‹ Étude et traitement des maladies de la peau, précéd é d'une notice sur la méthode Boyveau-Laffecteur, du poëme de Barthélemy sur la syphilis, et terminé par un formulaireChapitre 6 sur 115 · DES MALADIES VÉNÉRIENNES PRIMITIVES · texte numérisé non relu

DES MALADIES VÉNÉRIENNES PRIMITIVES

J'ai dit qu'il n'existe à regard des maladies vénériennes que deux modes d'affections essentiellement primitifs, l'inflammation et l'ulcération, l'une donnant lieu aux écoulements, l'autre aux divers genres d'ulcères auxquels est sujette la membrane muqueuse, principalement celle des organes sexuels.

Je vais exposer, dans un paragraphe particulier, les phénomènes qui dépendent de chacun de ces deux modes d'affection : le premier, sous le nom de phlogose ; le second, sous celui d'ulcération de la membrane muqueuse.

De la phlogose ou inflammation du gland {Balanite).

La phlogose du gland produit la maladie ordinairement accompagnée d'un écoulement qu'on appelle fausse gonorrhée ou fausse blennorrhagie gonorrhée, chaude-pisse ou blennorrhagie bâtardes ; on lui donne aujourd'hui le nom de balanite pour désigner l'irritation morbide ou la phlogose du gland. Cette maladie n'est pas toujours vénérienne, mais résulte souvent d'une disposition particulière du gland et du prépuce ; elle peut être plus ou moins intense et plus ou moins difficile à guérir, selon les rapports qui existent entre le prépuce et le gland.

La balanite présente des phénomènes différents, suivant qu'elle a

lieu chez un individu dont le gland est habituellement découvert, ou entièrement recouvert et renfermé étroitement sous le prépuce. Elle est généralement plus douloureuse dans le premier cas, parce que le prépuce, retiré derrière le gland, produit une sorte d'étranglement de cette partie de la verge, étranglement qui devient plus intense à mesure que la phlogose, augmentant le développement du gland, tend à accroître les accidents et à rendre la partie malade extrêmement sensible.

Les personnes dont le gland est habituellement découvert ont cette partie plus volumineuse en général que celles qui sont organisées différemment. Dans le premier cas , l'érection suffit ordinairement pour produire le resserrement du gland par le prépuce, et plus les érections sont nombreuses, plus la balanite se manifeste fréquemment.

De la phlogose ou inflammation de l'urètre; ou blennorrhagie.

Cette espèce d'affection vénérienne est la plus ancienne et la première qui ait été observée ; elle a été désignée sous le nom de gonorrhée, qui signifie écoulement de semence ; sous ceux de brûlure et chaude- pisse, à cause de la douleur brûlante qui accompagne l'éjection des urines ; sous celui de blennorrhagie, qui veut dire écoulement de mucosité, et, en dernier lieu, par le mot wétrite, pour indiquer l'état inflammatoire du canal de l'urètre1.

Ce qui a fait naître des doutes sur l'identité de la contagion de la maladie, c'est l'observation qui a été faite de la guérison de la gonorrhée, sans avoir recours au traitement mercuriel, si longtemps regardé comme le seul moyen de guérir les autres accidents de la maladie vénérienne, et la différence que présentent leurs symptômes respectifs. La gonorrhée est, dit-on, une maladie locale qui infecte rarement l'habitude du corps , ce qui est vrai ; mais, de ce que cela arrive rarement, on ne doit pas en conclure qu'elles ont une source différente. Les caractères qui les distinguent tiennent à la nature et au degré de l'altération organique produite par la contagion vénérienne.

« La vérole est, dit Bell, une maladie de la constitution qui ne se manifeste que quand le virus syphilitique a été absorbé par une partie quelconque de la surface du corps, le plus souvent par les organes de la génération ; ce virus engendre alors des bubons, des ulcères de diverses parties, surtout dans le nez et la gorge, des douleurs et des gonflements des os, etc. La vérole s'annonce communément par un

(1) J'emploierai les mots gonorrhée et blennorrhagie indifféremment, pour désigner les écoulements vénériens, parce qu'ils sont encore généralement usités.

