‹ Étude ethnographique des éléments qui constituent la population du Canada [microforme]Chapitre 9 sur 163 · FU À. HE · texte numérisé non relu

FU À. HE

“métropole, les Canadiens-se retranchèrent derrière l'infranchis- “sable barrière qu'élève entre deux races, la différence du culte “et Cu langage. Aussi la conclusion de la paix, en suspendant “les rencontres armées, laissa subsister les ressentiments. Calme “à la surface, le pays demeurait au fond très agité.

“ Chaque jour les nouveaux occupants outrageaient, cette

“population au sujét de ses croyances, ou la lésaient dans ses

“ droits. La lutte se continua, latente, mais opiniâtre. De mili- “’tajre elle devint politique. Les délibérations secrètes des Con- ‘“’seils, les lentes procédures des Assemblées, remplacèrent l'âgi- “tation des camps et les coups de mains,

“ Cette tactique nouvelle embarrassa d’abord nos Canadiens ; “mais dans ces bouches, muettes au début, la parole devint “bientôt aussi dangareuse que l'épée l'avait été dans les mains “ de leurs pères. Ils'se servirent de la nouvelle arme légale avec

. “autant de prudence que d’habileté.

“ Pour ce peuple, demeuré fidèle à son origine et à sa foi,

“l'énjeu du combat en valait la peine ; il n’y allait rien moins

“que de son existence même. Pour lui, il s'agissait de ne point “se laisser enlever les deux biens qui, pour l'homme, repré- ‘sentent tout ici-bas, cœur et esprit, sentiment et raison ; c'est- *à-dire sa langue et sa religion.

“ Ravir à la fois 16 Dieu et le Verbe. d’un peuple, c'est plus “que 16 détruire, c’est l'avilir, car dans’ la vie mécanique: où il. “s’agitera désormais, il ne conserve que juste le degré de sénsi- “ bilité nécessaire pour ressentir l’insulte et la honte.

“Etre on ne pas être : tel se posait le problème.”

* A. ACHINTRE : Extrait de ls Roue “ Le Nouvelle France."

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lésireux de mettre fin aux troubles et posa l'union des deux Canada, qui fut

habitants français et les nouyéaux colons anglais, l'Angleterre songea à accorder une constitution libérale au Canada. En 1791, sur l'instigation de Pitt, wi acte du parleïent métropolitain divisa le Cinada en denx provinces distinctes qui prirent le nom dé. Haut-Canada et de Bas-Canada, avec Québec pour capitale. Le pouvoir législatif fut confié dans chacune des deux provinces à un conseil Kgislatif ou Chambre haute et à une assernblée législative où chambre basse. Les membres de la chambre haute étaient nommés à vie par la couronne. Ceux de la chambre basse étaient élus pour quatre ans par les comtés et les villes. Le pouvoir exécutif était exetcé par le gouverneur assisté d’un conseil nommé par lui, Mais la chambre haute du Bas-Canada, presque exclusivement cemposée d’Anglais nommés à vie par le gouvernement, dE en hostilité constante avec la chambre élec tive où l'élément canadien dominait. Les intérêts des Bas-Canadiens étaient toujours sacrifiés à ceux des Hauts-Canadiens l'origine anglaise, De là les réclamations fréquentes. dé la part

des Bas-Canadiens qui, après avoir vainement épuisé tous les

moyens parlementaires: et l'éloquence de leur parole à faire reconnaître et respecter lèurs

droits les plus légitimes, levèérent | l'étendard de la révolte, L’insurreetion éclata, le 7. novembre 1857, à Montréal, et se Propagea ensuite dans toute la province. Des troupes furent envoyées d'Angleterre, et les patriotes Bas- 4 nadiens furent. vaincus, malgré leur héroïque et vigoureuse ésistance. Douze des principaux chefs de, cette patriotique nsurrection furent, condamnés À mort. TA É A la suite de cette révolte, le privilège du gouvernement ‘présentatif fut retiré‘äu Bas-Canada. En 1838, Lord Durham d'apaiser les esprits pro- »*consactéc, en 1840, par 4 ° :

Afin de faire cessér la division qui existait entre les anciens

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