploi des méthodes mercurielles la maladie s'aggrave souvent, et des accidents généraux viennent le plus souvent compliquer les symptômes primitifs. Voyez l'instruction pour les doses et le régime hygiénique à la fin de ce guide pratique.

Ulcères du prépuce.

L'ulcération du prépuce affecte le plus ordinairement sa surface interne. La peau qui le recouvre peut aussi en être atteinte; mais je ne parlerai dans ce chapitre que de l'ulcération, de la surface muqueuse du prépuce ; celle de la partie tégumenteuse devant être examinée dans le chapitre suivant, consacré à l'examen des ulcères vénériens primitifs qui affectent le système cutané.

Toutes les parties de la surface interne du prépuce peuvent offrir des ulcères vénériens ; mais on les observe le plus ordinairement au pourtour de son ouverture et sur le filet, parties qui, ,en raison de leur disposition, sont plus exposées que les autres à la contagion, principalement chez les individus dont le gland est habituellement recouvert. L'ulcération prend, dans ce cas, une forme allongée et parallèle aux rides qui bordent l'entrée du prépuce, bien que les chancres de cette partie puissent rendre aussi la forme ordinaire à ceux qui se développent sur d'autres points. Les chancres du prépuce sont d'autant plus douloureux que le tiraillement en est provoqué par les érections ou par les tentatives faites pour découvrir le gland.

Les ulcères du prépuce occasionnent fréquemment l'engorgement des glandes de l'aine et produisent les bubons.

Pour remédier à cet état, il faut panser l'ulcère avec du cérat opiacé, et baigner le prépuce dans de l'eau de guimauve. On commence de suite l'emploi du Rob de Boyveau, en suivant les conseils tracés à la fin du volume.

Ulcérations du gknd.

Ces ulcérations sont moins fréquentes que celles du prépuce, et lorsque les premières apparaissent, c'est principalement à la couronne eu

à la base de cet organe, ou bien à l'orifice du méat urinaire qu'elles se fixent. On peut aussi les observer sur le corps du gland ; mais alors c'est sous forme d'excoriation qu'elles se manifestent le plus communément ; dans ce cas, le gland peut être excorié et dépouillé de son épiderme dans toute sa surface sans qu'il en résulte d'accidents graves; la guérison en est facile, et souvent même elle a lieu d'une manière spontanée, ce qui a fait regarder ce genre d'affection comme n'étant pas dû au même principe contagieux que celui qui détermine les chancres ordinaire?.

Si les choses se passent sans accidents dans les simples excoriations du gland, il n'en est pas de même lorsque l'ulcère pénètre dans son épaisseur. Les chancres du gland présentent ordinairement une surface rouge, granulée et inégale, et leurs bords mous étant découpés d'une manière irrégulière, leur guérison en est rendue moins prompte et moins facile. Quand l'irritation s'affaiblit, l'ulcère cesse d'être rouge, sa surface se couvre d'une couche visqueuse, terne et grisâtre, il devient moins douloureux et peut rester longtemps stationnaire; circonstance que je regarde comme étant propre à favoriser l'infection générale et à produire ultérieurement les accidents consécutifs de la syphilis, même après la guérison de l'ulcère, si on ne l'a obtenue que par des remèdes locaux.

Même traitement que pour l'ulcération du prépuce indiquée ci-dessus, ce qui infirmerait l'opinion des médecins qui pensent que les chancres vénériens ne guérissent jamais seuls. Mais la guérison, survenue de cette manière, peut-elle être regardée comme radicale et exempte de toute affection consécutive? Le doute peut être permis sur ce point ; j'avoue que l'engorgement du cordon spermatique et la dartre survenue à la cuisse me paraissent devoir être attribués à l'infection vénérienne, et je crois que toute guérison d'ulcères vénériens, spontanée ou obtenue par des moyens simplement locaux, peut être suivie tôt ou tard des maladies provenant des modifications que l'organisme est susceptible de recevoir de la contagion syphilitique.

Ulcérations de l'urètre.

