‹ Etude expérimentale de l'influence sur l'épilepsie sous-corticale de la di-phényl-hydantoïneChapitre 21 sur 29 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Action comparée de la D.P. H. et du Gardénal sur l'Epilepsie Chimique

Ces constatations appellent quelques réflexions. Tout d’abord, on peut s'étonner que les deux phénomènes ne concordent pas mieux ; autrement dit, il peut paraître surprenant que la D. P. H. amoindrisse l’épilepsie ékectrique sans presque toucher le choc cardiazolique. Dans les conditions dans lesquelles nous avons opéré, en effet, c’est-à-dire après ablation du cerveau, l’épilepsie était réduite à un seul élément : l’élément sous-cortical ou extra-pyramidal, et on aurait pu supposer que Ja D. P. H. aurait la même action sédative ou, au contraire, la même absence d’influence sur les convulsions, que celles-ci soient déclenchées par le courant électrique ou qu’elles soient provoquées par un agent chimique. Mais l’expérience a été ici très nette et nous montre une dissociation dans les propriétés de la D. P. H. qui agit seulement sur l’épilepsie électrique. Notons que ce résultat, pour surprenant qu'il puisse paraître au premier abord, aurait pu à la rigueur être prévu d’avance. On connaissait, en effet, un exemple de convulsions susceptibles d’être déclenchées à volonté par voie chimique ou par l’électricité et que la D. P. H. influence très différemment suivant l’agent utilisé. Il s’agit des convulsions médullaires qui ont été décrites par P. GLEY, M. LAPIPE, J. RONDEPIERRE, M. HORANDE et T. TOUCHARD (L.C.) (16). Ces convulsions, rappelons-le, comportent une phase tonique et une phase clonique, tout comme l’épilepsie d’origine encéphalique; elles sont

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provoquées par le passage du courant électrique à travers la moëlle. Or, ces auteurs ont étudié l'influence de la D. P. H. sur ce phénomène et ont constaté qu’elle supprime, à doses suffisantes, cette forme d’épilepsie électrique. Mais on peut provoquer des convulsions médullaires par un autre agent que l'électricité, en employant un alcaloïde : la strychnine. On sait en effet, depuis les expériences de MAGENDIE, que la strychnine e:t un convulsivant essentiellement médullaire, car elle continue d’agir après section du bulbe. Or, la D. P. H. ne supprime pas les convulsions strychniques; loin de les supprimer, elle a plutôt tendance à les augmenter, comme cela’ a été vu par P. GLEY dans sa note de 1941 (L.C.). Voici, tiré de la thèse de KNECHIT, le protocole d’une expérience de ce genre :

2 Janvier 1940. — Cobaye de 450 grammes. — Injection à 16 heures de 5 cg. de D. P. H. par voie intra-péritonéale. A 16 h. 15, l’animal est couché sur le côté, mais, loin d’être en résolution musculaire, il est en extension tonique. À 16 h. 25, injéction intra-péritonéale de 1 mmg. de strychnine. Cinq minutes plus tard, il présente un accès convulsif avec opistotonos. Après un nouveau délai de cinq

minutes, nouvelle injection de 1 mmg. de strychnine. Les convulsions augmentent et l’opistotonos persiste.

Voici, d’autre part, une expérience-témoin dans laquelle on a injecté de la strychnine seule :

2 Janvier 1940. — Cobaye sensiblement de même poids que le précédent. — Il reçoit par voie intra-péritonéale de la strychnine, sans traitement préalable par la D. P. H. On injecte en° plusieurs fois une dose totale de 8 mmg. de strychnine. C’est seulement pour cette dose qu'il présente quelques convulsions, tandis qu’on les avait observées daps l'essai précédent avec un milligramme seulement.

Ces expériences nous montraient donc déjà que la D. P. H. agit seulement sur l’épilepsie électrique, et pas sur l’épilepsie chimique. A cet égard, elle est bien différente des barbituriques qui agissent aussi bien sur toutes les formes de l’épilepsie, qu’elle soit électrique ou qu’elle soit chimique. On pourrait encore citer, dans le même ordre d'idées, les expériences de P. GLEY avec

la cocaïne. Cet alcaloïde produit de violentes convulsions qui ne

sont pas influencées par la D. P. H. mais qui, au contraire, sont:

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