‹ Etude ethnographique des éléments qui constituent la population de la province de Québec [microforme]Chapitre 3 sur 4 · ARTE LES DTA CD CUS ES · texte numérisé non relu

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20 J, M. LeMOINE.

du Poitou, du Maine, de la Bretagne, de l'Anjou, de ia Picardie, de Brie, de l'Ile-de-France, de Paris, ete. Voir Cours d'histoire du Casada, Ferlant, t. I, p. 512.

Les registres dè la Bisilique de Québec mentionnent parmi les nouveaux colons, des personnes venues de Paris, des jeunes filles prises dans les asiles du roi en France, des orphelines, issues de gentilshommes pauvres, murts au service du roi: ‘l'une, pour sûre, était la fille d'un ancien gouverneur de Nancy,” ajoute Ferland.

Vers 1660, il était déjà né dans le pays plusieurs enfants.

En 1665, le fameux régiment de 1,000 hommes levé en Savoie, en 1644, par le prince de Carignan et commandé par le colonel de Salières, accompagnait à Québec, comme escorte, le magnifique vice-roi, le marquis de Tracy. Près de dux siècles plus tard, notre fastueux vice-roi anglais, et grand commissaire en Canada, le comte de Durham obtenait de sa souveraine, une escorte non moins distinguée, les gardes de la reine — Colds/ream Guards. Piusieurs compagnies du régiment de Carignan furent plus tard licenciées à Québec : l'Intendant réussit à retenir dans la colonie le plus grand nombre de ceux qui les composaient, en leur promettant des épouses françaises, des terres, des bestiaux, des gratuités en argent. Leurs officiers, également séduits par la libéralité du gouvernement, surent se tailler dans le dmaine royal, de vastes et riches seigneuries dont les noms rappellent aujourd'hui les concessionnaires primitifs: Sorel — Chambly —Saint- Ours — Berthier — Contrecœur — La Valtrie— de Meloises —de la Pérade— Petit — Rougemont — Verchères — LaCombe — Portncuf, ete. Aux jours d'antan, il en coûtait moins pour se procurer une épouse à Québec, qu'en Virginie, en 1620. ‘“ Un des moyens adoptés, dit l'historien Ferland, pour augmenter la population (de la Virginie), fut d'y envoyer une cargaison de filles, jeunes et honnêtes, destinées à épouser des planteurs : elles furent débarquées à JamesioWn, au nombre de quatre-vingt-dix. La compagnie fixa le prix de chacune à cent livres de tabac ; or le tabac qui était la monnaïe courante de la Virginie, valait trois chelins la livre ; de sorte qu’une femme, rendue sur les lieux, coûtait à l'acheteur une somme de quinze louis. Bientôt le nombre des filles ayant considérablement diminué, il fallut augmenter le prix et le porter à cent cinquante livres de tabac. (Ferland, Cours d'histoire du Canada, vol. I, p. 193.)

La dispersion, en septembre 1755, par le colonel Winslow, à l’instigation de la Nouvelle-Angleterre, des infortunés Acadiens qui refusaient de prêter le serment d’allégeance à la Grande-Bretagne, maitresse de leur pays, fournit au Canada français un peloton, peu nombreux et peu important de colons, dénués de tout. Ils furent assez mal accueillis à Québec ; la majeure partie des déportés—en tout 5,788—alla traîner une pénible existence au Maine, à Massachusett's Bay, en Pennsylvanie, en Virginie, aux Carolines, à la Nouvelle- Ecosse, aux Iles de la Madeleine, à Terre-Neuve, et à l'Ile du Prince-Edouard.

Quelques-uns retournèrent en France; des familles s'établirent près de Montréal, à un endroit qui plus tard prit le nom d’Acadie, devenu un centre assez important,

On retrouve maintenant en Canada, bon nombre de vigoureux rejetons de ceux qui colonisèrent le pays d'Evangéline, chanté par Longfellow, chez les Landry, les Poirier, les LeBlanc, les Allard, les Cormier, les Arseneau, les Boudreault.