On a cru longtemps que dans les gonorrhées la matière de l'écoulement était le résultat de l'ulcération d'une partie plus ou moins étendue du canal de l'urètre; on sait aujourd'hui qu'elle est le produit de la phlogose de la membrane muqueuse urétrale. Néanmoins, des ulcères peuvent affecter cette même membrane; mais ils sont rarement primitifs, et lorsqu'ils se développent sous cet aspect et sont

vénériens, il est probable qu'ils se manifestent seulement à l'entrée du canal de l'urètre. Si les ulcères primitifs dus à la contagion vénérienne sont rares, il n'en est pas de même de ceux qui sont consécutifs. Ils peuvent être le résultat de l'inflammation chronique de la muqueuse urétrale, quelquefois aussi ils dépendent de petits phlegmons qui se forment sous cette membrane et qui s'ouvrent dans l'intérieur du canal, et plus souvent encore ils résultent des blessures faites par des sondes introduites dans l'urètre.

Les signes principaux auxquels on reconnaît les ulcères de l'urètre sont l'écoulement de mucosités purulentes mêlées de sang, la douleur plus ou moins vive que les malades éprouvent en urinant, pendant l'éjaculation du sperme, ou par la pression exercée sur le point ulcéré et l'introduction des sondes ou des bougies. Toutefois on ne doit pas perdre de vue que ces divers accidents, excepté la nature de l'écoulement, peuvent exister comme signes d'un de ces points d'ir-* ritation qui succèdent quelquefois à la guérison des gonorrhées, et deviennent souvent une cause de rétrécissements de l'urètre.

La cicatrisation des ulcères de l'urètre peut donner lieu à des brides qui se développent en sens divers , c'est-à-dire d'une manière circulaire , transversale, oblique, longitudinale, et produisent des rétrécissements à cloisons plus ou moins inégales et qui diffèrent essentiellement de ceux qui proviennent de l'épaississement de la membrane muqueuse, où le diamètre du canal est ordinairement rétréci d'une manière égale et uniforme.

Les ulcérations de l'urètre réclament le traitement entier de douze bouteilles de Rob de Boy veau, car il est fort important de neutraliser complètement le germe syphilitique. Il faut en outre avoir recours soit aux bougies, soit à quelques injections astringentes selon la nature des symptômes qu'on veut combattre, elsuivre exactement les conseils généraux qui sont tracés aux dernières pages de cette instruction.

Des ulcérations chez la femme.

Tous les points de la surface muqueuse des organes sexuels de la femme peuvent être le siège des ulcérations ; mais elles se manifestent de préférence à l'entrée du vagin ou vers l'oritice de la matrice ; il semble que la sensibilité plus vive de ces parties les prédispose au développement de l'irritation produite, soit par la contagion vénérienne, soit par les excès du coït ou toute autre cause. Les u'cères du vagin sont moins douloureux et moins graves en général que ceux qui affectent la membrane génito-urinaire de l'homme. Toutefois,

ceux qui ont leur siège à la fourchette sont ordinairement difficiles à guérir et causent beaucoup de douleurs par suite de l'irritation que la marche y produit, et de la compression qu'ils éprouvent lorsque la malade est assise. Il arrive assez ordinairement que rentrée du vagin se trouve rétrécie par l'engorgement des grandes et des petites lèvres. On voit quelquefois aussi une tumeur se développer sur une des parties de Feutrée vaginale, et principalement sur Tune des grandes lèvres ; cette tumeur, qui abcède promptement si on n'y remédie pas à temps, a lieu ordinairement à la suite d'un ulcère qui affecte la même partie. Dans cet état, la femme ne peut se livrer au coït sans de vives souffrances, et l'émission de l'urine devient douloureuse par son contact avec les surfaces ulcérées.

Les ulcérations vaginales prennent quelquefois un caractère dartreux et serpigineux, et produisent des accidents très-grave?. Des ulcères fistuleux, suivis d'un épanchement d'urine dans le vagin, ou la perforation du rectum, suivie du passage des matières stercorales dans le même canal, sont des accidents possibles, et dont la gravité impose au malade et au médecin des soins dont la rapidité est indispensable et l'opportunité manifeste pour prévenir des résultats aussi fâcheux.