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chancre ou par un petit ulcère situé sur quelque partie de la verge. L'on convient généralement que la plus légère affection de ce genre suffit pour infecter tout le système. »

Les écoulements primitifs de l'urètre viennent généralement à la suite du coït et dépendent de plusieurs causes. On peut en être atteint sans que la femme avec laquelle on a eu des liaisons soit infectée. Je l'ai dit : les fleurs blanches, les approches de la menstruation ou de l'accouchement, les ulcères au col de l'utérus peuvent produire des écoulements. Sont-ils de la même nature que ceux par infection vénérienne ? leur traitement doit-il être le même, et leurs conséquences ne sont-elles pas plus graves dans un cas que dans l'autre ? Lorsque la maladie a un caractère contagieux, celui qui en a été atteint n'est point à l'abri des effets consécutifs de l'infection syphilitique, et, dans ces cas, on peut et on doit, à l'aide d'une médication convenable, modifier l'organisme de manière à neutraliser l'influence ultérieure de cette affection.

En toute occurrence, et même en cas de doute, il est utile de prendre quelques bouteilles de Rob Boyveau, car ce remède étant essentiellement dépuratif, et ne contenant pas de mercure, dissipe en peu de temps les symptômes inflammatoires, et le malade sera à l'abri de toute crainte pour l'avenir, d'autant plus que souvent les femmes ignorent complètement la cause de leurs fleurs blanches. Car un mari ou un amant prudents ne doivent jamais avouer leurs écarts dans l'intérêt de leur repos futur.

Les écoulements vénériens chez l'homme proviennent d'une irritation de la membrane muqueuse de l'urètre; mais il est rare qu'elle soit affectée au même degré dans toute son étendue. La phlogose urétrale peut se borner k la surface de cette membrane ou envahir tou'e sa texture. L'intensité de la douleur qui accompagne cette affection est en raison du siège et du degré de l'inflammation. La qualité irritante des urines peut aussi la rendre plus aiguë, ce qui indique, daus toutes les circonstances, l'utilité du régime adoucissant, et la nécessité d'éviter les boissons et les aliments échauffants.

Les parties de l'urètre les plus adhérentes au tissu érectile ou corps caverneux, sont celles où la phlogose se manifeste le plus souvent et avec le plus d'intensité, ce qui peut s'expliquer par l'exaltation vitale de ces parties pendant l'érection, qui les rend plus susceptibles de la contagion vénérienne.

La matière de l'écoulement varie en raison de la période et de l'intensité de la maladie. A son début, lorsque la phlogose est très-déveîoppée, la matière qui s'écoule est séreuse et roussâtre, quelquefois siigainolente. Au bout de quelques jours, elle devient plus épaisse et

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plus abondante, et prend une couleur d'un jaune verdâtre qui fait sur le linge des taches de la même couleur et plus foncées au centre qu'à la circonférence. Dans ce cas, les érections sont fréquentes et très-douloureuses. A mesure que l'inflammation se modère, la matière de l'écoulement change de nature et prend uue couleur b!anchàtre et lactescente ; elle présente ces derniers caractères dès l'invasion de la maladie, lorsque la phlogose vénérienne est modérée.

L'aspect verdâtre de l'écoulement n'est pas toujours le signe d'une phlegmasie intense. On l'observe quelquefois lorsque la maladie est bénigne, surtout lorsqu'elle est produite par une affection scrofuleuse ou dartreuse, etc. Les symptômes les plus caractéristiques de l'intensité de la phlogose urétrale sont la douleur ou la cuisson éprouvées en urinant, et les souffrances qui accompagnent l'érection et dépendent presque toujours de l'état morbide constituant la chaude-pisse cordée, ou la phlébite.

Pour guérir promptement et radicalement les écoulements nouveaux ou anciens, il faut prendre de 2 à 6 bouteilles de Rob de Boyveau, en suivant le régime et l'instruction indiqués à la fin de cet ouvrage.

L'écoulement conserve quelquefois la consistance puriforme jusqu'au déclin de la maladie, et se tarit subitement ; d'autres fois il devient plus liquide, comme séreux, et persiste plus ou moins longtemps, même après avoir employé des moyens plus ou moins rationnels. Dans ce cas, on doit avoir recours à quelques boîtes de pralines Dariès au cubèbe, ou aux capsules du docteur Human, dont le baume de copahu solidifié ne fatigue pas la constitution. J'indiquerai plus loin la méthode de traitement qui me réussit le mieux contre les écoulements rebelles.