Un rameau du vieil arbre gaulois reverdit de nos jours au grand conseil de la nation, à Ottawa, dans !a personne des sénateurs Landry et Poirier.

Voilà quelques-unes des grandes lignes de !a population primitive de la colonie, sous la bannière fleurdelisée des Bourbons.

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Le drapeau de Saint-Georges, ; .anté par Wolfe sur nos bastions, en 1759, nous valut une immigration toute autre, par fois antagoniste.

De 1759 à 1841, la France nous envoya peu ou point de colons,

Lorsque Québec, Trois-Rivières, Montréal devinrent des villes anglaises quant à la régie, il s'y établit grand nombre d'avides trafiquants, d'aventuriers sans aveu, accourus à la suite de l'armée, des rives de la Tamise,

Le premier gouverneur, le général James Murray, l'ami des Franco-canadiens, en a tracé une assez sombre peinture dans une dépêche qu'il adressait au gouvernement métropolitain, en 1766.

Certains officiers supérieurs de l'Etat ou de l'armée anglaise, le juge Gregory, Hect. Théophile Cramahé, le général Murray, le colonel Henry Caldwell, le major Samuel Holland, le major Moses Hazen, le capitaine T. Ross, les Hale, acquirent à bonne composition des fiefs, de grands domaines, au départ précipité des anciens propriétaires pour la France ou quelques années plus tard.

Vers 1762, le célèbre régiment de lord Lovat (Frazer's Highlanders) qui avait prodigué son sang pour l'Angleterre dans la guerre de la conquête, fut en partie licencié.

11 se composait de 1,100 montagnards écossais ; plusieurs des soldats se fixèrent au Canada : ils y ont prospéré.

On semblait dès lors préluder au bien-être et aux étonnants succès de cette rude et intelligente race écossaise, dont les descendants--nos millionnaires canadiens—ont accumulé à Montréal et ailleurs, des fortunes fabuleuses : lord Mount-Stephen, sir Donald A. Smith, sir Hugh Allon, sir David McPherson, David Allan, John Redpath, les honorables James et Peter McGill, James Ross, H. Cochrane, Drummond, Robert Angus, W. W. Ogilvie, Duncan Mclntyre, John Fraser, Peter McLaren, Hector McKenzie, Richard B. Angus, Rob. Anderson, B. Greenshields, James Burnett, Rob. Mackay, John McDougall.

Les fils de la Calédonie se répandirent dans tous les coins des possessions britanniques, à la Nouvelle-Ecosse, au Nouveau-Brunswick, etc.; le clan des Fraser, à lui seul, compte parmi nous ses fils par centaines.

Deux officiers qui servaient au siège de Québer, le capitaine John Nairn et le lieutenant Malcolm Fraser, obtinrent de leurcommandant, le général Murray, en 1762, de fertiles et belles seigneuries sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, quatre-vingt-dix milles en aval de Québec : Murray Bay et Mount-Murray.

Ils s’y installèrent, dans leurs confortables manoirs, entourés de leurs soldats : les Warren, les Harvey, les Blackburn, les McLean, les McNeil, les MeNicol, lesquels y épousèrent des Canadiennes.

Leur desceudance est maintenant fort nombreuse ; mais elle a fait table rase des traditions, de la langue, du culte national de l’antique Calédonie. Elle a même substitué au pittoresque kilt des Montagnards, le modeste pantalon d'éloffe du pays !

La guerre de l'Indépendance américaine a enrichi le Canada d’une immigration remarquable à plusieurs points de vue. Mais la province de Québec n’a eu en partage qu'une mince portion des 10,000 loyalistes, qui sacrifièrent fortune et position sociale, à New-York, à Boston, à Philadelphie, etc., plutôt que de faillir dans leur allégeance à leur souverain, George III.

Le gros de la bande se replia vers l'ouest du Canada; ils devinrent par la suite, pour ainsi dire, les fondateurs de sa prospérité. Un peloton assez considérable, en 1788, faisait

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