J. M. L&MOINE
voile pour le Nouveau-Brunswick et y fonda la ville de Saint-Jean. Les hommes les plus en vue du groupe de Québec, les Smith, les Sewell, les McPherson, les Ogden, les Bethune, devinrent d'importants fonctionnaires publics, chefs de la classe dirigeante.
Les troupes allemandes, qui accompagnèrent le général Burgoyne à Québec, en 1776, laissèrent derrière eux à leur retour, à Québec, en 1782, plusieurs soldats hessois et brunswickoie, qui s'établirent au Canada.
Québec, vers cette époque, au reste, contenait quelques familles allemandes, les Pozer, les Würtele, etc.
En 1797, la Révolution française jeta sur notre plage une immigration qui en quelque sorte rappelait les premiers temps de la colonie, Certains membres marquants du clergé français nous demandèrent asile : puis, de braves gentilshommes, des militaires de distinction réfugiés à Londres, après avoir échappé à la guillotine de Robespierre, furent heureux de trouver protection sous le drapeau de la perfide Albion. Prévenns contre les frimas de Québec, ils allèrent s'établir, sous la latitude plus tempérée de Toronto, maintenant la capitale de notre grande province d'Ontario. Un vieux plan exhumé par l’antiquaire Henry Scadding, nous fait voir, au-canton de Markham, près de York, les lots concédés aux royalistes français par le gouvernement anglais, et les noms des concessionnaires comme suit : René Aug. comte de Chalus ; Jean Louis, vicomte de Chalus, :najor général dans l’armée royale de Bretagne ; Ambroise de Farcy, général; le comte de Puisaye ; le chevalier de Marseuil ; Augustin Boiton, lieutenant-colonel ; Michel Saigeon ; François Renaux; Julien le Bugle ; Quetton Saint-Georges ; Pierre Letourneaux ; Jean Furon et autres.
Les mémoires du temps rappellent qu'aux bals du gouverneur de la colonie, les joyanx de madame la comtesse de Puisaye créèrent par leur éclat toute une sensation. Lamartine raconte que M. de Puisaye, avant la déroute au château de Brécourt, passa une année entière caché dans une caverne, d’où par ses manœuvres et ses écrits, il organisa la révolte contre la Convention. Cette noblesse de vieille roche ne fit pas souche au Canada: la colonie se dispersa. Le comte de Puisaye mourut à Londres, en 1827.
Un incident des guerres européennes qui contribua puissamment à signa. :r à l’exploitation commerciale et à la colonisation, la province de Québec, fut le blocus continental ou la clôture, en 1808, par Napoléon I, contre l'Angleterre, des ports de la Baltique. La Grande-Bretagne tirait &es forêts du nord de l'Europe, le bois pour ses vastes constructions navales.
I] lui fallait aussi du pin pour usages domestiques, de l’épinette pour la mâture de sa marine, du chêne pour la coque de ses frégates qui alors envahissaient toutes les mers.
Sous ce rapport, les forêts du Canada étaient inépuisables. Les grandes maisons de commerce, à Londres, à Bristol, à Liverpool ; les chantiers du roi, se hâtèrent d’expédier à Québec, des agents suivis de nombreux corps d'ouvriers, qui plus tard, y amenèrent leurs familles. (Chaque été, de nouveaux colons nous arrivaient d’Albion: l'exploitation des douves et du bois carré, et la construction de notre marine marchande, datent, on peut dire, du blocus continental ; le grand ravageur des nations, Napoléon I, est devenu sans le savoir un bienfaiteur pour le Canada.
Deux régiments étrangers, recrutés parmi les prisonniers de guerrre français détenus en Angleterre, consentirent à venir servir en Amérique sous le pavillon anglais à l'époque de la guerre américaine de 1812—pourvu qu'ils ne fussent pas tenus de se battre contre la France.
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Ces deux célèbres corps, les Watteville et les Meurons, furent plus tard licenciés en Canada. Les officiers y contractèrent des alliances dans nos meilleures familles canadiennes; on en retronve la digne descendance chez les Montenach, les Labruère, les Dufresne, les d'Orscunens, les Genand et autres,
Au reste, à venir jusqu'au départ des légions anglaises, en 1871, le railitaire semble avoir manifesté un penchant prononcé pour nos belles Canadiennes de toutes les origines. Grand nombre de fils de famille anglais ont contracté des alliances dans la colonie. Voir la table, à l’appendice IT.
L'Irlande, anx années de famine et après les grandes guerres continentales, nous versait la surabondance de sa population: ces exilés d'Erin, tristes épaves, venaient par milliers, s'échouer sur nos plages, dénués de tout, certains d'y trouver le pain et la liberté. Ceci avait lien de 1818 à 1850 et plus tard. Ils se fixaient par groupes de familles, aux prés féconds mais incultes des beaux cantons de l'Est, sous un pasteur de leur nationalité. Quelquefois, la verte bannière d'Erin pénétrait dans les environs de nus villes, ou même à l'intérieur, où elle réclamait un quartier entier pour son abondante progéniture,
Les Franco-canadiens de la province de Québec ont conservé le langage, le culte, les traditions, les coutumes même de leurs aïeux normands ou bretons.
Si le peuple parle un idiome un tant soit peu suranné, du moins l'on n'y trouve point de patois, bien que l’anglicisme et l’américanisme y aient fait des hrèches. Récemment la colonisation chez nous a souffert d'un mal dont se plaignent aussi nos prosressifs voisins. Evidemment, le New-Hampshire, le Massachusetts, le Vermont, ne sont pas les seuls endroits où la population rurale, séduite par des récits colorés, quelquefois fantaisistes, quitte les ‘champs paternels,” et va chercher fortune dans l'Ouest ou dans les grands centres manufacturiers des Etats-Unis.
Québec et Ontario même or. payé un large tribut à cette soif de déplacement au profit d'un territoire où la charrue n'a encore tracé que de rares sillons, et où l'hiver est encore plus rude qu'en Canada.
L'on se plaint amèrement aux Etats-Unis du dépeuplement des campagnes, et les tables de notre dernier recensement démontrent que le mal a traversé la frontière et menace de s’enraciner chez nos paisibles fermiers.
L'EXTRAIT qui suit du recensement de 1891, indique le lieu de naissance des pères de famille, RECENSEMENT DE 1891.
PROVINCE DE QUÉSEC.
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GEORGE JOHNSON, Commissaire du recensement,
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24 J. M. LeMOINE.