On a longtemps regardé comme une affection de la même nature les divers états morbides qui constituent la maladie vénérienne, ou la syphilis proprement dite, et l'on avait raison.

Parmi le grand nombre d'auteurs qui admettent la même propriété d'infection dans l'écoulement vénérien et dans le chancre, Bell et Bosquillon, son traducteur, méritent particulièrement d'être cités.

Je crois aussi important de rapporter quelques passages du Compendium sur le même sujet.

Hufeland croit à l'identité de la gonorrhée et de la syphilis, parce que le même virus produit, chez un malade la gonorrhée, chez un autre la syphilis ; parce que la matière de la gonorrhée peut donner la syphilis, des ophthalmies vénériennes, des bubons, des chancres; qu'elle est traitée avec avantage par les mêmes agents médicamenteux que la vérole. Ce qui lui semble constituer les différences que l'on observe entre les deux maladies, c'est, d'une part, l'organisation particulière de la muqueuse de l'urètre, et, de l'autre , la présence de

Thumeur sécrétée. Ces deux conditions pathologiques atténuent , rendent moins infectante la gonorrhée. Le virus blenriorrhagique est comme enveloppé par la matière de la sécrétion muqueuse, et peut même être entièrement rejeté avec le produit de la sécrétion ; le virus chancreux , au contraire , est plus actif et plus corrosif. (Gazette médicale^ août 1834.)

Du traitement de la gonorrhée récente.

La gonorrhée est le résultat le plus commun de la contagion vénérienne ; de graves et nombreux accidents pouvant en être la suite, son traitement exige une grande expérience et de sages précautions. Une suffit pas de faire cesser l'écoulement qui caractérise cette affection , il faut encore y procéder de manière à ne pas produire d'autres affections plus dangereuses que celles qu'on aurait cherché à guérir. C'est pourtant ce qui arrive journellement, et c'est la cause dont s'occupent le moins la plupart de ceux qui se livrent au traitement des maladies vénériennes, dont le but principal est d'arrêter tous les écoulements, sans avoir égard aux suites qui peuvent en résulter ; cela m'est démontré chaque jour par le grand nombre de malades qui viennent réclamer mes soins, après s'être fait traiter par quelqu'un de ces empiriques qui , confondant tous les états morbides que peut engendrer la contagion vénérienne, les traitent de la même manière, sans tenir compte des dispositions du malade ni du caractère particulier de la maladie.

Quand le malade est atteint d'un écoulement, quelle que soit la cause dont il provient , il devra prendre un bain , boire beaucoup d'eau sucrée ou de sirop d'orgeat, et commencer de suite l'emploi du rob antisyphilitique de Boyveau , suivant l'instruction qui est indiquée à la fin de l'ouvrage.

Quelques bouteilles suffisent pour une guérison prompte et radicale. Il faudra, en outre, observer le régime hygiénique tracé par l'instruction qui est à la fin de ce volume.

De la gonorrhée ancienne (urétrUe chronique).

On donne le nom de gonorrhée ou d'urétrile chronique aux écoulements dont la durée dépasse le terme ordinaire de la gonorrhée récente ou aiguë, qui est de deux mois au plus. Lorsque la maladie passe cette époque, on peut la regarder comme ayant une

endance à se prolonger sans qu'on puisse en limiter le terme. Aban

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donnée à elle-même, la gonorrhée peut subir cette transformation • et cela arrive principalement lorsque les malades souffrent peu et qu'ils négligent de se faire traiter, ou bien lorsqu'ils délaissent leur traitement après l'avoir commencé, ainsi que cela est fort ordinaire une fois que les douleurs ont cessé d'être vives. L'emploi du baume de copahu sans traitement préalable, les injections faites à contre-temps, et surtout pendant qu'il existe encore de la douleur, peuvent nonseulement prolonger indéfiniment la gonorrhée , mais encore donner lieu aux accidents consécutifs qui ne se seraient pas développés, si, par l'effet d'un traitement bien dirigé, la guérison avait été radicale.

