LES ACADIENS
Dans le éours de l'été 1883, ayant pris passage à bord / de 5 pè d’une goëlette afin de visitet quelques-unes des stations d D . P " pêche disséminées sur les côtes de. l'Ile du Prince-Edouard Troi et du Nouveau-Brunswick, nous fûmes assaillis, un jour ar une violente tempête dans le détroit de Northumberland et jeté à/la côte. Quelques hardis pêcheurs bravant la fureur à des lames se portèrent à notre secours et nous offrirent l’hospi- plaisanter talité. Ces pêcheurs aussi courageux que généreux n’étaient/ | “Mais o autres que des Acadiens. / vu." C
La nouvelle #e répandit vite dans la petite colonie de
glais ave 18 conver:
nière don
interlocut
on ne peu cette ques rai pas ç convenons coup sûrr avéu aussi
pêcheurs.établis sur ce point de la côte qu’un Français venait d'être sauvé. ‘ Et, quelques’minutes après, nous nous trouvions entouré d’une trentaine d’Acadiens. dont la physionomie nous une façon frappante celle de nos pêcheurs de Concar- j
rappelait d” neau ou de Granville.
Jusqu’à une heure assez avancée de la nuit, il fallut leur parler de la France ; tâche doublement agréable en pareille cir- : Ænco!
deux siècl
constance. Seule, la crainte de nous fatiguer les fit s'éloigner à “4 :
fut à regret aussi que nous quittâmes ces braves ! : Ces q
\ gens. PE LR nille du n __ Quelques jours plus tard, nous nous trouvions sur le pont } toutes lés du “ Marion,” bateau-à-vapeur qui suit le détroit de Canso aux amour pou:
rives boisées et gnajestueuses, et traverse le merveilleux lo À … Lety
regret. Ce
“ Braÿ d'or,” (Cap Breton).
.. pendant près d’une demie-he nn 7
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Après avoir tourné auto de nous ure,. un homme s'approche et nous ” :
— “ Vous êtes françois sans doute, mon
sieur ? On le voit ben à votre mine. Parléz-moi donc un
peu de mon pays !” £ — “ Comment de votre pays ? ” |
— “ Eh oui ! j'en venons aussi de la France ; mon arrière
grand père servait dans les gardes-françaises, Ah! nous ne l’ou- | à bord | ‘blions pas allez, notre pays !” | tions de 2 Trois semaines après, nous étions à Moncton causant enan- ; Edouard glais avec plusieurs Personnes, lorsque l’une d’elles interrompit La pa conversation Pour nous féliciter en excellent français sur la mamberland nière dont nous parlions l'anglais. Nous crûmes d’abord à une la AUEU À plaisanterie de la part de cette personne qui s’empressa d'ajouter : b l'hospi- “ Mais oui, monsieur, je voudrais parler l'anglais come n'étaient D vous. ” Cette fois notre curiosité fut vivement excitée, car notre LE | interlocuteur parlait très-correctement l'anglais, etavec un accent ° x olonie de | peut plus britannique. Nous lui demandâmes pourquoi LE jen cette question : “OR ! nous répondit-il, au moins on ne doute. Ho rat pas alors de mon origine française !” C'était, nous en DUREE convenons, peu flatteur Pour notre prononciation anglaise, mais À ; le Concar- # Coup sûr nous goutâmes sans réserve le plaisir de recueillir un D arc ausinaif et aussi touchant de son affection pour la France... NS
fallut enr, Encore un Acadien séparé de la France depuis près de pes t deux siècles ! 5 24 | Se 4 |: Ces quelques faits, que noùs avons pris au hasard entre
Ë mille du même genre, prouvent suffisamment que, en dépit de
Te OS toutes lés persécutions, les A£adiens ont conservé intact: leur
sur le pont 3 ve :
RATE amour pOur Jeur ancienne mè e-patrie.
eilleux lac 4 Le type français des
égions d'où partirent leurs ancêtres
ment l'Acadien est de taille moyenne, trapu, vigoureux, “ ka chevelure noire, et les yeux noirs ou bleus. Mais les types que l'on rencontre le plus souvent sont ceux du Gascon et dû : Béarnais. | Les Acadiens gardént ed aent les mœurs et les coùtumes de la vieille France. Les costumes sont les mêmes que jadis : ainsi les femmes portent la coiffe bretonne ou hormaudé,
la cotte et le mantelet. . }
Il n’y a que là langue qui ait souffert de l'isolement de Acadiens et de leur vie nomade.
