GH
Les échantillons envoyés se composent d’une poudre blanche, cristalline, rappelant assez bien l’aspect du Salol. Moins soluble dans l’eau que- l’antipyrine, puisqu’elle l’est difficilement dans dix parties d’eau, et presque insipide ; pourtant la saveur semble exister et mis sur le bout de la langue, le pyramidon a une saveur légèrement amère, assez persistante, mais qui n’a rien du goût nauséeux de l’antipyrine.
La solution aqueuse au cinquième prend lorsqu’on 1 additionne de perchlorure de fer une coloration d’un bleu violet intense, mais très fugace.
Traité par 1 acide azotique (quelques gouttes), par un nitrite, par l’acide sulfurique ou un : sulfite, la solution aqueuse du pyramidon prend une coloration moins intense et encore plus fugace qu’avec le perchlorure de fer.
expérimentation PHYSIOLOGIQUE
C’est dans le laboratoire de M. le professeur Lépine qu’ont été faites les expérimentations physiologiques qui sont résumées ci-dessous. C’est sur les chiens et les cobayes qu’ont eu lieu les premières expériences.
Chez l’homme avec des doses faibles, seules employées jusqu’ici (1 gramme au maximum pro die et en plusieurs fois) M. le professeur Fiiehne n’a observé aucun effet fâcheux, soit Sur des personnès saines, soit sur des personnes atteintes de douleurs, soit encore sur des fébricitants .
Il semblerait qu’à dose très faible, le pyramidon se comporterait comme un agent parfaitement innocent, témoin les expériences faites par M. Legendre, expériences que nous avons pu confirmer (1).
action du pyramidon sur les cobayes et les lapins
A dose très faible (soit 0 gr. 10 à 0 gr/ 15 par kilo d animal) chez les cobayes en injection intra-péritonéale
(!) Legendre — Études sur le pyramidon, thèse Paris 1897.
le pyramidon ne donne lieu à aucun phénomène appréciable. La température seule paraîtrait subir de légères oscillations ; toutefois ces oscillations sont très faibles et très passagères.
A dose moyenne (soit 0 gr. 15 à 0 gr. 20 par kil. d’animal) chez les mêmes animaux en injection intrapéritonéale, on remarque une surexcitation suivie d’une période d’abattement, coïncidant assez exactement avec une modification thermique assez appréciable. La température baisse d’environ 1 degré et plus pour rester stationnaire quelque temps.
A doses élevées (soit une dose de 0 gr. 20 à 0 gr. 25) on observe une phase d’hyperexcitabilité assez intense, et après, une phase de convulsion d’un type particulier. La température s’abaisse en même temps, de plusieurs degrés.
A doses supérieures (plus de 0 gr. 30 par kil. d’animal), les animaux meurent rapidement, moins de trois quarts d’heure après l’injection, en proie à des crises convulsives intenses.
Il semblerait donc que d’équivalent toxique du pyramidon chez les cobayes varierait entre 0 gr. 25 et 0 gr. 30 par kil. d’animal.
Les expériences faites sur les chiens par M. le professeur Lépine permettraient de croire que ces animaux 1 sont plus sensibles aux effets du pyramidon que les cobayes, la chute de la température varierait entre 0 gr. 15 et 0 gr. 25 par kil. d’animal.
Les expériences que fit Legendre sur les lapins lui permirent de croire que ces animaux n’étaient pas beaucoup plus sensibles au pyramidon que les cobayes : la chute de la température paraît être un peu plus prononcée,
toutefois le nombre des expériences n’a pu lui permettre de formuler un équivalent physiologique ou un équivalent toxique.
PHÉNOMÈNES D’iNTOXICATION
Les phénomènes d’intoxication que nous avons pu observer chez les chiens sont de deux sortes : 1° une phase d’hyperexcitabilité ; 2° une phase convulsive.
Les doses moyennes ne donnent lieu qu’à une phase d’hyperexcitabilité, suivie d’un profond abattement.
La phase convulsive faisant éminemment défaut.
Les doses élevées subtoxiques donnent lieu à la phase convulsive et insensiblement au retour à la normale.
Aux doses toxiques, la phase d’hyperexcitabilité est très fugitive, et même généralement les convulsions sont les premiers symptômes qui se montrent alors.
La phase d’hyperexcitabilité est caractérisée par l’agitation extrême de l’animal qui semble être furieux, être méchant ; elle se produit par des mouvements rapides de l’animal, qui court tout autour de la cage où il se trou\e, mord les barreaux, s’attaque à tout ce qu’il rencontre. La dose injectée est-elle subtoxique, on voit après cette première crise apparaître des mouvements désordonnés, incoordinés, de la titubation et du tremblement
Les convulsions sont précédées de quelques secousses générales mais l’animal est bientôt jeté sur le côté en proie à des convulsions cloniques et toniques, avec trémulation fibrillaire. Les membres sont agités de mouve-
Bckg.
ments ambulatoires incessants, puis par moments quelques secousses brusques se manifestent, principalement dans les membres. La trémulation fi,brillaire est parfaitement sentie parles mains, posées à plat sur l’animal. Tous les muscles présentent des spasmes convulsifs.L’aspect des convulsions change soit qu’on ait affaire à un animal injecté à doses subtoxiques ou à doses toxiques.
Dans le premier cas les convulsions se font par temps, par crises convulsives plus ou moins espacées ; dans le second, elles sont continues. Le moindre bruit, si faible qu’il puisse être, éveille une crise convulsive. Ajoutons que pendant la durée de la crise, l’animal se plaint, gémit ou crie.
Lorsque. la dose n’est pas mortelle, on voit l'animal, après la crise, se redresser sur ses pattes, mais il ne peut que faire des mouvements pénibles et incertains par suite d’incoordination, dans les membres antérieurs. Il y a de la paresse dans le train postérieur : cette incoordination et cette parésie disparaissent au bout de quelques heures.
. Nous avons pratiqué l’autopsie des cobayes morts à la suite de l’injection du pyramidon, et voici ce que généralement nous ont donné les lésions :
Arrêt du cœur en systole (constant pour le ventricule gauche) ;
Poumons légèrement congestionnés ; — congestion diffuse ;
Parfois congestion de la première portion de l’intestin grêle ;
Congestion du cerveau ;
Rien à la moelle.