On attribue la disposition de cette maladie à se prolonger, à un état d'irritation ou de pblogose locale de la partie balanique et bulbeuse du canal de l'urètre, ou à une sécrétion vicieuse ou anormale de la membrane muqueuse urétrale. Elle peut dépendre aussi de la présence de petites ulcérations dans une partie du canal de l'urètre. Quand l'écoulement persiste après un traitement rationnel, il arrive ordinairement que l'érection, et surtout l'éjection du sperme, produisent de la douleur vers la partie du canal où réside l'affection morbide qui fournit la matière de l'écoulement. La détermination précise du point affecté est nécessaire pour obtenir la guérison des gonorrhées opiniâtres.

Lorsque la matière est tenace, gluante, et se dessèche au méat urinaire, on est autorisé à soupçonner que l'irritation occupé le bulbe, ou un point de la partie supérieure de l'urètre. Dans le cas où la partie inférieure ou balanique en est le siège , la matière de l'écoulement en est ordinairement plus claire; et lorsque la goutte fixée au méat urinaire est essuyée ou se détache, il s'en forme une autre peu de temps après. Quelquefois il ne reste, àlasuitedesgonorrhées opiniâtres ou mal traitées, qu'un suintement d'une humeur limpide et transparente toujours peu abondante. Les injections intempestives ou trop fréquentes sont la cause la plus générale de cette dernière espèce d'écoulement. Je crois aussi que la pression, trop souvent réitérée, qu'on est dans l'habitude d'exercer sur le gland pour provoquer l'expulsion de la matière, en est une cause principale.

Quand un écoulement est passé à l'état chronique, il faudra l'attaquer avec méthode pour le guérir rapidement et éviter les rétrécissements du canal. On devra prendre de quatre à huit bouteilles de Rob de Boyveau, suivant l'instruction qui termine cet ouvrage ; vers la sixième et septième bouteilles, si l'écoulement persistait encore, on aurait recours à quelques boîtes de pralines Dariès au cubèbe , ou aux capsules du docteur Human, au copahu solidifié, afin de ne pas fatiguer le canal intestinal, comme le fait le copahu pur ; par

ce traitement rationnel on arrive plus promptement que par tout autre système à une guérison radicale, but final qu'un malade doit désirer.

Des flueurs blanches, ou leucorrhée.

Les parties sexuelles de la femme présentent une disposition anatomique qui donne à leurs maladies un caractère particulier ; aussi diffèrent-elles , à beaucoup d'égards, de celles qui affectent les organes sexuels de l'homme. Elles sont en général moins douloureuses et leurs suites ne sont pas aussi redoutables. L'appareil génital de la femme est moins compliqué ; le canal de l'urètre est plus court , et la membrane muqueuse ayant une plus grande surface , la phlogose ou inflammation s'y développe avec d'autant moins d'intensité qu'elle peut s'étendre sur un plus grand espace ou se fixer sur des parties différentes.

Lorsqu'un écoulement , chez la femme , dépend de la contagion vénérienne ou de toute autre cause, les accidents qui l'accompagnent varient , comme toutes les maladies, en raison de la situation de la sensibilité et des fonctions de la partie affectée, ou bien encore selon qu'un plus grand nombre de ces mêmes parties prend part à la phlogose, ou que toute la surface muqueuse génito-urinaire en est atteinte. *

Il est d'autant plus nécessaire de traiter des flueurs blanches dans les livres consacrés à l'étude des maladies vénériennes, qu'il est souvent très-difficile de distinguer chez les femmes si l'écoulement est dû à la contagion ou à une cause étrangère. Quoique la méprise, ainsi que je l'ai dit plus haut, ne puisse pas être aujourd'hui trèspréjudiciable par suite du traitement presque identique qui convient dans les deux maladies, et dont le mercure doit être à jamais exclu, il est néanmoins de la plus grande importance de pouvoir fixer son opinion sur ce point, dans le cas où la moralité et le bonheur des familles peuvent en dépendre.

Il est vrai qu'il est difficile de déterminer lorsqu'un écoulement est la suite d'une maladie communiquée. Il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit de juger s'il n'est pas vénérien.

La connaissance des causes qui peuvent produire chez la femme un écoulement non vénérien est donc une chose digne du plus sérieux examen.

Les écoulements chroniques des femmes exigent toujours un traitement particulier; ils n'ont une grande tendance à se perpétuer qu'en raison de l'étendue de surface que présente la membrane génito-

urinaire, ce qui rend indispensable l'usage des moyens locaux propres à modifier l'état organique de cette membrane ; mais on ne doit attendre aucune guérison parfaite et exempte de toute suite fâcheuse, que lorsqu'on corrige , par des remèdes intérieurs sagement administrés , l'habitude constitutionnelle qui dispose à cette maladie ou en est la cause directe.