N'ayant nisprêtres, ni instituteurs, ni gens instruits par eux, les Acadiens restèrent longtemps | sans recevoir d'instruction d'aucune sorte, ; Les. Canadiens-Français ne savaient pas au juste ce qu’étaient devenus leurs frères dé l’Acadie: Ils ne pou: vait donc leur venir ‘en aide. Ce ne fut qu’à l’arrivée des Irlan: dais en Acadie que les \prêtres catholiques furerit envoyés dans les principales colonies acadiennes. Quelques Acadiens recurent alors une certaine instruction en anglais, tandis que d’autres se rendirent dans les collèges de la province de Québec. Les uns et les autres devinrent pour leurs compatriotes des avocats naturels qui défendirént leurs droits et firent connaître aux Canadiens-Français les nombreux auxiliaires qu'ils avaient dans les provinces maritimes. Ce fut une véritable révélation, Maïs,
dienne, les coloniés acadiennes, s'ignorant les unes les autres, ne purent exercer une influence assez grande pour faire respecter leurs droits. Aussi, moins heureux que les Canadiens-Français, les Acadiens n’eurent jamais l’occasion de faire élever leurs enfants dans des écoles françaises.
s’est également. conservé d’une RS remarquable. Généte. |
à l'entrée des provinces maritimes dans la confédération cana-
quelques sveaus-Br province D'après 1 de 13,01:
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Pour obvier-à cet inconvénien ais créa à Memramcook (Nouvea tous les cours classiques et autres f création de ce collège (1865) sonna toutes les parties des ‘provinces d'entr'eux vinrent s’y instruire. Et politiciens et les hommes d'affaires, qui ont fait leurs études au collège de Memramcook, n’ont pas tardé à prouver aue l’intelligence des Acadiens était susceptible de la plus haute culture,
Un deuxième collége a été. créé récemment à St-Louis, à quelques milles de Richibuctou, dans le comté de Kent (Nou-
sveaus-Brunswick.) Le comté de Kent est un des comtés de cette
province dans lequel les Acadiens sont en grandé majorité, D'après le recensement de 1881, ils étaient, en effet, au nombre de 13,013, tandis que les habitants de toutes les autres origines 2e comptaient pas pour plus de 9,605. Le collège St-Louis a cependant été fermé. Nous verrons tout-à-l’heure pourquoi.
maritimes un grand nombre les écrivains, les avocats, les
« Un journal hebdomadaire, le Moniteur Acadien, soutient
‘+ vaillamment la lutte contre ses confrères de la presse anglaise,
et s'occupe avec patriotisme de hâter les progrès des Acadiens.
Tout cela n’est pas suffisant, et il pourrait être fait davanage pour conserver intaéte la langue française.
Ainsi, nous citons textuellement un bout de conversation que nous eûmes l'an dernier avec un Acadien. Il nous racon-
tait en ces sermes un accident de voiture qui lui était arrivé dans la journée
“Je voudrais bien vous driver, mais, ce matin, j'atelai mon team, et, À peine sorti de la stable, le cheval prend sa race, Ah! çà allait fast ! Et, quand jesvins pour dévirer le corner, je
t, le clergé catholique franu-Brunswick) un collége où urent donnés en français. La le réveil des Acadiens, De
ne
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mess
tombi par terre, le cheval partit tout seul. Il fut poÿné et je | Le : et" on taiñes & tas findé" * ee on du Toute cette narration nous fut faite du restè-avec un ac- “a ms cent français des plus irréprochablas. etant | Loin de nous la pensée de la moindre moquerie en faisant velle-E, cette citajion. Les Acadiens, qui parlent et écrivent correcte- | re ment ls Jangue française sont en très grande majorité, et ceux % elle e qui parlent aipsi que nous venons de le dire ne sont qu'en très qu'ils so petit nombre. Toutefois ces derniers sont encore trop nombreux, dos à et nous n’avons mentionné la conversation ci-dessus que pour fgnoraie: montrer l'impérieuse nécessité de remédier au plus vite à cet entres état de choses. x Car l'influence des Acadiens sera avant long- : donité temps très-précieuse pour servir les intérêts de la race française 3 Un jour
au Canada. Sans doute les Acadiens, tout comme leë Cana- SENS FR e . diens-Français, feront leur chemin. Après les dures Hé | Aeadien: par lesquelles ils ont passé, ils n’ont pas à craindre d’être ab- Eu“ ence au: sorbés. Mais, si le fer et le feu n’ont pu arrêter leur développe- Le offres ment, les exigences de la vie pourraient bien le compromettre, Dounera en le retardant pendant de longues années encore. à uhie Les Acadiens livrés à eux-mêmes peuvent-ils atteindre Le à rapidement le degré de développement et d'influence quisern plutôt l'o bientôt nécessaire ? Nous ne le croyons pas, quoiqu'on en dise. À part qu e Et c'est aux Canadiens-Français à leur venir en aïde ire | ER Loue | mesure de leurs forces. Ils ont {à un intérêt qu'ils ne doivent ‘les Acad pas méconnattre. Voici, suivant nous, quelle serait la nature BE SE Louis | | des obstacles à surmonter. ”. | "08 sujet e: | es profes:
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Le premier obstacle est la loi d'éducation.
“ taiñes améliorations puissent être apportées dans |... tion du Nouveau-Brunswick, les Acadiens de ce toutefois la liberté de faire à enfants. Mais, dans l’ velle-Ecosse, il n'ya aucune loi qui leur assure de leur droit le plus naturel.
quelle ést leur force-numérique, qu'ils sont 108,621 dans les
Bien que cerla loi d’éduca-
etteprovince ont pprendre la langue francaise à leurs Ile du Prince-Edouard et dans la Noula libre pratique Qu'on fasse savoir aux Acadiens car la plupart d’entr'eux ignorent provinces maritimes seulement.