La matière des écoulements chez les femmes, soit qu'elle provienne de l'inflammation de la membrane muqueuse , ou de la suppuration fournie par les ulcères qui peuvent exister à sa surface, vient ordinairement s'accumuler à la paitie postérieure du vagin, d'où elle se répand autour de l'anus et sur les parties environnantes, où elle devient le principe des pustules, des ulcères, des rhagades et des autres espèces de végétations, principalement chez les femmes qui n'ont pas une grande propréié.

Le traitement des symptômes ci-dessus indiqués consiste à prescrire aux femmes remploi prolongé du Rob deBoyveau, en le donnant d'abord à petites doses, et en continuant jusqu'à ce que la maladie soit, guérie. On peut, en outre, sans inconvénient chez les dames, avoir recours à quelques injections astringentes, ou à l'emploi du cérat opiacé, ou de quelques cautérisations avec le nitrate d'argent. Voir l'instruction générale aux dernières feuilles de cet ouvrage,

De l'ulcération de la membrane nasale.

L'inflammation chronique de la muqueuse nasale peut occasionner l'ulcération de celte membrane; mais il arrive souvent aussi qu'el'e est ulcérée par suite, soit de la névrose, soit de la périoslose des os qui composent l'appareil olfactif, ce qui a lieu principalement dans le

cas d'infection syphilitique; les ulcères des fosses nasales fournissent ordinairement du pus ou une matière claire, roussâtre, ichoreuse, plus ou moins sanguinolente, et quelquefois aussi épaisse et d'une couleur verdâtre toujours très-fétide. La puanteur des exhalaisons nasales peut dépendre également de l'inflammation chronique de la membrane pituitaire. On range aussi parmi les causes de l'ozène l'altération et le séjour des mucosités retenues dans les anfractuosités olfactives, comme cela arrive lorsque la maladie a son siège dans le sinus maxillaire.

Cette affection est malheureusement très-commune chez ceux qui ont eu recours au mercure, car ce métal a la funeste propriété de ramollir la substance osseuse. Pour prévenir la carie des os, et l'affaissement du nez, par la chute de la cloison qui entraîne toujours la perte de l'odorat, il faut prendre de 6 à 42 bouteilles de Rob de Boyveau, et introduire dans les narines du cérat saturné ou opiacé, avec des mèches de charpie. Voir l'instruction à la fin de ce volume.

Ulcérations des paupières.

Lorsque la membrane muqueuse du globe de l'œil est atteinte d'une inflammation vénérienne violente ou qui dure depuis longtemps , il s'y forme ordinairement des ulcères qui, en se cicatrisant, altèrent la transparence de la cornée et peuvent troubler plus ou moins la vue. Lorsqu'ils affectent le bord libre des paupières, ils entraînent la chute des cils, qui ne repoussent que lorsque leurs bulbes n'ont pas été détruits entièrement. Ceux qui se manifestent à la face interne des paupières en provoquent sur le globe de l'œil, ce qui peut avoir lieu réciproquement par le contact de la partie ulcérée avec une partie saine, d'où peuvent résulter des adhérences qui fixent l'œil à la paupière et. gênent leurs mouvements respectifs. J'ai vu un malade chez lequel ce résultat tenait l'œil dans une sorte d'immobilité semblable à celle qu'on observe chez les individus qui ont un œil de verre. Les ulcères de la conjonctive peuvent devenir dartreux, ronger successivement les diverses parties de l'œil et entraîner la perle totale de cet organe.

Quand une irritation des paupières se développe par suite d'une gonorrhée ou d'une ulcération syphilitique, que celte affection est persistante et devient chronique, on peut affirmer sans crainte que la cause en est vénérienne. Alors il faut se hâter de recourir à l'emploi du Rob de Boyveau, selon qu'il est indiqué aux dernières pages de ce volume, et panser les yeux avec quelques collyres astringents, tels

que de l'eau de roses 100 grammes, et 25 centigrammes de sulfate de zinc, ou bien encore recourir à l'emploi de la pommade de Régent.

