‹ Etude expérimentale, clinique et thérapeutique sur le pyramidonChapitre 6 sur 14 · EXPÉRIENCES SUR LES CHIENS · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES SUR LES CHIENS

(Laboratoire du prof. Lépine)

Expérience I

Le 21 janvier on infuse à la jugulaire d’un ehién de 15 kilogrammes (très bien portant), une solution aqueuse de pyramidon à 2 p. 100. Au bout de quelques minutes 50 cent, cubes ayant déjà pénétré (c’est-à-dire 1 gramme de pyramidon), l’animal a été pris de convulsions générales. Le cœur était très ralenti, efforts de vomissements. On suspend l’entrée, puis les convulsions ayant cessé, on fait de nouveau pénétrer quelques centimètres cubes.

Mais à ce moment le cœur cesse de battre, avant que la respiration qui était devenue fort lente ait paru cesser définitivement. Le fait toutefois n’est pas absolument certain, car si on a pu facilement constater la cessation des mouvements respiratoires, il n’a pas été aussi aisé de savoir quand a eu lieu le dernier battement cardiaque. La respiration artificielle, faite conjointement avec les tractions méthodiques et rythmées de la langue, n’a ramené ni les battements du cœur, ni les mouvements respiratoires.

il) R. Lépine. — Sur le Pyramidon (Revue de médecine ), XVII, n°3, 10 mars 1897).

Ainsi la mort est survenue avec moins de 0 gr. 15 de pyramidon par kilog.

A l’autopsie faite immédiatement après : le cœur et le foie étaient gorgés de sang; pas d’autres lésions visibles.

Expérience II

A un chien bouledogue de 15 kilogrammes, on infuse également dans la jugulaire, mais beaucoup plus lentement, une solution de pÿramidon à lp. 100 seulement. L’animal ne se lèche pas comme il arrive avec beaucoup de substances sapides. Le cœur se ralentit..

Tout à coup, juste une demi-heure à partir du début de l’injection alors qu’il a pénétré presque 250 cent cubes, c’est-à-dire un peu plus de Ogr. .16' par kilogramme; l’animal est pris comme lé précédent de convulsions des quatre pattes avec respiration très brùyante, et très haletante. La température centrale est à 38°8, elle était de 39° au début de F expérience. Aussi on interrompt et on détache l’animal. Il s’affaisse sur le train de derrière, et continue à respirer très bruyamment. Dé plus il manifeste des signes de terreur au moindre bruit. Il est certain qu’il n’a pas de connaissance. Cet état a duré trois quarts d’heure à partir de latin de l’injection, puis l’animal a repris connaissance ; mais il est devenù dangereux, hargneux, méchant. La respiration était calme.

Température : 10 heures (une heure après la fin dél’injecr tion) 38°5; 11 heures : 38"2; une heure : 38°; 2 heures'. 38°5. .. .. . ■

Quant au cœur, il n’a pas été possible de l’observer

convenablement, vu l’état de méchanceté de l’animal qui. n’était pas muselé.

Quelques jours plus tard, on injecte dans la jugulaire an même chien, qui ne pesait plus que 14kilogr. 300 une solution également de 1 p. 100 d’antipyrine. L’injection est beaucoup plus rapide, on fait pénétrer 300 centimètres cubes en une demi-heure, c’est-à-dire 3 grammes d’antipvrine. A ce moment l’animal se lèche, le cœur est lent et faible. On fait encore entrer 100 centimètres cubes avec une vitesse plus grande. Aucun autre symptôme. L’animal qui a reçu près de 0 gr. 28 par kilogr. n’est pas méchant. Il vomit de la bile à deux reprises.

La température qui était de 39° au début de l’expérience, s’est abaissée lentement à 38°5.

Expérience III

Quatre jours plus tard l’animal qui avait regagné 200 grammes reçoit dans l’estomac, par la sonde, 3 grammes de pyramidon dans 50 grammes d’eau. Consécutivement le cœur se ralentit, la température centrale ne s’abaisse pas beaucoup ; la respiration est saccadée ; de plus il se produit un tremblement général; il y a exaltation des réflexes. L’animal devient peureux et méchant, puis un peu plus de trois heures après l’injection la mort arrive.

A l’autopsie on note de l’emphysème des poumons. En résumé, par la voie stomacale, le pyramidon a amené la mort en moins de quatre heures, à la dose de 0 gr. 22 par kilogramme d’animal.

Expérience IV

Chien de 7,300 grammes bien portant. A 8 heures on lui injecte dans l’estomac 2 grammes de pyramidon dans 50 grammes d’eau. Au bout d’un quart d’heure, la respiration est haletante, bruyante aux deux temps. Un quart d’heure plus tard l’animal est pris de convulsions, la tête est fortement renversée en arrière, le cœur rapide ; pas de vomissements. De temps en temps exacerbation des crises avec les membres raides et la tête plus fortement renversée en arrière. Temp. — 41°, à cause des convulsions. A ce moment l’animal étant près de mourir, on prend du sang artériel. Il renferme 2 gr. 45 de sucre; c’est-à-dire une proportion plus que double de celle qui existe dans le sang à l’état normal.

Expérience V

Chien bien portant de 9,600 grammes. On lui injecte dans l’estomac comme au précédent ; 2 grammes de pyramidon dans 50 grammes d'eau. Il ne vomit pas. Environ une demi-heure plus tard, le moindre bruit le fait tressaillir, et il prend des crises, mais bien moins fortes que le dernier. Au moment d’une crise, moins de trois heures après l’injection, la température est de 39°5. On prend du sang artériel. Il renferme 3 gr. 05 de sucre, c’est-à-dire une proportion tout à fait anormale.

L’autopsié montre que le foie et le cœur sont gonflés de sang.

Nous empruntons à la thèse de Legendre une expérience faite sur une troisième espèce d’animal : sur le lapin.

Injection intrapéritonéale de 26 centigrammes de pyramidon en solution aqueuse, chez un lapin du poids de 1,600 grammes.

L’injection à lieu à 2 h. 50.

Les quelques instants qui suivent l’injection, l’animal paraît inquiet et haletant. Il tremble. Puis il s’étend et demeure immobile jusqu’à 3 h. 35 minutes. Il essaie de faire quelques mouvements, il se promène à 4 heures, accepte la nourriture qu’on lui présente à 4 h. 30.

A 5 heures, l’animal a repris ses habitudes, et ne paraît pas autrement incommodé. La température a subi des oscillations assez sérieuses (tableau) en l’espace de quarante-cinq minutes la température descend de 39°3 à 36°8 soit de : 2°5 pour remonter ensuite et être de 38°8 à 6 h. 15.

Température.

Avant l’injection : 2 h. 45. . . . . . 39°3

Injection à : 2 h. 50. ..... »

— 4 heures .... 37,4

— 5 heures.38,4

Bcrg.

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