De tous les moyens préconisés pour guérir radicalement les flueurs blanches sans- les répercuter , c'est l'emploi du Rob de Boy veau, qui, agissant comme agent dépuratif, guérit le plus radicalement la cause de cette maladie : voir l'instruction à la fin de ce guide pratique.

On peut aussi yjoindre l'emploi de lotions ou de quelques injections, avec deux grammes d'extrait de satura e dans un litre d'eau.

Des effets secondaires de la blennorrhagie.

La gonorrhée, traitée par le copahu sans en avoir détruit d'abord le principe contagieux, peut donner lieu à des accidents morbides qui , indépendamment des symptômes locaux qui lui sont propres, se développent pendant ou après la durée de cette affection, et par conséquent existent en même temps que cette affection , ou lui succèdent. Ces principaux symptômes ou phénomènes sont :

1° La tension et la rougeur du gland, et quelquefois la tuméfaction portée jusqu'à empêcher la liberté des mouvements du prépuce, et à occasionner soit un phimosis, soit un paraphimosis. L'inflammation du prépuce et les accidents qu'elle entraîne peuvent aussi être la suite de l'irritation que produit sur cette partie la matière de l'écoulement urétral.

2° Les douleurs qui de la verge se propagent aux aines occasionnent souvent le gonflement des glandes lymphatiques de cette région, et s'exaltent quelquefois jusqu'à produire un état inflammatoire capable de faire cesser tout à coup l'écoulement et de provoquer le développement et la suppuration rapide d'un bubon; de sorte que l'adénite vénérienne, ou bubon, peut, dans certains cas, être produite parla gonorrhée ou la phlogose urétrale, bien que cet accident arrive beaucoup plus fréquement à la suite de l'ulcération ou d'un chancre de la membrane muqueuse sexuelle. Lorsque l'inflammation glandulaire marche plus lentement, l'écoulement en suit ordinairement les progrès, c'est-à-dire qu'il diminue ou cesse à mesure que l'engorgement s'accroît, et reparaît lorsque la résolution en est le terme.

3° Chez quelques individus les vaisseaux lymphatiques et la veine dorsale de la verge s'enflamment parfois, ce qui occasionne la rou-

m GUIDE PRATIQUE,

geur et la tuméfaction de cet organe , et produit un état douloureux qui rend l'érection très-pénible.

Dans d'autres cas, l'inflammation s'étend de la membrane muqueuse urétrale aux tissus sous-jacents dont la tuméfaction empêche le canal de l'urètre de se distendre dans la proportion du développement que prend la verge pendant l'érection, d'où résulte la courbure de cet organe, ce qui constitue la chaude-pisse cordée.

4o La phlogose urétrale se propage assez souvent au cordon des vaisseaux spermatiques et à f épididyme , et en produit le gonflement partiel ou total. Dans ce cas, le malade éprouve ordinairement un sentiment prononcé et fort incommode de lassitude dans la cuisse du côté malade. Un autre accident qui a lieu plus souvent encore, est l'engorgement inflammatoire du testicule, phénomène connu sous le nom de chaude-pisse tombée dans les bourses , et qui se distingue par la tension douloureuse et une vive sensibilité de l'organe affecté. Les écarts de régime, la marche forcée, l'équitation , l'exercice, les érections fréquentes, les bains froids, l'omission d'un suspensoir ou la gêne qu'il produit lorsqu'il est trop étroit , sont les principales causes de cette affection. L'inflammation peut se borner à un testicule , passer de l'un à l'autre ou les atteindre tous les deux, ce qui est fort rare à la vérité.

Les souffrances, ordinairement très-vives, occasionnent une forte fièvre et réclament une médication antiphlogistique très-active. Dans les cas les plus ordinaires, cette maladie se termine par résolution, du huitième au quinzième jour. Si les jeunes gens connaissaient tous les dangers des traitements répercussifs par le copahu, et tous les accidents qui tôt ou tard en sont les tristes conséquences, ils abandonneraient à jamais ces traitements qui ne font que les contenter momentanément en leur préparant des regrets éternels.