Des ulcérations du conduit auditif extérieur.

Le conduit extérieur de l'oreille peut être le siège d'ulcères vénériens ordinairement simples, mais qui parfois néanmoins se compliquent d'une inflammation qui s'étend à la membrane et à la caisse du tympan, produit des exfoliations, désorganise l'appareil auditif et donne lieu à des écoulemens habituels, ordinairement suivis d'une surdité plus ou moins complète. L'ulcère prend quelquefois un caractère rongeant et porte ses ravages sur le pavillon auriculaire, qu'il détruit en plus ou moins grande partie. Ainsi la surdité provenant d'une cause vénérienne peut se manifester de trois manières : 1° par suite de la phlogose primitive des trompes d'Eustache de l'oreille interne; 2° lorsque des ulcères de la partie intérieure de la bouche déterminent secondairement la désorganisation des parties essentielles à l'audition ; 5° lorsque le désordre des organes de l'ouïe provient d'une ulcération du conduit auditif externe.

Quand la dureté de l'ouïe est la suite d'une affection syphilitique, on est assuré de se guérir en faisant usage du Rob de Boyveau, deux ou trois saisons de suite, au printemps et à l'automne. Il faut recourir au traitement entre 12 à 15 bouteilles. Il faut en outre prendre des fumigations aromatiques dont on dirige la vapeur dans l'oreille au moyen d'un entonnoir.

Des ulcérations de l'anus et de l'intérieur du rectum.

Les ulcérations vénériennes peuvent, chez tous les individus, affecterla marge de l'anus et le rectum, mais elles sont généralement plus communes chez les femmes publiques. Quelques auteurs prétendent que ce genre d'ulcères est toujours précédé d'une inflammation de la membrane muqueuse, et qu'il succède surtout à son état chronique ; mais je suis porté à croire que ces mêmes ulcères peuvent être primitifs dans certains cas, et cela est d'autant plus probable qu'il est possible qu'un ulcère se manifeste sur cet organe à la suite d'un commerce impur.

On donne le nom de rhagades à ceux qu'on observe à la marge de l'anus, et qui se développent dans l'interstice de ses plis, sous (onuc d'une fissure étroite et allongée. Ils sont parfois peu douloureux et se guérissent facilement; d'autres fois, et surtout lorsqu'ils sont enflammés, profonds, que leurs bords sont durs, calleux, renversés, et qu'ils

fournissent une matière séreuse et sanguinolente, ils occasionnent de vives souffrances pendant les déjections et rendent toujours pénibles la marche et l'équitation ; ils peuvent devenir rongeants, détruire le sphincter de l'anus et permettre la sortie involontaire des matières fécales. Ceux qui ont leur siège à l'intérieur du rectum peuvent perforer cet intestin et donner lieu au passage des excréments dans le vagin ou dans la vessie. Ils sont ordinairement accompagnés d'une phlegmasie chronique de la muqueuse du rectum, et dans certains cas ils occasionnent des ulcères phlegmoneux à la marge de l'anus, ainsi que j'ai eu l'occasion de l'observer. En se cicatrisant, en totalité ou partiellement, ces ulcères peuvent donner lieu à des brides et à des rétrécissements qui en augmentent la gravité.

Les hémorrhoïdes, ou la présence d'un corps volumineux dans le rectum, peuvent produire, soit l'inflammation, soit des ulcérations qui, en devenant chroniques, prennent un caractère fongueux, et déterminent des accidents qui ont beaucoup d'analogie avec ceux qui résultent de l'infection vénérienne.

Les accidents qui ont lieu, soit à l'anus soit au rectum, sont toujours fort graves. Pour y remédier, il faut insister plusieurs saisons de suite sur l'emploi du Rob de Boy veau, comme il est indiqué à la lin de ce guide pratique.

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