FE. Nous avons pu constater que certaines colonies acadiennes ‘ P q Q ignoraient absolument qu’à 50 kilomêtres plus doin, il y avait
d'autres colonies aussi importantes que les leurs. - d'unité, de force et de direction, et influence nulle Un jourfal hebdomadaire ne suffit pas pour acco
Donc manque au parlement,
mplir le travail
; ‘faire. Il faudrait qu’il fut au moins tri-hebdomadaire, Les
s’abon Si un jo
Acadiens qui veulent avoir des nouvelles F‘ rence aux journaux anglais quotidiens.
nent de préféurnal français
leur offrait les mêmes avantages, il est hors de doute qu'ils s’a-
bonneraient à ce journal, ainsi ‘que nous l'ont nombre d’Acadiens recevant des journaux anglais.
Le dernier obstacle est le m plutôt l'opposition systématique
à part quelques prêtres irlandais,
F. fous nous ont paru hostiles à, la ‘les Acadiens par ln voie de la
: St-Louis aurait été fermé À la suite de difficultés : -"@ sujet entre l’évêque du diocèse, dans lequel il “les professeurs français du collège. Certains évêq - Seraient même opposés à co que les
dit un grand
anque de prêtres français où du clergé irlandais. En effet, élevés au séminaire de Québec, diffusion dè. l'instruction chez langue francaise. Le collège
survenues '’à se trouve, et ues irlandais
paroisses acädiennes soient
desservies par des prêtres français. Qu'oiqu’il en soit, cette
opposition des rlandais nous a paru manifeste en maints endroits,
ES
C'est là, ce nous semble, une question facile à régler. Afin d'éviter toute discussion à cet égardentre les membres du clergé français et du clergé irlandais, pourquoi ne pas donner aux
Acadiens des professeurs laïques français ? A peine un prêtre
français a-t-il fondé des écoles “françaises, aux prix des plus grands efforts et des plus grands sacrifices, que son évêque le déplace. Il n’y a pas un seul Acadien dans sa nouvelle paroisse ; mais il doit obéir. Evidemment il ne pourrait en être ainsi avec des professeurs laïques indépendants de la discipline ecclésiastique ; et les pratiques religieuses .des Acadiens ne se-
raient nullement entravées. Nous ne nous dissimulons pas les
difficultés que,;présenterait l'application du système que nous recommandons en présence des faits actuels. Aussi espéronsnous qu’une heureuse entente ne tardera pas à se faire entre les membres du clergé irlandais et du elerpé français: Cette entente noussemblerait facilitée, si on ouviait les yeux du clergé
irlandais sur la responsäbilité qu’il assume, en poursuivant sous
une autre forme, ilest vrai, l'œuvre entreprise par les Anglais, en 1785, c’est-à-dire l’anéantissement de la rade française. Aujourd’hui, comme alors, la 16sistance des Acadjens sera, Vi
niâtre et invincible.
La diffusion de l'instructlén par la voie de la langue frangæise, tel est le but à atteindre pour tous ceux que préoccupe l'avenir de la race et de la langue françaises en Acadie. Ce n’est qu'ainsi que les Acadiens acquerront l'influence à laquelle leur nombre leur donne droit. .Et on peut juger de ce que serait cette influence par le fait qu’un d’entr'eux, l'hon. P. À. Landry, a été pendant plusieurs années la tète et le bras droit du gouvernement du Nouveau-Brunswick, et qu’un coup d'Etat seul a pu le faire descendre du pouvoir. Nous aimons à citer aussi un littérateur et un conférencier des plus dintingués,
pêcheurs ment in} : marchanc nécessair qu'ils ret restés inc joug des : “propres n golidemen s'avancer Jes maître:
@n sera ai)
fécondité, fmarquel
Alors Acadiens Q notre langt
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1er aux \ prêtre les plus êque le elle paen être iscipline S ne sepas les ue nous spéronsentre les * Cette lu clergé
ant sous |
Anglais, rançaise, Sera, Opi-
rue franréoccupe die. .Ce laquelle > ce que n. P, À ras droit 1p d'Etat is à citer atingués,
M. Pascal Poirier, ancien élève d aujourd’hui demeurant À Ottawa.
La condition matérielle des Acadiens est celle de tous les pêcheurs qni ne’se livrent pas à l’agriculture, Ils ment imprévoyants ; et leur trav
: marchands, anglais pour la plu nécessairement les pêcheurs ncadi
u collège de Memramcook,
solidement ancrés, s'avancer dans l’intérieur des ter
S pour evenir
res, s'emparer du sol et d Nôus avons tout lieu de croire qu'il - sera ainéi tôt 6ù tard, en raison même de leur proiigieuse on ent au sol natal et de leurs Æmarquables aptitudes au défrichement.
Alors commencera -une Acadiens qui formeront un
. nouvelle ère dans l’histoire des peuple uni, vaillant et fort, parlant S qualités épécifiques de notre race.