5° On a vu quelquefois tout l'appareil urinaire prendre part à l'inflammation vénérienne de l'urètre ; mais il arrive souvent que l'irritation ne dépasse pas le col de la vessie. Dans ce dernier cas, le besoin d'uriner se fait sentir subitement, et s'anonncepar une douleur vive et par la difficulté de retarder l'émission de l'urine. Lorsque l'inflammation du col de la vessie est plus intense, le besoin d'uriner devient plus fréquent ; l'urine ne coule que goutte à goutte et avec beaucoup de difficulté et de douleur. Enfin, il peut arriver que l'inflammation soit portée au point d'obstruer complètement le col de la vessie et de produire la rétention d'urine et tous les accidents qui peuvent la rendre mortelle.

6° Enfin , la phlogose vénérienne de l'urètre peut réagir aussi sur la plupart des organes et produire des douleurs articulaires, des rhu-

matismes, des irritations gastro-intestinales, gutturales, pulmonaires, oculaires, etc., etc. Il importe de remarquer qu'il n'est ici question que d'affections concomitantes, liées à l'état récent de la maladie, et qu'on doit distinguer des affections qui sont la suite tardive des symptômes vénériens réputés essentiellement syphilitiques.

Chaque fois qu'un des symptômes ci-dessus indiqués se montre, le plus souvent il y a un peu de fièvre. Le malade doit faire diète, ou peu manger, prendre quelques bains, et boire quelques tisanes adoucissantes, ou des sirops de gomme ou de guimauve. Il faut aussi commencer l'emploi du Rob de Boyveau à petites doses, afin de neutraliser le principe de la maladie ; quand l'irritation sera passée, on pourra suivre le régime et l'instruction tracée à la fin de cet ouvrage.

7° Le rétrécissement du canal de Vurètre est dû à une autre forme d'altération chronique. Il peut exister sans écoulement, bien que la membrane muqueuse soit altérée dans sa texture. Elle devient quelquefois fongueuse, ou s'épaissit avec induration ; d'autres fois c'est le tissu cellulaire sous-jacent qui est dans un état d'induration, ce qui produit aussi le rétrécissement sans que la muqueuse urétrale soit malade. Ces divers états morbides peuvent se manifester sur une ou plusieurs parties de l'urètre. L'ulcération , qui est un accident assez rare, peut de même donner lieu au rétrécissement de ce canal. Le spasme le produit aussi quelquefois, et de manière, dans certains cas, à ne permettre que difficilement ou à rendre même impossible l'introduction de la plus petite sonde. L'émission de l'urine, souvent difficile, est par moment impossible, ou le filet en est extrêmement mince.

Les accidents qui dépendent du spasme ont une marche plus irrégulière que ceux qui résultent d'un autre mode d'affection de la muqueuse urétrale, et les anomalies qu'ils présentent sont moins subordonnées aux causes accidentelles et aux écarts de régime que les rétrécissements qui sont dus à l'irritation ou à une altération de texture de la membrane muqueuse. Le spasme urétral ne s'oppose parfois que faiblement à l'émission de l'urine, et les malades n'en sont que peu incommodés. Le rétrécissement du canal de l'urètre s'opère toujours lentement et sans que les malades le soupçonnent. Lorsqu'à la suite de quelques excès , l'écoulement se reproduit , ce qui indique que le rétrécissement est en voie de se développer, ils s'imaginent, ou qu'ils sont atteints d'une nouvelle gonorrhée , ou qu'ils ont été mal guéris de la première. Cet état doit être pour le malade le motif d'une grande réserve et d'une vive sollicitude, et pour le médecin le sujet d'une attention particulière.

Pour remédier aux rétrécissements du canal il faut d'abord neutra-

liser le principe de la maladie qui les a occasionnés, en prenant quatre à six bouleilles de Rob de Boy veau. Ensuite on pourra employer quelques bougies ordinaires , ou les bougies médicales selon mes prescriptions. Cela dispensera le malade d'avoir recours à la cautérisation, qui est toujours une opération grave, et souvent fort dangereuse, puisque l'impuissance ou l'incontinence d'urine en sont souvent les suites. Tandis que l'emploi du Rob de Boyveau guérit sans aucun toconvénieut.

