‹ Étude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et l'apomorphineChapitre 142 sur 152 · XXXII. — L'apomorphine el la morphine sont des · texte numérisé non relu

XXXII. — L'apomorphine el la morphine sont des

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excitants directs des centres vomitifs bulbaires.—L'état de plénitude ou de vacuité de l’estomac, la section des vagues ou l’ablation totale de l'estomac n'ont qu'une influence secondaire, sur la production des vomissements. Par contre, la fréquence et la durée de l’action vomilive sont généralement en raison inverse de la quantité de médicament injectée et, pour l’amorphine en particulier, il est intéressant de faire remarquer qu’une injection massive, surtout dans une veine, peut supprimer tout effet vomitif.

XXXIIT. — Une imprégnation morphinique préalable, même en se tenant dans les limites des doses physiologiques, suspend les effets nauséeux de l’apomorphine; l’éther, le chloroforme et le chloral ont même conséquence, mais seulement pendant la durée du sommeil qu'ils produisent. Au réveil, lorsque l’animal n’est plus sous l'influence immédiate de l’anesthésique, les vomissements se produisent généralement.

Quant à l’afropine, elle ne s'oppose jamais aux effets nauséeux de l’apomorphine et si, parfois, elle entrave les vomissements de la morphine, c’est plutôt par une action synergique et en aidant à la perte rapide de l’impressionnabilité des centres nauséeux.

| XXXIV. — Au point de vue de l'utilité pratique que cela pouvait avoir, dans les cas menaçants de mort, volontaire ou accidentelle, par submersion, pendaison, strangulation et autres procédés dans lesquels l’asphyxie joue le rôle prépondérant, nous avons constaté que le sang asphyxique et chargé de CO* supprime ou atténue

2 695 -—l'impressionnabilité des centres vomitifs et suspend l'action de l’apomorphine, jusqu’à l'élimination du gaz toxique.

XXXV. — La morphine et l’apomorphine ont des influences modificatrices sur les sécrétions, qui varient, dans leurs électivités dominantes, leur nature et leur intensité, suivant l'espèce à laquelle appartient l'animal. Chez le chien, les sécrétions, d’abord excitées, sont diminuées pendant le sommeil morphinique, tandis que, dans les autres espèces, la morphine se comporte presque toujours comme un excito-sécrétoire actif. L'apomorphine, surtout son chlorhydrate cristallisé, | est, pour tous les animaux, un hypersécréteur. — Pour l’un et l’autre médicament, l’origine de ces modifications doit être recherchée dans des influences nerveuses centrales.

XXXVI. — Dans les effets souvent constatés, de la morphine et de l’apomorphine, sur le péristaltisme intestinal et les fibres lisses, l’action directe de la première sur ces fibres reste douteuse, tandis qu'avec l’apomorphine, notamment le sel amorphe, dans les conditions où nous l’avons essayé, on a de bonnes raisons pour admettre que cette action existe vraiment.

XXXVII. — Si, comme nous l'avons fait, pour trouver la cause des effets spéciaux que produit l’apomorphine amorphe quand on l’injecte dansune veine, on se livre à une étude comparative de l'association, dans des conditions variées, des apomorphines à la

— 696 — | morphine, on arrive à trouver, dans les effets du mélange, morphine etapomorphine cristallisées, beaucoup d'analogie avecles modifications produites par le chlorhydrate amorphe.

Cependant, quelques différences importantes, qui ressortent des expériences el des comparaisons que nous avons faites, ne permettent pas d'affirmer que l’apomorphine amorphe représente une association d’apomorphine et de morphine incomplètement transformée.

XXXVIII. — Quand on étudie de près, en les analysant et les comparant, les effets principaux de la morphine et de l’'apomorphine, on est frappé des relations étroites, qui unissent ces deux alcaloïdes, et on arrive à cette conclûsion que, toutes les manifestations de l'apomorphine ne sont que la reproduction ou la simple modification de propriétés pharmacodynamiques qui appartiennent à la morphine. Ceci est tellement vrai, que la morphine elle-même produit la plupart des effets de son dérivé, l'apomorphine, quand elle peut se comporter comme un excitant et quand, dans une espèce animale, elle perd sa propriété de médicament hypnagogue.

C'est ce que nous exprimons en disant : Pharmacodynamiquement, la morphine devient apomorphine, en perdant ses propriétés narcotiques et en exagérant les divers effets excitants qu’elle possède.

Aussi, théoriquement et pratiquement, il nous paraît plus logique et plus profitable de rapprocher ces deux médicaments, de rechercher leurs liens de parenté

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physiologique, que de les étudier isolément et dans des groupes thérapeutiques distincts.

XXXIX. — Dans l'ensemble des faits qui composent l'étude expérimentale de pharmacodynamie comparée, que nous avons poursuivie sur la morphine et l’apomorphine, on trouve des exemples nombreux à introduire dans des chapitres importants de thérapeutique générale ; notamment en ce qui se rapporte à la variabilité des actions médicamenteuses, dépendant de l’espèce, de la race, de l’âge, de l’individualité des animaux, de la qualité, de la dose, de la voie d’introduction et du mode d'administration du médicament, enfin de certaines influences liées à des conditions extérieures, capables de modifier Pimpressionnabilité du sujet.

Ce que nous avons dit des actions réciproques des deux sels d’&pomorphine, de l'influence que chacun d’eux peut avoir sur l'action des anesthésiques, ainsi que l'opinion que nous avons exprimée, à propos de l'influence de l’atropine sur l’action nauséeuse de la morphine, permettrait aussi d'entreprendre une étude complète, avec exposé de conceptions théoriques explicatives, sur l’intéressante question de l’antagonisme et du synergisme médicamenteux.

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LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE, ARLOING Va :

LE DOYEN, LORTET

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