‹ Etude ethnographique des éléments qui constituent la population de la province de Québec [microforme]Chapitre 1 sur 4 · VX · texte numérisé non relu

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III. — Étude ethnographique des éléments qui constituent la population de la province de Québec,

Par J. M. LEMorine.

(Lue le 28 mai 1892.)

Tracer l'origine complexe des diverses nationalités qui habitent l’'Amérique-Britannique, fixer l'ère exacte, décrire les causes de leur migration de la vieille Europe et de leur établissement sur cette féconde et salubre terre de l’ouest, déterminer la proportion précise dans laquelle chaque race a contribué à la création de la population composite des huit provinces du Canada confédéré, voilà certes un programme assez vaste pour satisfaire l'ethnographe le plus zélé. 11 me sourirait, si j'avais sous la main toutes les données nécessaires au développement de mon sujet : vain espoir pour le moment,

Je m'en tiendrai donc aujourd'hui, à cette partie du programme qui nous intéresse de plus près : l'étude des groupes qui peuplent l'ancienne colonie française de la Nouvelle- France.

Pour la province de Québre, les sources ethnographiques se révèlent comme suit :

1. Les tables du recensement officiel, sous la domination française et sous le régime qui Ja remplaça en 1760, la domination anglaise.

2. Les registres authentiques des mariages, baptémes et sépultures conservés dans les églises des divers cultes. (Qu'il me soit permis, avant d'aller plus loin, de rendre hommage aux savantes reclerches sur cette matière, de feu les abbés Ferland et Langevin, et de l'abbé Cyprien Tanguay.)

8. Les états de service des régiments français, anglais, écossais, allemands, suisses, licenciés an pays.

4, Les annales canadiennes, augmentées des pièces justificatives et des documents déposés aux archives, à Otiawa et à Québec.

D'abord disons un mot en passant des récits fantastiques et injurieux que certains écrivains légers ou malhounèêtes ont fait circuler sur les commencements de la colonie,

Les antécédents des premiers colons de la Nouvelle-France, sont fort différents, sachons-le, de ceux des gens que l'Etat envoyait aux Antilles françaises, à Saint-Christophe, par exemple, Ce n'était pas des repris de justice, des galériens, des malfaiteurs, en un mot des rebuts sociaux, que l’on destinait à la nouvelle colonie. Mais, comme l’a si bien dit M. Rameau de Saint-Père : “des paysans français, paisibles, laborieux, régulièrement ‘organisés sous leurs seigneurs, avec l'aide et l’'encouragement du gouvernement.”

Plus tard, en 1665, l'élément militaire fera acte de présence ; les troupiers du régiment de Carignan se grouperont autour du manoir seigneurial de leurs officiers concessionnaires de vastes seigneuries, auxquelles ces derniers laisseront leur nom et où ils feront souche. Les grands de Louis XIV, rivalisant d'empressement à seconder le roi, contribueront de

Sec, I, 1892, 3.

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