8° L'incontinence d'urine est un des accidents les plus ordinaires du rétrécissement du canal de l'urètre. Plus la difficulté d'uriner s'accroît, plus le col de la vessie perd la faculté de résister à l'expulsion de l'urine, et il arrive un moment où ce liquide n'étant plus retenu que par l'obstacîe qui forme le rétrécissement, il s'écoule goutte à goutte et involontairement à mesure qu'il tombe dans la vessie. L'incontinence ne se manifeste jamais que lorsque le rétrécissement est arrivé au point d'oblitérer tout à fait le canal. La rétention d'urine , au contraire, est due beaucoup moins souvent au rétrécissement de l'urètre qu'aux diverses causes qui peuvent exalter l'inflammation urétrale, ce qui la rend susceptible de se déclarer à toutes les époques de a maladie, et avant que le rétrécissement ait fait de grands progrès.

On se sert de plusieurs dénominations pour caractériser les maladies des voies urinaires.

9° On nomme ischurie, ou rétention, l'absence complète d'excrétion ; dysurie, l'excrétion difficile de l'urine ; slrangurie ou urodynie, la sortie douloureuse de l'urine ; diabète, son excrétion extrêmement abondante avec ou sans sucre; hématurie, le pissement de sang; piurie, l'urine purulente ; urine glaireuse, celle qui est chargée de mucosités; et phosphorée, certains cas curieux d'excrétion urinaire phosphorescente. Ces maladies s'observent rarement dans l'enfance.

La rétention d'urine est toujours une maladie extrêmement grave, en raison de l'inflammation de la vessie, qui en est la suite inévitable et qui se manifeste d'autant plus promptement que cet organe est déjà dans un état d'irritation habituelle, ce qui doit porter les malades à employer tous les moyens qui peuvent s'opposer au développement de cet accident, et à réclamer, dès qu'ils en sont menacés, les secours d'un médecin instruit.

10° Les maladies de la prostate diffèrent selon le degré d'inflammation dont elle a été le siège. L'inflammation aiguë de celte glande peut en amener la suppuration et quelquefois la destruction plus ou moins complète ; dans ce cas les urines sont toujours purulentes. Il arrive plus généralement que la prostate subit l'impression d'une irritation moins active dont les effets marchent lentement, et [qui, au lieu de

produire la suppuration, en détermine la tuméfaction et l'engorgement chronique. Cet état morbide se développe, en général, si lentement, que son origine peut remonter à l'époque de la jeunesse, bien qu'il n'ait été observé qu'à un certain âge ; aussi les jeunes gens n'y sont que rarement exposés, tandis que c'est une affection qu'on rencontre fréquemment chez les vieillards. L'induration de la prostate présente une tumeur plus dure et plus facile à juger par le toucher que dans l'état aigu. La douleur est à peine sentie, le malade est sans fièvre, et les envies d'uriner sont beaucoup moins fréquentes. Cette affection fait éprouver à la marge de l'anus le sentiment d'un poids incommode qui provoque sans cesse, et sans en avoir besoin, le désir d'aller à la garde-robe. L'urine est alors filante, glaireuse, et sdhère fortement au fond, du vase.

L'engorgement de la prostate modifie la sécrétion du sperme et devient un obstacle à l'éjaculation. Dans l'acte vénérien, la semence passe dans la vessie, ou bien elle reste momentanément derrière le rétrécissement et ne sort que quand l'érection a cessé, ce qui est une cause d'impuissance. Chez les malades atteints de cette affection, la tension de la verge est toujours .plus ou moins douloureuse, tt souvent ils rendent du sang par cette voie. Dans quelques circonstances où la maladie est portée au plus haut degré, il peut s'établir des fistules urinaires, qui alors sont fort dangereuses ; la vessie, les uretères, les reins peuvent aussi prendre part aux accidents qui sont la suite des altérations de la prostate. Mais tout ce qui se rattache aux maladies des voies urinaires appartenant plus spécialement aux ouvrages qui traitent de cette matière, je ne juge pas à propos d'en parler ici.

Pour remédier aux incontinences d'urine et aux maladies de la vessie et de la prostate, il faut prendre de quatre à six bouteilles de Rob de Boyveau, et suivre un régime hygiénique sévère, comme l'indique l'instruction générale du Rob qui est placée à la fin de cet ouvrage.

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